samedi 30 novembre 2019

#ChallengeAZ 2019 - Zarathoustra, Zinzin, Zygomatiques

Ça y est ! Nous voici au dernier jour du #ChallengeAZ ! 26 jours, 26 lettres et plus de 1800 articles proposés par les 77 participants de cette année. Même si je n'ai pu lire qu'une dizaine d'articles par jour en moyenne, j'ai trouvé des posts de qualité, des anecdotes parfois drôles, des sujets de réflexion, des histoires émouvantes, des pistes de recherche... Bref, ce fut un très beau #ChallengeAZ et il me tarde de me poser pour pouvoir découvrir d'autres articles.

Pour ma part, ce #ChallengeAZ n'aurait pas pu se faire sans vous et notamment vos propositions de mots du mois d'août dernier. Pour tout cela, pour vos commentaires et vos partages, je voudrais vous remercier du fond du cœur. 

Sans plus tarder, voici comment, pour ce dernier jour, j'ai réussi à me débrouiller pour caser les derniers mots : ZARATHOUSTRA, ZINZIN et ZYGOMATIQUES...

(montez le son, et mettez en plein écran si vous le souhaitez !)

La vidéo sur Youtube est par ici.








vendredi 29 novembre 2019

#ChallengeAZ 2019 - Y'a d'la joie, Youpi, Yeux

Avant-dernier jour du #ChallengeAZ et dernier vrai article avant la lettre Z de demain pour laquelle je prépare une contribution un peu particulière. Je vous propose aujourd'hui une histoire familiale que m'ont inspiré les termes Y'a d'la joie, Youpi et Yeux.






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Y'A D'LA JOIE... cela me fait penser bien évidemment à la chanson de Charles Trenet écrite en 1936, dont je vous propose l'écoute, si vous le souhaitez. :)




Écoutez bien les paroles du début :

Y'a d'la joie bonjour bonjour les hirondelles
Y'a d'la joie dans le ciel par-dessus le toit...

Y'A D'LA JOIE, bonjour bonjour les hirondelles... voilà une phrase que mon arrière-grand-père, sa femme et ma grand-tante auraient pu chanter un beau jour de mai 1945... le 24 mai précisément.

En ce matin de printemps, le soleil est radieux à Marange-Silvange. Le village est libéré depuis plusieurs mois et la guerre est terminée. Pourtant, à la maison de mon arrière-grand-père, on est toujours sans nouvelle de Pierrot, mon papi, qui est parti depuis plus de deux ans sur le front de l'Est, enrôlé de force et soldat Malgré-Nous. Voilà près d'un an que la famille attend...

Ce matin là, ma grande-tante, alors âgée de 15 ans, a ouvert sa fenêtre en grand pour aérer sa chambre et le lit. Quelle n'est pas sa surprise lorsqu'une hirondelle entre dans la pièce en tournant autour d'elle. "Papa ! Papa ! Il y a une hirondelle dans ma chambre ! " crie-t-elle.

Mon arrière-grand-père vient alors la voir et lui dit que c'est là à un bon présage car l'hirondelle est souvent annonciatrice d'une bonne nouvelle.

Une bonne nouvelle. Bien évidemment, la famille en attend une...

Et voilà, que dans la journée, une voisine vient courir vers la maison en criant: "Madame Hourte ! Madame Hourte ! Vl'à votre grand qui revient ! Venez vite !".

La voilà la bonne nouvelle ! Pierrot remonte la rue, habillé de vêtements civils et considérablement amaigri... Malgré tout, il est vivant.

Sans doute ma grande-tante aurait pu crier un grand « YOUPI » au retour de son frère, mais je crois plutôt que ce sont des larmes qui ont coulé dans ses YEUX ce jour là…

Alors, en souvenir de ce jour mémorable, je me permets de chanter encore une fois ces quelques strophes :
Y'A D'LA JOIE bonjour bonjour les hirondelles
Y'A D'LA JOIE dans le ciel par-dessus le toit 
Y'A D'LA JOIE et du soleil dans les ruelles 
Y'A D'LA JOIE partout Y'A D'LA JOIE

jeudi 28 novembre 2019

#ChallengeAZ 2019 - Xylème, Xylophage, Xylologie



Le #ChallengeAZ arrive dans ses derniers jours, avec les terribles lettres : X, Y et Z. Aujourd'hui, mon article doit s'inspirer des mots Xylème, Xylophage et Xylologie..








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Certes, je n'ai pas eu de difficultés à trouver les mots relatifs à mon article, puisqu'ils m'ont été proposés par mes "followers" sur twitter (que je remercie encore une fois!). Sauf qu'avec des termes comme Xylème, Xylologie et Xylophage, vous avouerez quand même que la tâche n'est pas facile !

Pour commencer, rien ne vaut une petite recherche dans Gallica.

La recherche concernant le terme "XYLOLOGIE" me renvoie, entre autre, sur un article de l'hebdomadaire "L'Immeuble et la construction, Bois et Forêts de l'Est" datant de juin 1935. Il est certain que sans le #ChallengeAZ, je ne serai jamais tombé sur ce document !

L'Immeuble et la construction dans l'Est ["puis" et Bois et forêts de l'Est réunis]. Nancy, 23/06/1935 (Source : Gallica, [En Ligne])
L'article en question explique que la xylologie (science qui étudie la structure ainsi que les propriétés physiques et chimiques du bois) pourra permettre des avantages considérables pour la menuiserie ainsi que pour le choix du bois de charpente...

Et si j'avais un charpentier dans ma généalogie ?

Parmi mes ancêtres, et dans l'état des mes connaissances, je n'ai retrouvé qu'un charpentier : Jean NEIS (mon sosa 3328). Marié avec Catherine ZIMMER, il était pêcheur puis charpentier à la Basse-Yutz. Il est décédé le 19 juillet 1694. 

Il est certain que mon aïeul n'avait pas du tout connaissance de la XYLOLOGIE. Pourtant, il est certain qu'il devait redouter l'apparition d'insectes XYLOPHAGES, qui se nourrissent de bois (le bois est formé par le XYLÈME secondaire) : capricorne des maisons, vrillettes... A une époque où les produits insecticides du commerce n'existaient pas, j'imagine que le bois des charpentes devait être souvent attaqué, ce qui donnait du travail aux charpentiers !


Le métier de mon ancêtre charpentier


Le site Passerelles de la BNF nous renseigne sur le métier de charpentier. J'ai notamment appris qu'au XVIe siècle et jusqu’au XVIIe siècle, on pouvait distinguer deux types de charpentiers :
  • les charpentiers de grande cognée qui fabriquent les planchers, les charpentes, mais aussi les échafaudages et les engins de levage (roues, treuils… pour soulever les pierres) ; 
  • les charpentiers de petite cognée spécialisés dans les ouvrages plus petits : coffres, bancs, portes, etc. 

Les charpentiers de petite cognée deviendront les menuisiers à partir du XVIIIè siècle.

Le charpentier = Der Zimmermann Wentzel, Jean Frédéric (1807-1869). - Source : Gallica [En ligne]
Étant donnée la période, je ne sais finalement que peu de choses sur mon ancêtres, qui se situe aux confins de mon arbre. Etait-il charpentier ou menuisier ? Ces questions vont m'amener à réaliser mon enquête, en essayent de retrouver les traces de Jean NEIS, notamment dans les archives notariales de Thionville.

A suivre donc !


mercredi 27 novembre 2019

#ChallengeAZ 2019 - WTF, Web et Wifi

Pour la lettre W du ChallengeAZ, je vous propose aujourd'hui un billet très court (pour compenser avec celui d'hier !). Place aux mots WTF, WEB et WIFI !









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Je vous avais parlé dans mon article de la lettre L de ma manière d'appréhender aujourd'hui la généalogie qui a besoin de lenteur pour mieux être appréciée et donner tous les fruits que l'on peut espérer.

