samedi 16 février 2019

#RDVAncestral - Marche avec un inconnu

Comme chaque troisième samedi du mois, le #RDVAncestral est l'occasion de rencontrer nos ancêtres que ce soit dans des circonstances heureuses ou malheureuses. Pour ce trentième numéro, je vous propose de cheminer avec moi, à la rencontre d'une personne particulière...

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Ce jour est un jour de février comme les autres, du moins, ni trop chaud, ni trop froid. J’habite sur cette terre bretonne depuis presque quinze ans maintenant et je n’arrive pas encore à m’habituer à ses hivers où le froid, le vrai, n’arrive pas à prendre ses quartiers. Qu’ils sont loin ces jours de neige et de froid où le thermomètre descend allègrement sous le zéro degré en plein après-midi ! Je regrette presque ma Moselle natale, terre de mes ancêtres… Enfin… la Bretagne a bien d’autres qualités qui me font rester ici, et c’est bien plus que le cidre et les galettes !

Je travaille en ce moment sur un dossier qui me prend beaucoup de temps et d’énergie et me demande à surpasser mon esprit créatif. Se concentrer, réfléchir, noter, barrer, se reconcentrer, imaginer… Bref, j’ai besoin de faire des pauses et de penser à autre chose, ne serait-ce que l’espace d’un instant. Pour cela, j’ai pris l’habitude de faire le vide, debout, devant la fenêtre de mon bureau. Je contemple alors le jardin et l’immense châtaignier qui se dresse au milieu de la prairie, admirant la beauté de ce que la nature peut nous offrir. Pourtant, ce matin de février, ce tableau vivant prend des couleurs et des traits qui suscitent en moi un sentiment tout particulier. Comme attiré par l’extérieur, je décide de m’octroyer une pause bien méritée pour poursuivre mes réflexions en cheminant au milieu des prés et des champs.

Écharpe au cou et bonnet sur la tête, je marche d’un pas léger et lent. La campagne est silencieuse et les oiseaux se font rares en cette saison. Sans doute attendent-ils des moments plus propices pour se lancer dans les premières notes du concerto du printemps. Pourtant, ces paysages me laissent plutôt dans la tête des airs de Moldau qui me transportent, bien au-delà de mes émotions.

Je marche depuis plusieurs minutes quand j’aperçois, au loin, un homme qui faisait de même, sur une route qui rejoignait la mienne. Les rencontres de promeneurs sont plutôt rares en cette saison me dis-je intérieurement. Nos pas se rejoignent enfin à la croisée des chemins et nous nous saluons. C’est la première fois que je vois cet homme, pourtant, j’ai l’impression de le connaître. D’une voie posée, il se propose de m’accompagner pendant un moment, ce que j’accepte volontiers.

Très vite, nous commençons à bavarder de la pluie et du beau temps et de tous ces sujets qui font généralement le commencement de toute conversation. Curieux d’en savoir plus sur mon compagnon de route, je lui demande si cela fait longtemps qu’il réside ici :
"- Et bien pour ainsi dire non. Je ne suis pas originaire de la région, me répond-il.
- Vous savez, moi non plus. Sans être indiscret, d’où venez-vous ?
- Je suis originaire de l’est de la France, d’un village situé non loin de Thionville. "
A ces mots, je me tourne vers lui, et je m’arrête. Je lui explique que je suis également originaire de la Moselle. Quelle coïncidence ! Tout aussi surpris que moi, du moins il me semble, il m’explique qu’il est né à Yutz et qu’il a vécu à Schell. Comment ? Schell ? Mon étonnement est à son comble car Schell est le village d’une partie de mes ancêtres. L’évocation de ces lieux m’amène alors à parler de généalogie et d’histoire familiale.
"- Tous ces sujets m’intéressent aussi, tout comme vous. Je suis issu d’une grande famille et mon père s’est marié par deux fois. Pourtant, avec mes demi-frères et sœurs, nous avons toujours réussi à nous entendre. Par contre, je ne sais malheureusement que très peu de choses sur mes grands-parents, excepté qu’ils vivaient plutôt modestement.
- Mes ancêtres étaient aussi des gens modestes
- Enfin, nous avons tout de même réussi à trouver notre place, et je suis optimiste malgré la morosité ambiante que nous vivons en France depuis plusieurs années !
- Oui, c’est clair.
- Vous voyez, j’ai tout de même réussi à être maire pendant quelques mandats, certes, dans une petite commune, mais il s'agit d'une grande responsabilité !
- Très certainement ! Et maintenant, que faites-vous ici ?
- Je suis de passage, en voyage, et je suis heureux de découvrir un endroit que je ne connaissais pas ! La campagne est belle par ici !"
A ces derniers mots, je me rends compte à quel point il a raison. Ces lieux sont si beaux et apaisants! En silence, nous continuons notre marche. Les champs laissent la place à une portion boisée qui s'ouvre ensuite vers un paysage de prairies et de bocage. Peu à peu, la brume se fend, laissant passer quelques rayons du soleil. Mon compagnon de route semble ému par ce spectacle, et cela me touche.