Malgré tout, cela n'enlève en rien l'intérêt des moyens numériques modernes qui permettent d'accélérer ses recherches ou de débloquer des situations que l'on pensait désespérées à jamais. Vive l'état-civil en ligne, vivent les journaux numérisés ! Très franchement, j'apprécie beaucoup ces possibilités.

Pourtant, toutes ces ressources que l'on retrouve sur le WEB sont pour la plupart très lourdes. Je suis sans doute comme beaucoup d'entre-vous, situé en "Province", et qui plus est, en campagne. Alors que l'on parle de 5G à tout bout de champ, je fais le constat que dans hors des grandes villes, le débit internet est très très lent.

Je suis personnellement en zone blanche internet. Cela veut dire que le débit internet par la ligne téléphonique n'est pas suffisante pour avoir de l'internet haut-débit (pas même du 512 k...). Donc on passe par le téléphone, en espérant que le 4G fonctionne, grâce aux ondes WIFI et au partage de connexion...

Qui n'a pas vécu cette situation où le temps de chargement de chaque page de registre paroissial en ligne dure une éternité... ? Imaginez lorsqu'on réalise un dépouillement du document... Je suis personnellement très patient, mais j'avoue m'être énervé plus d'une fois devant des pages qui ne chargeaient pas ou qui devaient être rafraichies du fait d'un temps de chargement trop long... C'est alors que l'on s'entend dire des mots grossiers et autres noms d'oiseaux ... WTF !!!!!!!!!!!!

"- Vous ne pourriez pas un peu vous calmer ?
- Quoi, comment ? Euh... Hubert ? Mais cela faisait longtemps que nous ne nous étions pas vu !
- C'est la preuve que vous avez réussi à bien vous en sortir avec les lettres du ChallengeAZ ! 
- Effectivement, l'inspiration m'est venue !
- J'interviens ici car, malgré le fait que vous avez pu placer vos mots, ce n'est pas la peine de vous emporter. Rappelez-vous votre article sur la Lenteur en généalogie. Tout vient à point à qui sait attendre !
- Vous avez raison Hubert."

A ces mots, Hubert disparait. Il a effectivement raison. Arrêtons de nous plaindre et profitons des de notre situation et des moyens modernes que nous avons.

mardi 26 novembre 2019

#ChallengeAZ 2019 - Vilain, Volontaire, Victoire


Lettre V aujourd'hui avec les mots VILAIN, VOLONTAIRE et VICTOIRE pour le 22è jour du #ChallengeAZ. Pour rappel (s'il faut encore le rappeler !), ce challenge a été initié par Sophie Boudarel de la Gazette des Ancêtres, et il est devenu un rendez-vous annuel incontournable. Il propose aux généablogueurs de rédiger, chaque jour de novembre (sauf le dimanche), un article en suivant les lettres de l'alphabet. Je vous propose aujourd'hui un article de fond concernant les recherches d'un de mes aïeul, soldat et blessé pendant la période révolutionnaire.

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Jean CONNERATH (ou KUNRATH, CONRAD selon les sources et les orthographes utilisées) est mon sosa 98. Il est né en 1775 et décédé en 1843 à l’âge de 67 ans. Pour le situer dans ma généalogie, il est le beau-père de Pierre HOURTE, mon sosa 48 et grand-père d'un autre Pierre HOURTE (sosa 24) et de Jean HOURTE, le fameux banquier dont je vous ai déjà parlé plusieurs fois dans le cadre du #ChallengeAZ.

Jean CONNERATH est le dixième et dernier enfant de Nicolas CONRAD et Catherine BALOT. 

Pour comprendre les liens de parenté, vous pouvez consulter l’arbre d’ascendance et de descendance de Jean CONNERATH.


Arbre d'ascendance et de descendance de Jean CONNERATH (Sosa 1 = moi-même)


Lors de mes premières années de recherches, j’avais pu retrouver sur le site genealogie.com (aujourd’hui Filae), le relevé du mariage de Jean CONNERATH, le 7 mai 1806 à Basse-Ham avec Catherine KINTZINGER. Dans ce relevé, il était dit qu’il était « pensionné ». D’autres actes, aujourd’hui en ligne, nous signalent qu’il était « pensionnaire » ou « cabaretier ».

Acte de naissance de Jean KUNRATH, fils de Jean en 1811 à Basse-Ham (AD57 - 9NUM/1MIE53/4)

Avec ces informations, tout laissait donc à penser que Jean CONNERATH était soldat

Comment chercher les traces d'un soldat de la période révolutionnaire ?


Lors de mes recherches en 2012, le Service Historique de la Défense (SHD) avait mis en ligne le répertoire alphabétique des dossiers de soldats pensionnés classés en sous-série 2Yf. Malheureusement, ce répertoire n’est plus accessible sur internet et il faut se déplacer dans la salle de lecture Louis XIV du château de Vincennes du SHD pour pouvoir le consulter. 

Dans ce document, la liste des soldats renvoie à un numéro qui constitue la cote du dossier en question. Comme je l’espérais, j’ai retrouvé Jean KUNRATH, (extrait ci-dessous) ainsi que la cote du dossier classé en archive est 2Yf26954. Vous voyez par ailleurs que Jean a reçu une pension de soldat mais également pour blessures.


Extrait du répertoire alphabétique des dossiers de soldats pensionnés classés en sous-série 2Yf (SHD)

A partir de cette cote, j’ai demandé la reproduction du dossier par courrier qui m’a été envoyé 5 mois plus tard. Cette attente ne fut pas vaine. Le dossier m’a apporté de nombreuses informations qui m’ont permis d’aller plus loin dans mes recherches.

Extrait du dossier de solde de retraite de Jean KUNRATH (SHD - 2Yf26954)

Ce dossier de solde de retraite va m’apporter plusieurs informations :
  • Jean était soldat à 43ème ½ Brigade, du 15 avril 1793 au 24 Germinal de l’an 6 (13 avril 1798), 
  • Il a perdu la vue de l’œil gauche et l’œil droit est troublé du fait de l’explosion de poudre à Canon pendant la bataille de Fleurus, le 8 Messidor de l’An 2. Une sacrée blessure qui a du l'handicaper toute sa vie.
Premier constat : finalement, le traumatisme lié à la blessure n'a pas été si VILAIN, puisque Jean a continué sa  carrière militaire pendant quatre ans après (désolé, il fallait que je place ce mot ici !).

Deuxième constat : après vérification, il s’avère que le 43ème demi-brigade n’aurait pas participé à la bataille de Fleurus… S’agit-il d’une erreur ? Mon aïeul a-t-il changé de régiment pendant sa carrière militaire ?

Pour répondre à ces questions, je dois me replonger dans l’histoire de l’armée pendant la période révolutionnaire.


Recherche du parcours militaire de Jean CONNERATH 


En parcourant les sites 1789-1815.com et Ancestramil, j’apprends qu’il existe des demi-brigades de première et de deuxième formation. En effet, l’armée française a subi différentes restructurations pendant la période révolutionnaire. Les « régiments » sont remplacés pas des demi-brigades (terme plus républicain). D’abord à deux bataillons (modèle des régiments royaux), les demi-brigades sont restructurées en 1794 pour former les demi-brigades de bataille, à trois bataillons, issus de l’amalgame de deux bataillons de volontaires et un de militaires professionnels (demi-brigades dites de première formation). Devant la fonte des effectifs et la multiplicité des demi-brigades, il fut décidé en 1796 de fusionner les demi-brigades de bataille par deux dans de nouvelles « demi-brigades de ligne (de deuxième formation) ». En 1803, le terme demi-brigade disparaît pour revenir au terme de régiment. 


Je pense que l’affectation à la 43ème demi-brigade est sa dernière dans sa carrière militaire (en 1798), le 43ème étant de deuxième formation.

Grâce aux documents et livres sur cette époque, on arrive à remonter la filiation de la 43ème ½ Brigade. 

La 43ème demi-brigade de deuxième formation date du 19 ou du 20 février 1796. Elle a été créée par l’amalgame de la 34ème demi-brigade de bataille (de première formation) et du 3ème bataille de la 149e demi-brigade (de première formation). D’après Belhomme, cette formation a été faite à Cologne (Histoire de l’Infanterie Française). A son tour, les 34ème et 149ème Demi-brigade avaient été formées en première formation (1794) de la manière suivante : 



Il est intéressant de constater que la 34ème demi-brigade a été formée à partir du 4ème bataillon de volontaires de la Moselle. Aussi, une hypothèse, plausible, serait que Jean CONNERATH aurait pu être VOLONTAIRE en 1793 dans le 4ème bataillon de la Moselle, puis, par filiation serait passé à la 34ème demi-brigade, puis à la 43ème.

La 34ème demi-brigade de première formation compte, dans ses batailles et VICTOIRES, celle de Fleurus. Elle faisait partie de l’Armée de la Moselle, puis à l’Armée de Sambre et Meuse à partir de juillet 1794 (an II et IV). Mon hypothèse semble tenir la route.

Pour confirmer cela, il faudrait que je puisse vérifier au SHD les documents suivants :
  • Le registre matricule de la 43ème ½ Brigade de 2ème formation (cotes 18 Yc97 et 18 Yc 98), 
  • Le cas échéant, le registre matricule de la 34ème ½ Brigade de 1ère formation (cote 17 Yc 35), 
  • Le registre matricule du 4ème Bataillon de la Moselle (cote 16 Yc 302). 

Ne pouvant absolument pas me déplacer au SHD, je ne pourrai pas avancer sur son parcours, à moins qu’un de mes lecteurs puisse gentiment consulter ces documents lors de son prochain passage à Vincennes ? (je lui promets une belle boite de chocolat !😋


En conclusion : essai de parcours de Jean CONNERATH

Je vous propose le parcours hypothétique de Jean CONNERATH :
  • 15 avril 1793 : volontaire dans le 4ème bataillon des volontaires de la Moselle 
  • 13 juillet 1793 : le bataillon fait partie de la 1ère division de l’Armée de la Moselle 10 mars 1794 (20 ventôse an II) : Jean Baptiste JOURDAN prend la tête de l’Armée de la Moselle, en remplacement du général Hoche. Les premiers ordres qu'il reçut du Comité de salut public furent de porter 20 000 hommes en avant de Longwy jusqu'à Bouillon afin d'intercepter les communications de Namur et de Liège vers le Luxembourg, et en même temps d'en détacher 20 000 autres aux ordres du général Hatry pour faire une incursion dans le Luxembourg et s'emparer d'Arlon. 
  • 18 avril 1794 (29 germinal an II) : L’armée de la Moselle est vainqueur à Arlon. La gauche de l'armée de la Moselle s'établit à Arlon. 
  • 27 avril 1794 : toujours à Arlon, le 4ème bataillon des volontaires de la Moselle est incorporé dans la nouvelle 34ème Demi-brigade, formant toujours l’Armée de la Moselle. 
  • 26 juin 1794 : Bataille de Fleurus, Jean est blessé. 29 juin 1794 (11 messidor an II) : après la victoire de Fleurus, l’Armée conduite par Jourdan, prend le nom d’Armée de Sambre-et-Meuse (armée des Ardennes + aile gauche de l’armée de Moselle + aile droite de l’armée du Nord). 
  • 19/02/1796 : L’ancienne 34ème Demi-brigade forme avec le 3ème bataillon de 149ème demi-brigade la 43ème Demi-Brigade de ligne. 
  • 13/04/1798 : Jean quitte l’armée 
Avec tout ça, il me reste encore à étudier plus dans le détail la bataille de Fleurus, mais cela, ce sera pour un autre article !

La bataille de Fleurus [Estampe] - De la fabrique de Pellerin, imprimeur-libraire, à Epinal [1837] - Source : Gallica

Sources:

Archives départementales de la Moselle :
  • Registres paroissiaux de la paroisse de Basse-Ham 1770-1780 - 9NUM/53ED1E8
  • État civil de la commune de Basse-Ham - 1811-1830 - 9NUM/1MIE53/4
  • État civil de la commune de Basse-Ham - 1842-1854 - 9NUM/1MIE53/6
Service Historique de la Défense

  • Répertoire alphabétique des dossiers de soldats pensionnés (Cote 2Yf) - Pensions 1801-1817, Volume 7, de Lejeune à Millot - Folio 305) 
  • Dossier de pension militaire de Jean KUNRATG - SHD, Cote 2Yf 26954)
Ouvrage :

BELHOMME Victor Louis Jean François, 1893-1902.  Histoire de l'infanterie en France. Tome . [En ligne]

lundi 25 novembre 2019

#ChallengeAZ 2019 - Urne, Uchronie, Uniforme

Dernière ligne droite du #ChallengeAZ avec les mots UCHRONIE, URNE et UNIFORME.
Pour ma quatrième participation, j'ai choisi de solliciter mes abonnés Twitter dans le cadre d'un défi estival devenu rapidement un concours de mots suivi par une cinquantaine de personnes. Merci à eux ! Au final, j'ai choisi pour chaque lettre trois mots qui devront me servir pour la rédaction des mes articles... 


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Savez-vous ce qu'est une UCHRONIE ? D'après une définition proposée sur Wikipédia, une uchronie est une récit se déroulant dans un monde en tout point similaire au nôtre jusqu’à un certain événement, qui, lui, diffère de ce qui s’est produit tel que nous le connaissons. C’est ce qu’on appellera par la suite, événement divergent (ou 'point de divergence').


Et si Louis-Joseph WALENTIN avait finalement tiré le bon numéro ?


L'UCHRONIE que je vous propose débute en mai 1807 et prend comme point de départ la conscription de Louis-Joseph WALENTIN, mon sosa 240, dont j'ai parlé dans cet article.

A cette époque, Louis-Joseph vit avec sa mère, Catherine VALENTIN, et son beau-père, Jacques REGULIER dans la commune des Étangs, située dans le canton de Vigy. Il a 18 ans.

Depuis le début du Premier Empire, Napoléon 1er n'a de cesse d'assoir la puissance de la France et mène guerres et batailles. En effet, depuis octobre 1806, la France fait face à une coalition formée par le Royaume-Uni, la Russie, la Suède et la Prusse. Pourtant, malgré ses victoires en Prusse, Napoléon subit de lourdes pertes et la bataille d’Eylau, le 8 février 1807, fut une véritable boucherie. L’Empereur décide donc lever la classe 1808 dès le mois d’avril 1807 et demande 80 000 hommes. Les jeunes partiront donc avec plus de 20 mois d’avance sur l’âge légal.

Louis-Joseph reçoit de la part du maire une convocation personnelle pour se rendre dans le chef-lieu de canton, à Vigy. 

Le jour J, Louis-Joseph arrive à Vigy. Près d'une soixantaine de jeunes hommes sont également présents et sont accueillis par le sous-préfet, les maires des communes du canton, ainsi que par la maréchaussée et le capitaine de recrutement.

Un à un, les jeunes sont invités à donner leur identité, puis à tirer au sort un numéro qui scellera leur sort.

C'est au tour de Louis-Joseph.

Source : https://www.napoleon-histoire.com/volontaires-et-conscrits-sous-la-revolution-et-lempire/
Tirage au sort pour la conscription, Anonyme © RMN-Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée
Un homme lui demande de plonger sa main dans une grande URNE en verre où sont placées des bulletins imprimés sur lesquels sont portés des numéros allant de 1 jusqu'au nombre de conscrits. Mon aïeul sait qu'il doit tirer le numéro le plus élevé possible, pour avoir la chance de rentrer à la maison.

Louis-Joseph plonge sa main dans l'urne, ferme les yeux et tire un bulletin. A la lecture du chiffre, il esquisse un léger sourire. 62. La chance lui sourit. Lui qui pensait partir dans quelques jours dans l'Armée de Napoléon, pourra rentrer chez lui. Non, il ne portera pas d'UNIFORME. Il s'imagine alors rentrer à la maison et confier la bonne nouvelle à sa mère, Catherine et à son beau-père, Jacques REGULIER. Au moins je vais pouvoir les aider et travailler pour qu'ils soient moins dans la misère pense-t-il. 