Pourtant, notre heureuse rencontre devait se terminer. Arrivé à un carrefour, nous devons prendre chacun une direction opposée et nous nous saluons chaleureusement :
"- Je vous remercie pour ce bout de chemin très agréable. En tout cas, je garderai un bon souvenir de mon court voyage en Bretagne !
- Merci à vous également. Je suis heureux d’avoir pu discuter avec un compatriote mosellan ! A bientôt peut-être !
- Sans nul doute ! A bientôt !"
Enchanté par cette conversation plutôt inattendue, je repars le cœur en joie et plein d’entrain.

Soudain, après quelques minutes, sans que je puisse prendre le temps de me retourner, je l’entends crier au loin :
« Et au fait, je ne me suis pas présenté ! Je m’appelle Jean COQUARD et je suis heureux d’avoir fait votre connaissance mon enfant ! » 
Bon sang ! Jean COQUARD, mon ancêtre à la 7ème génération !

Je me retourne mais trop tard, le voilà disparu !

Finalement, ce jour est un jour de février pas comme les autres, où j’ai pu déambuler et discuter, sans le savoir, avec l’un de mes ancêtres…

vendredi 8 février 2019

#Projet3Mois - Comment Louis-Joseph WALENTIN a tiré le mauvais numéro lors de la conscription... (Saison 2, Episode 2)

Mes recherches entamées dans le cadre de mon #Projet3Mois se sont poursuivies ces dernières semaines. Dans ce deuxième épisode, j'ai essayé de reconstituer un moment marquant de la vie de Louis-Joseph WALENTIN : la conscription. En effet, en juin 1807, alors qu'il n'avait pas encore 19 ans, il dut malheureusement quitter sa famille pour partir combattre dans les troupes de l'Empereur. Il y restera plus de quatre ans. 

Voyons comment, à partir des documents d'archives, de publications et d'études historiques, j'ai pu reconstituer les semaines de l'année 1807 qui ont bouleversé la jeune existence de Louis-Joseph.


La conscription : les bases du recrutement militaire de l’an VI à 1814

La conscription est apparue par la loi du 19 fructidor de l’An VI, également appelée « Loi Jourdan-Delbrel », qui restera en vigueur jusqu’en 1814 (Pigeard, 1997). Le principe de la loi est simple : « Tout Français est soldat et se doit à la défense de la patrie ». Ainsi, tous les jeunes de 20 à 25 ans doivent être inscrits sur les registres communaux. Ils sont ensuite répartis en 5 classes et chaque année, une ou plusieurs classes sont appelées en fonction des besoins militaires.

Les levées sont commandées par un organisme central annexé au Ministère de la Guerre. Un sénatus-consulte arrête ensuite le contingent national et un décret impérial fixe la date de la levée. Les effectifs sont ensuite répartis par département. A son tour, le préfet répartit les effectifs par arrondissement et ce sont les sous-préfets qui chiffrent les contingents par canton.

La levée des conscrits de 1808 en Moselle 


Depuis octobre 1806, la France fait face à une coalition formée par le Royaume-Uni, la Russie, la Suède et la Prusse. Pourtant, malgré ses victoires en Prusse, Napoléon subit de lourdes pertes et la bataille d’Eylau, le 8 février 1807, fut une véritable boucherie. L’Empereur fait donc lever la classe 1808 dès le mois d’avril 1807 et demande 80 000 hommes. Les jeunes partiront donc avec plus de 20 mois d’avance sur l’âge légal.

Le département de la Moselle doit fournir 848 conscrits dont 636 pour l’active. C’est le préfet Vaublanc qui est en charge des opérations (Kappaun, 1987).


La faute à pas de chance… ou comment tout est une question de statistiques

En 1807, Louis-Joseph vit avec sa mère, Catherine VALENTIN, et son beau-père, Jacques REGULIER dans la commune des Étangs, située dans le canton de Vigy. Le chef-lieu est à environ 10 km de routes et chemins du domicile de la Louis-Joseph.

Les Etangs, Lüe et Vigy (Fond de carte : Carte d'Etat-Major - IGN - Géoportail)

Comme dans chaque commune, le maire des Étangs doit réaliser la liste alphabétique des jeunes selon un cadre fourni par le préfet. Étant donnée la taille relativement modeste de la commune, la liste des conscrits ne devait pas être très longue.

D’après les données démographiques historiques, la population de la commune des Étangs devait être d’environ 450 personnes en 1807 (Source). Je me suis demandé quel était le nombre de jeunes hommes de la classe 1808 et résidant dans la commune. Dans un premier temps, on peut considérer les naissances de 1788. Les registres paroissiaux nous indiquent quatre garçons pour cette année.

D'une autre façon, je me suis intéressé aux statistiques démographiques du début du 19ème siècle en Moselle. En 1807, on peut estimer que la population de la Moselle était d’environ 390 000 personnes (source Wikipédia) et celle du canton de Vigy était d’environ 10 000 habitants (Source: Kappaun, 1987).

Si je ne vous ai pas perdu, continuons encore avec quelques statistiques. Dans le tableau suivant, j’ai essayé d’évaluer, au regard des informations en ma possession, quel était, statistiquement, le nombre probable de conscrits venant du canton de Vigy, puis de la commune des Étangs. Je me suis basé sur les chiffres statistiques du Préfet Colchen qui donnait pour l’An 9, une population estimée de 4000 personnes de 20 ans (dont environ 2000 hommes) pour une population de 339 171 habitants. Cela signifie que les hommes de 20 ans représentent environ 0,6% de la population totale.


Ma méthode de calcul donne des résultats proches des chiffres réels des conscrits du canton de Vigy pour l'année 1812, avec un contingent légèrement plus important (25 conscrits).


A partir de ces quelques chiffres, on voit que les conscrits de la commune des Étangs devait se compter sur les doigts d'une main. En définitive, Louis-Joseph avait une "chance" sur trois de tirer le mauvais numéro...


Le tirage au sort et son cérémonial 


Huit jours avant le tirage au sort, et en plus des affiches et publications, les jeunes conscrits reçoivent du maire une convocation personnelle pour se rendre dans le chef-lieu de canton. Le jour J, les jeunes gens sont présentés au sous-préfet en présence des maires, de la maréchaussée et du capitaine de recrutement. Pour le canton de Vigy, ils devaient donc être une soixantaine de jeunes hommes.

Source : https://www.napoleon-histoire.com/volontaires-et-conscrits-sous-la-revolution-et-lempire/

Le tirage est réalisé au moyen de bulletins imprimés sur lesquels sont portés des numéros allant de 1 jusqu'au nombre de conscrits. Ces bulletins sont mélangés dans une urne de forme ronde et en verre blanc, visible de tous (Dumas, 1811). Ainsi, chaque conscrit est appelé pour tirer un bulletin, et plus le nombre est petit, plus le risque est grand de devoir marcher et entrer dans l’armée.

Après le tirage au sort, les conscrits sont appelés pour un examen : taille, observations physiques, infirmités… En cas de taille inférieure à 1,49 m ou de handicap physique, il sera réformé.

Finalement, dans ce jeu du hasard, Louis-Joseph n’aura pas eu de chance et sa taille de 1,65 ne l'empêchera pas de partir...


Les seules solutions : déserter, ou payer pour se faire remplacer 


A ce stade, il n’existe plus beaucoup de solutions pour Louis-Joseph pour ne pas partir. Soit il décide de déserter (à ses risques et périls), soit il trouve un moyen de se faire remplacer.

Il existe un délai de cinq jours après les opérations de tirage au sort, pour que le conscrit puisse substituer le nom d’un réserviste au sien du même canton et de la même classe (Source). D’après Kappaun, le remplacement était en moyenne de 100 francs, parfois beaucoup plus. D’autres sources mentionnent des montants de plus de 2000 à 6000 francs…

On sait qu’au début du 19ème siècle, en Moselle, le salaire moyen d’un journalier, en campagne était de 1,12 francs (Colchen, 1802). 100 francs équivalaient donc à 90 jours de travail pour un manœuvre comme Louis-Joseph. Cela était considérable (et encore, ce n’est que le tarif le plus faible que j’ai relevé).

L’affectation aux unités et le départ. 


Après ces délais, l’officier de recrutement de l’arrondissement affecte les jeunes gens à des unités précises. Ils sont ainsi convoqués au chef-lieu du département. A Metz, les conscrits sont cantonnés au Couvent des Carmélites avant d’être acheminés vers les dépôts d’unités.