Ce simple petit bout de papier lui change sa vie. Quelques mois plus tard, Louis-Joseph aide son parrain, Joseph WALENTIN, qui était instituteur. A son tour, il devient maître d'école à Vigy et demande à ses parents de l'accompagner. Grâce à ses revenus, il réussit à prendre soin de sa mère et de son beau-père qui tombent gravement malades en 1809. Finalement, les soins prodigués leur permettent de survivre. 

A 28 ans, Louis-Joseph se marie avec une jeune fille de la commune de Vigy et ...

Non. 

Je ne peux continuer cette UCHRONIE. Imaginez qu'en imaginant cette histoire parallèle, je change complètement le cours de l'existence de Louis-Joseph et, par la même occasion, je supprime ses descendants (et moi par la même occasion !).

Cet exercice est intéressant mais il faut se souvenir d'une chose. Quelle que soit la vie vécue par nos ancêtres, nous devons aujourd'hui tout assumer et tout accepter et même si certains destins ou agissements nous chagrinent, nous surprennent ou nous offusquent...


samedi 23 novembre 2019

#ChallengeAZ 2019 - Traces, Traverser, Tourisme

Pour ce 20ème jour du ChallengeAZ, je vous propose de TRAVERSER la France pour faire du TOURISME généalogique et retrouver la TRACE de mes ancêtres !
Pour ma quatrième participation, j'ai choisi de solliciter mes abonnés Twitter dans le cadre d'un défi estival devenu rapidement un concours de mots suivi par une cinquantaine de personnes. Merci à eux ! Au final, j'ai choisi pour chaque lettre trois mots qui devront me servir pour la rédaction des mes articles... 


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Un peu comme Monsieur Jourdain qui faisait de la prose sans le savoir, je fais, lors de mes voyages en Lorraine ou en Italie, du TOURISME généalogique. Cette impression de touriste est d'autant plus forte que j'habite aujourd'hui à plus de 600 kilomètres de la Moselle où j'ai mes principales racines. Il me faut alors TRAVERSER la France, d'ouest en est, pour pouvoir marcher dans les pas de mes ancêtres.

Le village de Charleville-Sous-Bois (57)
 
Mes premiers pas de touriste généalogique je les ai posé dans les cimetières des villages de mes ancêtres. La personne peu habituée trouvera sans doute cette idée macabre, mais ces visites sont incontournables. De village en village, de cimetière en cimetière, j’ai arpenté les allées à la recherche de noms connus. Beaucoup de collatéraux finalement, mais quelques ancêtres. Outre les tombes de grands-parents dont je connaissais la localisation, j’ai pu retrouver la tombe de mes arrières-grands parents maternels (Baptiste BRENNA et Anna WALENTIN, décédés en 1978 et 1983), ainsi que les tombes de Apollon WALENTIN et de son épouse, et encore plus ancien, le monument funéraire de Marie Anne PISTER, épouse d’Hubert WALENTIN, décédée en 1881. 


Tombes d'Apollon WALENTIN et Christine REIMERINGER (Vry), Baptiste BRENNA et Anna WALENTIN (Luttange) et de Marie-Anne PISTER, épouse d'Hubert WALENTIN (Vry)

Maison de Charles DANY et Marie MAIRE  (CD 1732 MM)
Dans mes visites généalogiques, j’ai également déouvert les lieux de vie de mes ancêtres et notamment les villages de Schell et Vinsberg (commune de Volstroff) ainsi que le domaine de Lüe où a vécu Catherine VALENTIN. Que j’aime découvrir les maisons de mes ancêtres, marcher sur les chemins qu’ils ont parcouru, contempler les paysages qu’ils ont connu. Certes, les lieux ont changé : routes goudronnées, maisons modifiées ou bien en ruine… Pourtant, à chaque visite, j’essaye de trouver les TRACES de mes ancêtres. On est alors touché par ce que l'on retrouve comme ces initiales gravées sur le linteau de la porte d'une maison en ruine à Schell, où ont vécu mes ancêtres au début du XVIIIème siècle.

Finalement, en marchant dans les pas de mes ancêtres, je peux m'imaginer, l'espace d'un instant, les lieux où ils ont vécu et peut-être approcher ce qu'ils ont pu ressentir...

vendredi 22 novembre 2019

#ChallengeAZ 2019 - Seigneur, Survivant et Sac

Jour 19 du ChallengeAZ : place aux mots SEIGNEUR, SURVIVANT et SAC !
Pour ma quatrième participation, j'ai choisi de solliciter mes abonnés Twitter dans le cadre d'un défi estival devenu rapidement un concours de mots suivi par une cinquantaine de personnes. Merci à eux ! Au final, j'ai choisi pour chaque lettre trois mots qui devront me servir pour la rédaction des mes articles... 


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Voici la deuxième partie de l'article débuté hier sur la guerre de Trente Ans et ses conséquences.

Batailles et saccages de Luttange



En 1635, lorsque la France déclare la guerre à l'Espagne, les troupes du Roi Louis XIII occupent les Trois Évêchés et sont donc à Metz. Le gouverneur de Metz charge alors le capitaine Busselat de lever des hommes à cheval pour attaquer les lignes et villages adverses du partie Luxembourgeois. Ce dernier tient alors sa garnison au village d'Ennery et décide d'attaquer, entre autre, le village de Luttange. Ils s'emparent alors de près de 1500 cochons et moutons qu'il vendent ensuite au marché du Champ à Seille. Avec ces pillages, de nombreux laboureurs et vignerons sont ruinés et certains meurent de misère. 

Carte du Pays Messin - Source Gallica. En jaune les lieux de combats du côté messin (France), en bleu le village de Luttange. En orange la frontière.


En parallèle, le colonel Maillard, qui était du parti luxembourgeois, décide d'attaquer la ville de Vigy (en pays messin). Pourtant, la garnison retirée au château réussit à repousser toutes les attaques. Furieux, Maillard décide de mettre le feu au village. Les malades, femmes et enfants sont brûlés dans leur lit, ainsi que les bestiaux dans leurs étables.

Le château de Luttange (Moselle)
Après ces évènements, la consternation envahit la ville de Metz. Il faut absolument des représailles. Busselat prend alors la décision d'attaquer le colonel Maillard qui était retiré au château de Luttange. Busselat envoie 100 hommes d'élites, 100 piétons, 100 cavaliers et 30 carabins (soldats munis de carabines). Au petit jour, la bataille s'engage au château. Les trois quarts des soldats de Maillard sont tués et le feu est mis au village. Tout est détruit. Les villageois partent alors dans les campagnes et les forêts.


Suite à ce désastre, les SURVIVANTS, aidés par les SEIGNEURS de Luttange, reconstruisent les maisons. Pourtant, les garnisons de Metz reviennent en 1638 et mettent à nouveau à SAC le village

Pendant cette période, les épidémies et les pillages ont pour conséquence une forte mortalité et un regroupement des populations des villages isolés autour des places fortes et des châteaux. Le village de Rexange et Terlange, situés à côté de Luttange sont définitivement abandonnés et ruinés.

La reconstruction et le repeuplement des villages de Schell et Vinsberg


Après la fin de la guerre de Trente Ans en 1648, des troubles subsistent et c'est finalement le Traité des Pyrénées en 1659 qui apporte la paix. Ce traité officialise ainsi le rattachement de la prévôté de Thionville au Royaume de France.

Le territoire de la Seigneurie de Luttange subit lui aussi une forte baisse du nombre d'habitants et les quelques familles encore présentes tentent de reconstruire et réexploiter les terres alors en friches.