Finalement, Louis-Joseph sera affecté au 13ème régiment d’infanterie légère, tout comme près de 150 jeunes mosellans de cette levée de 1808. Il partira le 5 juin vers Ostende.


Dans le prochain épisode, je m'attarderai un peu plus sur les 150 conscrits partis en juin 1807 dans le 13ème régiment d'infanterie légère, pour continuer dans les statistiques... Quelle était leur taille moyenne ? leurs métiers ? la couleur de leurs cheveux... ?

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Sources :


COLCHEN Jean-Victor, 1802. Mémoire statistique du département de la Moselle : adressé au ministre de l'Intérieur, d'après ses instructions. Impr. de la République (Paris), 196p.[En ligne

DUMAS, Mathieu, 1811. Instruction générale sur la conscription. F. Didot (Paris) 531p. [Enligne

KAPPAUN Bernard, 1987. La conscription en Moselle sous le 1er Empire. In : Les Cahiers Lorrains, 1987, N°2, pp. 181-201. Société d'histoire et d'archéologie de la Lorraine. [En ligne 

PIGEARD Alain, 1997. La loi Jourdan-Delbrel du 19 fructidor an VI : application et évolution en France du 5 septembre 1798 au 4 juin 1814. Thèse soutenue sous la direction de Jean Bart. Université de Bourgogne. 437p.

STREIFF Jean-Paul, 2017.  L'impôt du sang : la circonscription dans le département de la Meuse (1800-1815) - Projet Empreinte militaire en Lorraine [En ligne].

VIARD Paul, 1924. Études sur la conscription militaire napoléonienne. La désignation des « conscrits appelés à marcher » de 1800 à 1813 dans le département du Nord. In: Revue du Nord, tome 10, n°39, août 1924. pp. 169-197. [En ligne]

Archives départementales de la Moselle :

  • Affectation et contrôles de départ.  Infanterie légère (9e/24e régiments). Archives départementales de la Moselle, 2R8.
  • Registres de la paroisse des Étangs - BMS (1779-1789). Archives départementales de la Moselle 9NUM/203ED1E3 [En ligne]


 

dimanche 3 février 2019

Justice de paix et tribunaux cantonaux aux archives départementales de la Moselle

Costume des Juges de Paix (1796) (1)
Le numéro 240 de la Revue Française de Généalogie nous invite à découvrir les archives des justices de paix grâce à un excellent article de Jérôme Malhache. Créées sous la Révolution française, et inspirées des justices seigneuriales, elles ont été voulues comme une justice de proximité, capable de résoudre les litiges de la vie quotidienne par des démarches de conciliation. Elles concernent par exemple les petites affaires personnelles ou mobilières, les levées ou maintien de scellées, les affaires de famille, les conflits entre locataires et propriétaires… 

En Moselle, et comme dans de nombreux domaines, cette justice de proximité a été impactée par les changements qui ont marqué l’histoire du territoire, de 1870 à 1945. Ainsi, les justices de paix ont progressivement été remplacées par des tribunaux de baillage, après l’annexion de 1871, sans être complètement rétablis après le retour à la France en 1919. Voyons les particularismes mosellans et les conséquences sur les fonds déposés aux archives départementales.


Les fonds des justices de paix de la période révolutionnaire (1791-An XI)


Les archives de la série L des archives départementales de la Moselle ont été entièrement détruites en 1944. Une série 2L a été reconstituée ensuite dès 1945 à partir de réintégration de documents conservés dans les greffes, des mairies et grâce à des achats et des dons. Ce fut le cas pour les fonds des justices de paix de la période de 1791 à l’an XI qui sont cotés de 2L85 à 2L191. Ils concernent notamment les cantons (actuels ou anciens) de :
  • Ars-sur-Moselle (Justices de Gorze et Rozerieulles)
  • Boulay (Justices de Boulay et Ottonville)
  • Bouzonville (Justice de Launstroff)
  • Breidenbach
  • Courcelles-Chaussy (Justices de Maizeroy et Varize)
  • Faulquemont (Justices de Faulquemont, Herny, Longeville-lès-St-Avold, Thicourt et Vatimont)
  • Forbach,
  • Metz 1
  • Metz 2 (Justices de Metz 2 et Lorry-lès-Metz)
  • Metz 3 et 4 (Justices de Metz 3 et 4 et d’Augny)
  • Metzervisse (Justices d’Inglange, Koenigsmacker et Luttange)
  • Pange (Justice de Raville)
  • Rohrbach-lès-Bitche
  • Saint-Avold,
  • Sarralbe (Justices de Sarralbe et Puttelange-aux-Lacs)
  • Sierck (lès-Bains)
  • Vigy (Justice d’Argancy)
  • Volmunster.

 

Les archives des justices de paix de la révolution à l’Annexion en 1871 



Les archives des justices de paix de l’an X à 1871 ont été versées aux archives départementales de 1933 à 1953.

Selon les cantons, les collections sont plus ou moins complètes. Comme pour de nombreux autres fonds, après l’annexion, l’application de la réglementation allemande sur les éliminations de papiers périmés a entrainé de grandes destructions. C’est notamment le cas pour les jugements de simple police qui ont été supprimés pour presque toutes les justices de paix. On retrouvera uniquement ceux de la justice de paix de Boulay, ainsi que quelques épaves des fonds de Cattenom, Château-Salins, Verny et Vigy.

Il est à noter également que les bombardements de 1870 ont détruit l’ensemble des fonds de Bitche et de Phalsbourg, ainsi que presque entièrement de ceux de Thionville.

Les fonds de justice de paix des archives départementales de la Moselle sont conservés en sous-séries de 8U à 40 U pour la période de l’an X à 1870 ou 1871. Les deux tiers possèdent des répertoires dont certains alphabétiques, mais certains ne couvrent pas l’ensemble de la période.

Après l’annexion, une période de transition : 1871-1878 


Avec l’annexion de la Moselle en 1871, le gouvernement allemand choisit, dans un premier temps, de maintenir l’organisation judiciaire française en procédant à quelques ajustements de conscriptions territoriales. Le nombre de justices de paix est ramené à 28 par le regroupement des cantons peu peuplés. Cette répartition restera comme telle jusqu’en dans les années 1878 /1879. Par contre, même si le modèle française perdure, la grande majorité des juges de paix nommés en juillet 1871 sont d’origine allemande (Roth, 2011).

Malheureusement, les fonds sont lacunaires et représentent moins d’un tiers des justices de paix en place. On les retrouve en sous-série 54U (cette sous-série englobe également les tribunaux de baillage et de canton de la période suivante).

 

Tribunaux de baillage et cantonaux pour la période 1879-1958 

 

Période de l’annexion de 1871 à 1918 


La loi du 4 novembre 1878 supprime définitivement les Justices de paix en Alsace-Moselle qui sont remplacées par des tribunaux de baillage (ou Amtsgerichte). Les affaires traitées par le juge du tribunal de baillage concernaient les affaires civiles et commerciales d’une valeur inférieure à 300 marks et sans limite de valeur dans les affaires de contestations entre propriétaires et locataires ou les contrats de travail (HIEGEL, 2004).

Les justices de paix de Thionville et Metzervisse ont été réunies en 1879 pour former le tribunal de baillage de Thionville. De la même manière, les trois justices de paix de Metz ont été réunies avec celles de Courcelles-Chaussy et Verny pour former le tribunal de baillage de Metz. Des nouveaux tribunaux de baillages sont ensuite installés à Rémilly, Rombas, Hayange, Audun-le-Tiche et Morhange.

De 1919 à 1958


Lors du retour à la France de l’Alsace et de la Moselle, un décret du 6 décembre 1918 maintient les tribunaux de baillage sans toucher à leurs ressorts. La loi du 25 juillet 1923 réorganisa la justice dans les trois départements recouvrés mais sans revenir totalement au système français. Ainsi, les tribunaux de baillage furent maintenus sous la dénomination de tribunaux cantonaux.

Lors de l’annexion par le troisième Reich entre 1940 et 1944, les tribunaux de baillages furent rétablis avant d’être à nouveau remplacés par les tribunaux cantonaux à la libération, et cela jusqu’à la réforme de 1958 qui supprima les justices de paix.

Les fonds déposés aux archives départementales de la Moselle pour la période de 1871 à 1958 ne sont pas complets et ne concernent que moins d’un tiers des tribunaux cantonaux. On les retrouve également en sous-série 54U. 


Compléments et guides de recherche


La tableau suivant synthétise l'ensemble des fonds disponibles aux archives départementales de la Moselle concernant les justices de paix et tribunaux de baillage et cantonaux pour la période allant de 1791 à 1958.

Fonds des archives des justices de paix et des tribunaux de baillage et cantonaux aux archives départementales de la Moselle (© Sébastien Dellinger - 2019).