En 1667, les villages de Schell et Vinsberg où ont vécu mes aïeux de 1687 à 1932 semblent également être totalement ruinés et désertés. Ainsi, l'aveur de dénombrement de Charles et Jean-François d’Attel, Seigneurs en partie de Luttange, Weinsberg et autres lieux décrit la situation de la manière suivante :

« De toutes les rentes et redevances cy-dessus spécifiées provenant de Schellen on n’en tire rien estant ledit village présentement tout en bois et il n’y a aucune apparence de maison » (AD57 - 116 J9).
Contrairement aux villages ruinés de Terlange et Rexange dont les bans sont proches du fief de Luttange, les bans et villages de Schell et Vinsberg sont excentrés et il doit être difficilement concevable pour des laboureurs du village d'exploiter ces terres. Ainsi, il semble que les Siegneurs de Luttange décident dans le dernier quart du XVIIIe siècle de reconstruire les villages de Schell et Vinsberg.

La carte ci-dessous permet de voir la localisation de Schell, Vinsberg (ancienne Seigneurie de Vinsberg rattachée ensuite à la Seigneurie de Luttange).

Les seigneuries de Vinsberg et Luttange (d'après extrait de rapport - AD57 - 116J1, fonds de la famille d'Attel)

Néanmoins, étant donné le faible nombre d'habitants, il fallait faire venir de nouvelles familles. C'est ainsi que des familles en provenance de la Thiérache (région de Momignies/Trélon à la limite actuelle entre la Belgique et la France) viennent s’installer dans les villages de Schell et Vinsberg. Arrivent à ce moment les familles DANY, DEFLORENNE ou DROMMEREY. Le village de Kirsch est également repeuplé de cette manière. D'après mes estimations, entre 30 et 40 personnes ont migré depuis la Thiérache jusqu'à Schell et Vinsberg. Les défrichements et travaux de reconstruction des maisons semblent démarrer dès 1684/1685 et les familles arrivent à partir de début 1687.

La hiérarchie sociale se met en place très vite. Les 3 familles DANY sont des laboureurs (Nicolas, Ambroise et Lambert DANY, sans doutes frères). Les autres familles sont plutôt des familles de manœuvres. Parmi Nicolas DANY et son épouse, Hélène LONGUEVILLE, sont mes sosas 1630 et 1631.

Finalement, après le chaos, la vie se réinstalle...

jeudi 21 novembre 2019

#ChallengeAZ 2019 - Ravage, Route, Répugnant

Jour 18 du ChallengeAZ : place aux mots RAVAGE, ROUTE et REPUGNANT... un beau programme !
Pour ma quatrième participation, j'ai choisi de solliciter mes abonnés Twitter dans le cadre d'un défi estival devenu rapidement un concours de mots suivi par une cinquantaine de personnes. Merci à eux ! Au final, j'ai choisi pour chaque lettre trois mots qui devront me servir pour la rédaction des mes articles... 


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Voici la première partie d'une série de deux articles qui parleront de la guerre de Trente Ans.

De l'origine de la guerre de Trente Ans


La guerre de Trente Ans est un des grands conflits européen du XVIIè siècle qui a profondément marqué l'Europe. La guerre est déclenchée en 1618 par une querelle entre les protestants de Bohème et l'Empereur d'Allemagne et roi de Bohême également, et qui était catholique.

Suivirent différentes périodes qui impliquèrent finalement l'ensemble des grandes puissances européennes. Elle opposa notamment les Habsbourg d’Espagne et du Saint-Empire germanique, les protestants et puissances voisines à majorité protestante, ainsi que les Provinces-Unies et pays scandinaves. La France déclara ensuite la guerre contre l'Espagne en 1635 pour réduire la puissance de la maison de Habsbourg.

Situation de la Moselle et de la Lorraine au début du XVIIe siècle

Le contexte géopolitique du territoire de mes ancêtres au moment de la guerre de la Trente Ans est très différent d'aujourd'hui. En effet, mes aïeux étaient pour ainsi dire des frontaliers, puisque leurs villages et paroisses étaient situés dans la Prévôté de Thionville, faisant partie du Duché du Luxembourg, alors au main des Habsbourg d'Espagne depuis 1555. 

Carte de la Prévôté de Thionville et frontière de la France avec le Luxembourg avant 1659 (Jaillot, Alexis-Hubert (1632?-1712). Bibliothèque nationale de France, département Cartes et plans.
Johann G. Droysen, Allgemeiner Historischer Handatlas

Par ailleurs, il faut également comprendre qu'à cette époque, le territoire de l'actuelle Lorraine était totalement morcelé.

Pour faire très simple, nous avions donc
  • la prévôté de Thionville au main des espagnols, 
  • les territoires des Trois Evêchés (Metz, Verdun et Toul) sous protectorat français, mais encore juridiquement intégrés au Saint-Empire romain germanique, 
  • et le Duché de Lorraine (en jaune sur la carte à droite).
Pendant la guerre de Trente Ans, le duc de Lorraine, Charles IV, s'était allié aux anglais et au Saint-Empire, ce qui fut un prétexte pour Richelieu d'occuper la Lorraine.

Ainsi, vous comprendrez que lorsque la France entre en guerre contre l'Espagne, ces lieux étaient situés en plein cœur des hostilités. Vous ajoutez à cela que cette zone était et reste toujours un ROUTE de déplacements au sein de l'Europe, et vous avez ici une belle zone de passages de troupes et d'affrontements. C'est ainsi que des hordes de Suédois, Tchèques et Croates, souvent des mercenaires, vinrent déferler pour mettre ce territoire à feu et à sang, causant de grands RAVAGES dans les villes et villages.

Les misères de la guerre


La période la plus funeste pour la Moselle et la Lorraine fut sans nul doute les années 1635 à 1638.

Les différents témoignages parlent de massacres, de tortures, de viols, de pillages et de divers supplices sur les populations apeurées et sans réelles défenses. Le curé d'Avioth (Meuse) nous décrit des faits qui sont d'une extrême violence, sordides et REPUGNANTS :


"Les habitants sont contraints de fuir à tout moment de lieu à aultre pour se soustraire des mains inhumaines de ceux qui les [...] tuent et massacrent [...] par leur seul plaisir. Déchiqueter et détrancher le corps à coups menus, lents, verser de l’eau bouillante dans l’estomach et les entrailles par une corne percée enfoncée dans le gosier, les brusler avec des fers ardens et embrasez aux parties viriles et aultres endroits du corps, les crever en leur marchant et frappant sur le ventre, les pendre aux foyers, fumiers et cheminées pieds en contre-haut, testes contrebas, …… et de toutes ces vilainies faire suivre la mort, ce sont espèces et exploits de leur cruaulté desquels les exemples sont advenus et adviennent encoires".  (Source).
 
Sans armes, les seuls survivants se réfugient dans les bois et abandonnent les villages qui sont ruinés, parfois pendant des mois, ou bien émigrent définitivement. Les champs ne sont plus labourés, ni les foins coupés, les semences.

Les misères de la guerre de Trente Ans - Jacques CALLOT - Source : Gallica


A ces massacres, il faut ajouter les épizooties qui frappent le bétail, ainsi que les épidémies de peste qui frappèrent notamment le pays de Thionville en 1630/1631 et 1634/1636.

C'est ainsi que certains territoires perdirent jusqu'à 90% de leur population et des villages furent ruinés et abandonnés à jamais. Dans l'article de demain, je vous parlerai des faits et des conséquences qu'il y a eu dans la paroisse et seigneurie de Luttange, où a vécu une grande partie de ma branche maternelle.



Sources :

La guerre de Trente Ans en Lorraine : Lien

HOUDRY, Philippe. La guerre de trente ans (1618-1648). 22p.  En ligne

mercredi 20 novembre 2019

#ChallangeAZ 2019 - Qualification, Quatre-à-la-suite, Question

Au 17ème jour du #ChallengeAZ, toujours motivé ! On continue avec les trois mots imposés  QUALIFICATION, QUATRE-A-LA-SUITE et QUESTION. 
Pour ma quatrième participation, j'ai choisi de solliciter mes abonnés Twitter dans le cadre d'un défi estival devenu rapidement un concours de mots suivi par une cinquantaine de personnes. Merci à eux ! Au final, j'ai choisi pour chaque lettre trois mots qui devront me servir pour la rédaction des mes articles... 