Les inventaires des archives des justices de paix tribunaux cantonaux pour la période de l’an X à 1958 sont en ligne en cliquant sur ce lien.

Les inventaires des archives des justices de paix de la période révolutionnaire de la série 2L sont en ligne et consultables dans le document pdf en lien.

Enfin, le département de la Moselle a développé un outil cartographique permettant de visualiser les différents statuts et découpages administratifs de 1869 à 1945.


BIBLIOGRAPHIE 

HIEGEL Charles, 2004. L’organisation judiciaire en Moselle de 1871 à 1940. Archives départementales de la Moselle. 10p.

MALHACHE Jérôme, 2019. La justice de Paix. La Revue Française de Généalogie, n°240, février-mars 2019, pp 26-33.

ROTH François, 2011. La Lorraine annexée 1871-1918. Editions Serpenoises. Metz, 749p.

samedi 19 janvier 2019

#RDVAncestral - Pour exhausser son vœu le plus cher...

Comme chaque mois, le #RDVAncestral permet de partir à la rencontre de ses ancêtres. C'est l'occasion de vivre des moments importants de leur vie ou de participer à leur quotidien. Aujourd'hui, j'ai exploré un scénario différent des précédents, puisque ma rencontre se place dans une période plutôt récente...




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Vendredi 18 janvier 2019. Fatigué de ma longue journée de travail, je suis confortablement assis dans mon fauteuil placé à côté de la cheminée ; vous savez, ces grandes cheminées en pierre, surmontées d'un linteau en granite et qui font le charme des maisons bretonnes. Bien installé, je me laisse à rêver... Cette douce chaleur du foyer et le crépitement des flammes me rappellent cette si belle soirée que j'avais passée auprès de la famille de Charles DANY dans l'un de mes tous premiers rendez-vous ancestraux. Peu à peu je m'assoupis...

Les yeux clos, j'entends soudain une voix qui m'interpelle. Je sursaute.

"- Eh ! Vous ! Que faites-vous ! Vous êtes en train de vous reposer ! Vous n'avez pas autre chose à faire!"

Je me relève du fauteuil dans lequel j'étais assis. Pourtant, plus de flammes, plus de cheminée bretonne. Me voilà transporté dans un autre lieu, et sans doute un autre temps, prêt pour un nouveau #RDVAncestral.

Observant rapidement la pièce où je me trouve, je n'ai aucune difficulté à reconnaître une chambre d'hôpital. Chose étonnante, je suis vêtu d'une blouse. Visiblement agacé par mon manque d'initiative, l'homme qui m'avait interpellé vient vers moi:

"- Vous êtes nouveau ici ? Sachez qu'il n'y a pas de place ici pour les paresseux ! Retournez à votre poste et que je ne vous reprenne plus !"

Cet homme doit être médecin et il doit me prendre pour un infirmier ou un aide-soignant. Peu habitué à être rabroué de la sorte, je reste sans voix pendant quelques instants. Me scrutant une dernière fois, il quitte enfin la pièce me laissant reprendre mes esprits. Comme à l'accoutumé, je ne sais qui je dois rencontrer. Le #RDVAncestral a pour principe de laisser son principal protagoniste dans le flou le plus complet. A lui de comprendre la situation et de se laisser porter au gré des événements et des rencontres...



Suivant donc mon instinct, je sors de la chambre et me dirige vers le couloir. Juste à ce moment-là, une infirmière passe et me demande d'aller dans la chambre n°230 pour vérifier si le patient n'a besoin de rien. Ne voulant pas revivre la situation de mon arrivée, je m'exécute aussitôt.

Chambre 230, nous y sommes. Je frappe à la porte et rentre dans la pièce. Une dame est assise à côté du lit, au chevet d'un homme d'une soixantaine d'année, visiblement très affaibli. Elle se retourne et me demande alors si elle doit quitter la chambre. C'est à ce moment que ce  #RDVAncestral bascule.

Me voilà devant à une situation inédite et totalement déroutante. Je sens rapidement les larmes me monter aux yeux. Je me rapproche alors du patient. Je le reconnais. C'est lui. Cet homme qui est alité est mon Papi et la dame assise à ses côtés est sa sœur, ma grande-tante, toujours en vie aujourd'hui.


Je ne dois pas montrer mes émotions. Je dois me ressaisir.

Ma grande-tante rassemble alors ses affaires en disant qu'elle devait de toute manière partir car son mari l'attendait en bas depuis quelques temps. Elle embrasse son frère en lui disant ces mots :

"- Prends soin de toi, je reviendrai te voir.
- Tu crois que je le verrai mon petit-fils ?
- Mais oui que tu le verras !"