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Avant les deux articles prévus pour les lettres R et S, je pense que nous avons besoin d'un peu de distraction. Pourquoi ne pas jouer à une petite partie de QUESTION pour un Champion, spéciale Généalogie ?



Pour vous, fidèle lecteur ou fidèle lectrice, je vous fait grâce de la première manche et nous passons tout de suite au QUATRE-A-LA-SUITE !

Bien évidemment vous choisissez le thème du jour :"Actes et ressources des archives départementales".

Vous êtes prêts ?

TOP !

  1. Quel document, généralement classé en série R ou W, et délivré à partir de la fin des années 20 par l’ONAC, permet de mettre entre autre, un visage sur un ancien soldat ?
  2. Quels registres, tenus par les paroisses après 1793, permettent d'avoir une source complémentaire à l'état-civil ?
  3. Quel document, dressé par un notaire, permettait de faire état des biens appartenant à une personne après sa mort ?
  4. Comment appelait-on, à l'inverse des grosses, les documents notariés originaux, généralement écrits avec une écriture fine et appliquée ?
  5. Quels documents, généralement cotés "3P" ont été institués avec la loi du 15 septembre 1807 ?
  6. Quelles tables, provenant de l’Enregistrement, permettent de retrouver les dates des déclarations de succession concernant chaque défunt ?

Alors, avez-vous fait quatre à la suite ? Voici les réponses :

  1. La carte du Combattant
  2. Les registres de catholicité
  3. L'inventaire après décès
  4. Les minutes
  5. Le cadastre (napoléonien)
  6. Les tables de successions et absences

Bravo ! Bien évidemment, vous avec gagné votre QUALIFICATION pour la finale !

Attention, suspense...

Un indice, en bas de votre écran (ou juste en dessous de ce texte, parce qu'on n'est pas à la télé) :

"UN PETIT GRAIN DE FOLIE"

TOP !

Né dans la commune de Hayes en 1820, je suis le troisième enfant d'une fratrie qui en comptera huit. A l'âge de 6 ans, je déménage avec mes parents pour habiter rue Derrière les Halles à Boulay, commune que je quitterai en 1842 après mon mariage avec Marie Anne PISTER. A l'âge de 22 ans, je deviens charron et m'occupe, entre autre de construire des roues et monter des charriots pour les habitants du village de Charleville-sous-Bois où je m'installe. Après avoir résidé quelques temps dans la commune de Charmontois-le-Roi dans la Marne, je reviens m'installer à nouveau à Charleville-sous-Bois. Isidore, Marie, Marie Obéline, Apollon et Jean-Louis sont les noms de mes cinq enfants que j'aurai avec mon épouse. Malade et victime, d'après les médecins et de mon entourage, d'hallucination et de folie, je suis emmené à l'Hospice St-Nicolas de Metz avant d'être transféré à l'asile de Maréville en Meurthe et Moselle, en 1869. Je disparais quatre ans plus tard, en 1873.
Je suis....


Je suis...  Hubert WALENTIN !

Encore bravo pour votre participation ! En tant que vainqueur, vous avez gagné un dictionnaire en ligne, que vous pouvez tout de suite aller visualiser, chez notre partenaire Gallica !


A vous les studios !

mardi 19 novembre 2019

#ChallengeAZ 2019 - Poète, Parenthèse, Passion

16ème jour du #ChallengeAZ et le défi continue ! Toujours trois mots imposés avec PARENTHÈSE, POÈTE et PASSION. En effet, pour ma quatrième participation, j'ai choisi de solliciter mes abonnés Twitter dans le cadre d'un défi estival devenu rapidement un concours de mots suivi par une cinquantaine de personnes. Merci à eux ! Au final, j'ai choisi pour chaque lettre trois mots qui devront me servir pour la rédaction des mes articles... 


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Je vous propose aujourd'hui une petite PARENTHÈSE en me transformant volontiers POÈTE. Poète d'un jour, certes, mais qui me permet dans ce quatrain de vous présenter ma PASSION : la généalogie.


Pour ne pas les oublier


Rechercher mes aïeux, leur vie et leur histoire,
Est devenu pour moi, un devoir de mémoire,
Qu'ils soient très miséreux, ou plutôt fortunés,
Je veux désormais rendre hommage à mes ainés.

En bon chercheur d'aïeux, je rentre dans la course,
Non sans prier les cieux, je recherche les sources,
Des actes de baptême, aux actes de décès,
Quand la vie débutait, ou lorsqu'elle cessait.

Quel que soit leur métier, leur vie ou leur labeur,
J'ai trouvé dans mon arbre, charrons et laboureurs,
D'autres étaient chaufourniers, ou souffleurs de cristal
Ou bien manouvrier, pêcheur ou maréchal

Rechercher mes aïeux, leur vie et leur histoire,
Est devenu pour moi, un devoir de mémoire,
Étant dépositaire, par nos destins liés
Ce que je veux surtout : ne pas les oublier.


lundi 18 novembre 2019

#ChallengeAZ 2019 - Oeillet, Oui, Officier

Pour ce 15ème jour du #ChallengeAZ le défi continue avec les trois mots imposés. En effet, pour ma quatrième participation, j'ai choisi de solliciter mes abonnés Twitter dans le cadre d'un défi estival devenu rapidement un concours de mots suivi par une cinquantaine de personnes. Merci à eux ! Au final, j'ai choisi pour chaque lettre trois mots qui devront me servir pour la rédaction des mes articles... 
Aujourd'hui, place aux mots ŒILLET, OUI et OFFICIER.

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L'ancien et le nouveau langage des fleurs - 
Le Bailly 1858 (Source : Gallica)
Pour cet article, je décide de partir du mot ŒILLET, au sens botanique du terme. Les œillets sont des fleurs de la famille des Caryophyllaceae. et généralement du genre Dianthus. Parmi les plantes ornementales, on retrouve notamment les œillets de poètes très odorants. 

Dans le langage des fleurs, les œillets ont diverses significations. On connaît le plus souvent la symbolique de l’œillet blanc, synonyme de l'amour pur. L’œillet rouge est quant à lui porté à la boutonnière pendant la journée du 1er mai, notamment en Allemagne. Parmi les autres symboles, l’œillet rouge pâle suscite le respect et l’admiration.

Le respect et l'admiration, justement. Il y a de nombreuses personnes de ma généalogie, ancêtres ou collatéraux, à qui je pourrais volontiers remettre un bouquet d'ŒILLETS rouges pâles. 



Hommage à Paul et Jean-Jacques JOHANNES


J'ai souhaité, au travers de mon article de ce jour, rendre à nouveau hommage à deux collatéraux qui suscitent pour moi respect et admiration : Paul et son fils Jean-Jacques JOHANNES. Depuis que j'ai retracer leurs parcours durant les deux guerres mondiales, ces deux hommes m'ont touché de par leur engagement et leur sacrifice pour leur pays, la France.

Je ne rentrerai pas dans le détail de leur vie et je vous invite à lire ou relire leur histoire que j'ai rédigé lors du challenge "Raconte-moi nos ancêtres" (RMNA) en 2018.

Né le 14 juillet 1899 à Distroff, Paul s'est marié avec Gabrielle HOURTE, fille du banquier Jean HOURTE dont je vous ai déjà parlé à deux reprises lors de ce #ChallengeAZ (Lettre B et K). Il est donc le gendre de mon arrière-grand-oncle. De ce premier mariage, Paul a été le père d'un garçon, Jean-Jacques, né en 1925. Malheureusement, Gabrielle décède en 1927 et Paul se remarie ensuite avec Marie-Thérèse BOSMENT avec qui il aura deux enfants.

Au début de la seconde guerre mondiale, Paul, qui était alors OFFICIER de réserve, reprend du service au 5ème bureau de l’État-major de l’Armée en tant que Capitaine de Réserve. Mais bien vite, après la débâcle, Paul prend une décision importante. Il décide de dire NON à l'occupant, NON au nazisme, mais OUI à la France libre et à la Résistance. Rapidement, son fils Jean-Jacques, étudiant en Math Sup, le rejoint en Auvergne.

Malheureusement, le réseau est dénoncé et le père et le fils sont emprisonnés et envoyés dans les camps en Allemagne. Paul revient, malade et très diminué. Son fils, Jean-Jacques, ne revient pas de son internement dans le camp de Wöbbelin et et sera, plus tard, reconnu Mort pour la France.



Carte du combattant de Paul JOHANNES (AD57 - 1001W 193-2)

L'hommage de la commune de Distroff


Suite à mon article du #RMNA, le maire de Distroff, lieu de naissance de Paul JOHANNES, m'a contacté car la commune souhaitait intégrer mon article dans un ouvrage sur l'histoire de la commune, en cours de rédaction à ce moment-là. J'étais très honoré de cette sollicitation.

Sans doute touchés à leur tour par le destin de Paul et Jean-Jacques JOHANNES, les membres du groupe de rédaction et la commune ont souhaité rendre un honneur plus appuyé à ces deux hommes.

Ainsi, lors des cérémonies du 11 novembre 2019, le maire a rebaptisé la place de l’Église place "Paul et Jean-Jacques JOHANNES, Résistants et martyrs des deux guerres", et ceci en présence d’Élisabeth et André JOHANNES, les deux enfants encore en vie de Paul. Ce moment s'est déroulé dans une très grande émotion, notamment pendant la lecture de l'histoire de Paul et Jean-Jacques, reprise de mon article, par des enfants de la commune.

Baptême de la place "Paul et Jean-Jacques JOHANNES, Résistants et martyrs des deux guerres". Photo : commune de Distroff (FB @communedistroff)

J'ai été profondément touché et ému par cette initiative qui a permis de leur rendre un très très bel hommage. Malheureusement, je n'ai pas pu être présent, mais le maire de Distroff m'a gentiment donné les coordonnées des enfants de Paul pour que je puisse prendre contact avec eux et parler de leur père et de la famille...

samedi 16 novembre 2019

#ChallengeAZ 2019 / #RDVAncestral : Nervosité, Nuancier et Naufrage

Cet article du challenge est un peu particulier puisque ce troisième samedi du mois est également le jour du #RDVAncestral, un exercice d'écriture qui nous invite à aller à la rencontre de nos ancêtres. #ChallengeAZ oblige, ma rencontre du jour devra inclure les trois mots choisis : Nervosité, Nuancier et Naufrage.






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Samedi 16 novembre 2019.

Pour ce 14ème jour du #ChallengeAZ, je ne suis pas serein. Je n'ai pour l'heure aucune idée sur les mots que je vais devoir utiliser aujourd'hui. Pourquoi les ai-je choisis ? Naufrage... mais pourquoi Naufrage ? Moi qui n'ai aucun ancêtre marin... Bref, je suis perdu. Bloqué devant mon écran, je décide d'éteindre l'ordinateur.

A peine ai-je eu le temps de fermer mon PC que je me sens comme projeté en arrière dans une sorte de tourbillon. En un éclair, je suis transporté en un autre lieu, et comme je le pressentais, dans une autre époque.

Arrivé dans cet endroit inconnu, la première chose qui me marque le plus c'est cette odeur de bois, très forte. Dans ce qui semble être un atelier, je remarque des roues, des morceaux de roue, partout. Voilà qui me renseigne sur le métier du propriétaire de ces lieux... 

L'atelier du Charron - Encyclopédie de Diderot et d'Alembert - Source : Gallica

J'aurais aimé pouvoir passer un peu plus de temps pour contempler cette pièce, mais un homme entre bientôt en m'apostrophant :

"- Et bien ! Je ne vous attendez pas si tôt !
- Hubert ! j'aurais du me douter que j'étais arrivé dans votre atelier de charron!
- Bienvenue chez moi ! Vous savez, c'est ici que je me sens le mieux. Au moins, je suis à l'écart des ragots des prétendus honnêtes gens.Vous semblez avoir besoin d'aide pour votre défi du jour ? "

Hubert a vu juste. Décidément, mon aïeul est d'un vrai secours lorsque je suis en panne d'idée !
"- Et bien, Sébastien, profitons de ce moment pour que je vous présente mon métier !
- Ce serait avec joie !
- Mon métier de charron, je l'ai appris grâce à mon beau-père qui lui-même était charron. J'aime beaucoup travailler le bois pour le transformer en pièces qui serviront pour fabriquer les roues des carrioles et charrettes. Regardez ici : voici mes outils. Rien de très particulier. Je me contente de scies, tarières, rabots, varlopes, ciseaux à bois ou de vilebrequins. Mes gabarits me servent pour créer des pièces qui permettent de s'ajuster au mieux et former des roues circulaires"

Je trouve cette conversation très intéressante, mais mon esprit est ailleurs. Je devrais profiter de ce moment avec mon aïeul, mais je pense avec NERVOSITÉ à mon défi du jour. Je dois absolument utiliser les mots choisis... Bon, je vais essayer de les caser, peu importe le sujet de la conversation, quitte à devenir grotesque.
"- C'est passionnant votre métier Hubert, mais dites-moi, pour le choix des couleurs de vos charriots, utilisez-vous un NUANCIER ?
- Comment ? De quoi me parlez-vous ? Un NUANCIER ne me servirait à rien ! 
- Oui, effectivement. Et sinon, savez-vous si un de vos charriots a été transporté sur un bateau qui aurait pu faire NAUFRAGE ?
- Non mais vous devenez complètement fou Sébastien ? Votre défi commence à vous monter à la tête mon cher. Je comprends que vous devez utiliser les mots choisis, mais cela frise le ridicule !"

Bon. Je crois plutôt que c'est notre conversation qui devient un véritable NAUFRAGE... Et en plus, me faire traiter de fou par Hubert... Bref. C'est vrai qu'il a raison. Je devrais profiter de cet instant pour mieux comprendre le métier de mon aïeul.
"- Excusez moi Hubert, je ne voulais pas vous embêter avec tout cela.
- Allez Sébastien ! N'en parlons plus.
- Voulez-vous que je vous montre de quelle manière je monte une roue ?
- J'en serais très honoré".
Finalement, j'ai passé un moment très enrichissant avec Hubert qui m'a montré avec passion son métier de charron. Je regrette un peu mon insistance avec le défi du #ChallengeAZ et je me dis que quels que soient les sujets qui nous tracassent, nous devons être pleinement présents avec ceux qui nous entourent et nous aiment.

vendredi 15 novembre 2019

#ChallengeAZ 2019 - Moselle, Mystère et Mort

Initié par Sophie Boudarel de la Gazette des Ancêtres, le ChallengeAZ est devenu un rendez-vous annuel incontournable. Il propose aux généablogueurs de rédiger, chaque jour de novembre (sauf le dimanche), un article en suivant les lettres de l'alphabet. Pour ma quatrième participation, j'ai choisi de solliciter mes abonnés Twitter dans le cadre d'un défi estival devenu rapidement un concours de mots suivi par une cinquantaine de personnes. Merci à eux ! Au final, j'ai choisi pour chaque lettre trois mots qui devront me servir pour la rédaction des mes articles...

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Moselle, Mystère et Mort. Voilà le programme du jour. Avec ses trois mots, vous vous doutez que l'histoire que je vais vous raconter aujourd'hui n'est pas une histoire joyeuse.

Chaque région, chaque pays ou chaque village possède ses propres légendes dont certaines peuvent vous glacer le sang. Ces histoires "qui faisaient peur" étaient le plus souvent racontées dans les veillées, à la lueur des flammes de la cheminée. Il est certain que les plus jeunes devaient  être effrayés à l'écoute de ces contes qui avaient souvent pour but de donner de bonnes leçons de morale.