Ces mots me bouleversent. Ce petit-fils qu'il veut tant voir, n'est autre que moi...


Pendant qu'elle l'embrasse à nouveau, je remarque la date du jour inscrite sur la feuille de suivi accrochée à l'avant du lit : 20 juin 1981. Il n'y a aucun doute, je suis à quelques jours de ma propre naissance et de la disparition de mon Papi.

Après le départ de ma grande-tante, je m'approche alors de mon Papi qui, malgré la douleur et son état de fatigue, se tourne vers moi et me dit :

"- Vous savez, je voudrais tant voir mon petit-fils avant de mourir. Il doit naître bientôt. J'aimerais tant avoir la force de pouvoir vivre encore un peu."

Comment le lui-dire ? Dois-je lui avouer que je suis ce petit-fils qu'il désire tant voir de ses propres yeux ? Je doute qu'il va me croire. Et puis, qu'ai-je à perdre ? Je m'en voudrai sans doute toute ma vie de ne pas lui avoir dit. C'est la seule occasion que nous avons de nous rencontrer. Je ne dois pas manquer ce moment !

"- Pierre, j'ai un aveu à vous faire. Je suis votre petit-fils, Sébastien. C'est peut-être difficile à croire, mais je viens dans ce que nous appelons le #RDVAncestral. Je suis sans doute venu ici aujourd'hui pour corriger votre vœu le plus cher et qui n'a pas pu être exhaussé. "

Son regard s'attendrit et je vois une larme couler sur sa joue. Il me croit ! Les liens du cœurs sont plus fort que la raison. La gorge nouée, je me mets à pleurer et entre deux sanglots je m'approche de lui et le prend dans mes bras: "Oh papi ! Je suis si heureux !". Nous restons un long moment l'un contre l'autre. Je suis bien. Nous sommes biens.

Sentant que mon #RDVAncestral s'achève ici, je me relève, j'embrasse Papi une dernière fois et lui dit adieu. Visiblement soulagé, il pose sa tête sur l'oreiller et ferme les paupières...

***

Les bruits de l'hôpital laissent peu à peu la place aux crépitements des flammes. J'ouvre les yeux. Je suis à nouveau assis dans mon fauteuil, heureux d'avoir pu exhausser le vœu de mon grand-père, et en espérant au plus profond de mon cœur, que cette rencontre s'est réellement déroulée...





jeudi 17 janvier 2019

#Projet3Mois - Le W de Louis-Joseph et l'apprentissage de l'écriture dans la famille VALENTIN (Saison 2, Episode 1)

Mon nouveau #Projet3Mois constitue la suite logique du précédent, puisqu’il va s’intéresser à la vie de Louis-Joseph WALENTIN, fils de Catherine VALENTIN. Depuis début décembre, j'ai pu avancer sur mes différents sujets de recherche, notamment grâce à quelques visites aux Archives Départementales de la Moselle, et à la lecture de nombreux documents, ouvrages et sites internet.
 
Dans ce premier épisode de la saison 2 consacrée à Louis-Joseph WALENTIN, je vous propose de partir à l'origine du W du patronyme V(W)ALENTIN. Et comme d'habitude, vos idées et commentaires sont toujours les bienvenus !


Retour aux origines de la famille VALENTIN et sur leur maîtrise de l'écriture

Bernard VALENTIN, père de Catherine et grand-père de Louis-Joseph était originaire du village d’Hagondange. Ces parents et grands-parents paternels étaient manœuvres et vivaient modestement, contrairement à une autre branche « VALENTIN » qui était composée de laboureurs (Ces deux branches sont sans doute liées, mais ceci est une autre histoire !). Dans ces conditions, Bernard était destiné à rester manœuvre et à vivre une existence plutôt modeste. Pourtant, la suite de son histoire démontrera qu’il saura dépasser le destin qu’il lui était tout tracé.

Le village d'Hagondange en 1755 (BNF, département Arsenal, MS-6452 (443), Gallica)

Ainsi, peu après son mariage avec Barbe GARAND, Bernard rejoint les armées du roi Louis XV pour participer en tant que soldat à la guerre de Sept Ans (j'en parle plus précisément pour mon précédent #Projet3Mois). En 1765, il revient en Lorraine et s'installe à Courcelles-Chaussy d'où est originaire son épouse. D'abord manœuvre, sa situation va évoluer à partir de 1778.