On parle souvent de l'Ankou en Bretagne, mais la MOSELLE n'est pas en reste et il existe de nombreux témoignages historiques d'apparitions d'êtres surnaturels, de fantômes et autres êtres fantastiques.

L'histoire que je vais vous raconter est digne des meilleures nouvelles d'Edgar Allan Poe ou de Guy de Maupassant. Elle se passe dans la ville de Boulay au début du XIXè siècle, période durant laquelle Louis-Joseph WALENTIN vivait dans cette commune (mon sosa 240). Il n'est donc pas impossible qu'il est entendu parler de cette histoire...

De la fin du XVIIIè au début du XIXe siècle, la ville de Boulay fut le théâtre d'apparitions surnaturelles. Ainsi, plusieurs témoins ont fait état de faits étranges et de grands MYSTÈRES dont l'apparition d'un spectre nocturne appelé la Massue.

D'après les témoignages de l'époque, elle apparaissait sous la forme d'une bête immonde, de la taille d'un veau et portant de longs poils très sombres. La tête était quasiment invisible et seuls deux gros yeux brillants et deux pointes d'oreilles émergeaient de la fourrure. Cette bête trainait également des chaînes dont on entendait le cliquetis.

Outre son aspect ignoble, la Massue apparaissait également de manière mystérieuse. Sortant de l'obscurité, elle se présentait subrepticement, sans crier gare. Pourtant, cette bête semble n'avoir jamais fait de mal à personne. Elle se permettait simplement de barrer le passage au passant et s'asseyait sur son chemin en le fixant du regard.

La Massue semblait affectionner certaines rues de la ville : la rue du Four Banal, la rue de la Halle ou la rue de l’Église. Ces rues coïncident avec le quartier où vivait mon aïeul... Enfin, certains disent l'avoir aperçu hors la ville, dans un lieu-dit appelé "Stromerich".

De nombreux témoignages d'honnêtes gens ont été relatés dont celui d'une ancienne maîtresse d’école à Boulay vers la fin du XVIIIe siècle :
« Une soirée, assez tard, je sortais avec ma sœur de nos écuries, et, pour rentrer chez nous, il fallait traverser la rue de la Halle. Voilà la Massue qui se présente : elle montait la rue. Ma sœur me crie : Retire-toi ! J’ai cru qu’elle voulait badiner ; mais tout à coup cette bête s’est trouvée près de moi et, en passant, s’est serrée contre mes jupons sans que je la sente. Elle était plus noire que grise et de la grosseur d’un chien dogue. C’est en 1770 que cela m’est arrivé. Depuis ma sœur l’a vue à cette même place à trois reprises différentes. M. Lefort, allant un soir chez M. de Villers et suivant la rue du Four Banal, la vit sortir du coin derrière la maison Coignard et venir au devant de lui." (Source)
D'après la légende, la Massue serait le spectre d'un ancien gouverneur de Boulay: le Capitaine Dithau. L'histoire raconte qu'il aurait accusé sa tante de sorcellerie et la fit emprisonner pour pouvoir s'emparer de tous ses biens et richesses. Le procès en sorcellerie qui en découla dura près de deux mois. La pauvre femme fut condamnée en 1635 et fut brûlée vive le 17 juillet 1635, en un lieu appelé Stromerich. Ses cendres furent jetées au vent et les biens confisqués. Le Capitaine Dithau ne put donc pas profiter des richesses de sa tante et fut ainsi condamner à errer après sa MORT, sous cette forme de Massue, en expiation de ses péchés.

Source : https://www.france-pittoresque.com/spip.php?article2897

jeudi 14 novembre 2019

#ChallengeAZ 2019 - Lecture, Lenteur et Livraison

Eloge de la lenteur aujourd'hui, où la lecture suit la livraison dans ce 12ème jour du #ChallengeAZ. Initié par Sophie Boudarel de la Gazette des Ancêtres, ce challenge est devenu un rendez-vous annuel incontournable. Il propose aux généablogueurs de rédiger, chaque jour de novembre (sauf le dimanche), un article en suivant les lettres de l'alphabet. Pour ma quatrième participation, j'ai choisi de solliciter mes abonnés Twitter dans le cadre d'un défi estival devenu rapidement un concours de mots suivi par une cinquantaine de personnes. Merci à eux ! Au final, j'ai choisi pour chaque lettre trois mots qui devront me servir pour la rédaction des mes articles...


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L’article de ce jour est dédié à tous les services d’archives ainsi qu’aux archivistes qui œuvrent chaque jour pour la conservation de notre mémoire.

En 2019, la généalogie est plus que jamais numérique. Avec la mise en ligne des documents d'archives, il est désormais possible de réaliser son arbre généalogique devant son écran d’ordinateur, que l’on soit en Bretagne ou en Moselle, en France ou au Japon. 

Désormais, avec le développement de l’indexation, remonter les générations devient un jeu d’enfant et il est possible de retracer l’ascendance d’une famille de plusieurs siècles en quelques heures. Les arbres en ligne facilitent également la tâche et il est bon de pouvoir s’inspirer du travail réalisé par d’autres. 

Mesdames et messieurs, place aujourd’hui à la généalogie instantanée ! 

Même si ces avancées ont du bon, voire du très bon, je trouve pourtant que cela enlève un peu de charme à la généalogie. Alors, serait-il de bon ton de revenir en arrière ? 

Loin de moi cette idée. Plutôt que de remettre en question ces pratiques actuelles, j’y vois un intérêt, et non des moindres : pouvoir passer plus de temps pour approfondir la vie de nos ancêtres. Dans cette dimension, les salles d’archives et bibliothèques reprennent leurs lettres de noblesse. Exit Wikipédia et Google, place aux archives notariales, à l’état-civil, aux lettres patentes, aux archives judiciaires, aux rôles de taille et de capitation, et j’en passe et des meilleurs. 

Que j’aime passer le seuil de la porte des salles de LECTURE, et en particulier, pour ma part, celle des Archives Départementales de la Moselle. La Moselle justement, si souvent critiquée pour la mise en ligne tardive des registres paroissiaux, puis maintenant de l’état civil... Le département a ses raisons, et je ne veux pas ici entrer dans un quelconque débat qui s’avérerait stérile. Arrêtons de râler et soyons reconnaissants pour la multitude des documents déjà en ligne. Songez qu’il n’y avait aucun acte ou registre numérisé en 2010… 

En salle de LECTURE, le temps semble se figer. Patiemment, je recherche les cotes des documents à commander et le président de salle est toujours là pour aiguiller le chercheur perdu. Une fois la commande passée, il faut attendre. Je feuillette quelques ouvrages ou revues à disposition, je peaufine mes notes. Et quand soudain, le bruit du chariot se fait entendre, je sais que ma LIVRAISON tant attendue arrive. 



D’un pas sûr, j’avance pour récupérer un des documents apportés par l’archiviste. L’heure du dépouillement est arrivée. J’ouvre avec précaution le carton, je sors la liasse d’actes entassés et je me pose. Un à un, je parcours chaque feuillet, à la recherche d’un nom ou d’un lieu qui pourrait se rapprocher de mes recherches... Alors oui, la généalogie a aussi besoin de LENTEUR. Prendre le temps de lire, ne pas passer à côté d’un acte ou d’un document qui pourrait être des plus utiles. 

Il est vrai qu'à mes débuts, je cherchais à remonter le plus vite possible les générations. Désormais, je suis attaché à prendre le temps de chercher toutes les informations qui pourraient m’aider à mieux comprendre la vie de mes ancêtres. Cette véritable plongée dans l’histoire et dans l’intimité de la vie de mes aïeux demande à s’attarder sur des sources des plus variées. Dans cette société du toujours plus vite, la généalogie offre pour moi des moments de respirations salutaires qui me permettent de me poser sur mes propres racines.