Évolution sociale et apprentissage de l'écriture chez les VALENTIN


La lecture attentive des registres paroissiaux de Courcelles-Chaussy nous permet de repérer l'évolution de carrière de Bernard VALENTIN. Ainsi, dans un acte de 1778 il est cité comme "Bedeau", puis comme "Verger". Il le restera d'ailleurs jusqu'à son départ de la paroisse, moins de 10 ans plus tard.

D’après la définition du dictionnaire de l’Académie française, le bedeau est un employé d’église qui a pour insigne une verge ou canne et pour fonction principale de marcher devant les ecclésiastiques, devant les quêteurs, etc., et de leur faire ouvrir passage (vous trouverez plus de détail sur le bedeau dans le très bon article de Maxime Tigé du blog « Les épis de Beauce »). Le terme "Verger" est ici une variante de "Bedeau".

Toujours est-il qu'avec cette évolution de situation, Bernard va apprendre à écrire, ou du moins à signer. J'ai compilé ci-dessous quelque captures de ses signatures entre 1776 et 1785. Le dernier acte où il appose une marque ordinaire date de la fin de l'année 1778. Sa première signature date de juillet 1779. Donc, son apprentissage se situe au début de l'année 1779.




Lorsque Bernard apprend à signer, ses trois enfants ont été à l'école ou sont en âge d'y aller :
  • Catherine, l'ainée, a 19 ans,
  • Joseph, a 13 ans,
  • Marie, la cadette, a 11 ans.
A cette époque, le régent d'école de Courcelles-Chaussy était Pierre de GLATIGNY.

Comment Bernard VALENTIN a-t-il appris à signer ?



Au XVIIIe siècle, le régent, ou maître d’école, est recruté par la communauté selon trois critères : la présence et l’accord du curé, leur vote des habitants, et l’approbation épiscopale (Cabourdin, 1984). Très souvent, c’est le curé qui conseille à la communauté le meilleur candidat pour ce poste et c’est seulement après la validation de l’évêché que le régent d’école prête serment.

Le grand maître d'école par Boissieu, Jean-Jacques de, 1736-1810
Bibliothèque municipale de Lyon (F18BOI001451)

Comme le signale Michel LECOMTE du Cercle Généalogique de pays messin, dans un exemple de contrat de maître d'école, (cf ce Lien), les contrats d’embauche ne laissent rien au hasard et tout est scrupuleusement décrit pour les deux parties avec un extrême souci du détail : rémunération en argent et en nature, exemption d’impôts, obligations d’éducation et d’apprentissage de la lecture aux enfants, obligations liées à ses fonctions au sein de l’église...

Le plus souvent, le régent d’école est également chantre et marguillier. Ainsi, il travaille en étroite « collaboration » avec le bedeau dans le cadre de ses fonctions au sein de l’église. De ce fait, il ne fait aucun doute que Bernard VALENTIN devait côtoyer Pierre de GLATIGNY régent d’école. C’est ainsi que ses enfants ont pu bénéficier d’une instruction scolaire et que, par conséquent, il a pu apprendre à signer. Je ne sais cependant pas si c'est Pierre de GLATIGNY qui lui a enseigné les rudiment de l'écriture, ou bien l'un de ses enfants.

Enfin, pour aller plus loin, et d’après l’ouvrage de Guy Cabourdin, les maîtres d’école n’apprennent à écrire qu’aux enfants dont les parents en ont manifesté le désir (et qui en ont la capacité). Encore une marque possible de la volonté de Bernard de vouloir donner le meilleur à ses enfants.


L'apprentissage de l'écriture chez les enfants VALENTIN


Les trois enfants qui ont vécu jusqu'à l'âge adulte ont appris à écrire, ou du moins à signer. La comparaison des trois signatures (ci-dessous) montre néanmoins que l'une d'entre-elles se détache du lot : c'est celle de Joseph VALENTIN. Sûre de lui, il montre une très bonne maîtrise du geste.

Cependant, un élément ne vous aura peut-être pas échappé : il signe WALENTIN et non VALENTIN. 



J'ai retrouvé cette signature dans l'acte de baptême de Louis-Joseph WALENTIN dont Joseph est le parrain. Ça y est, nous y arrivons !

Le W de Joseph à Louis-Joseph

L'apparition du W dans le patronyme est donc du fait de Joseph V(W)ALENTIN, fils de Bernard, qui a sans doute voulu se démarquer et s'affirmer vis-à-vis de sa famille, éventuellement incité par son régent d'école. C'est une possibilité.

Une question se pose néanmoins : pourquoi et comment mon aïeul, Louis-Joseph WALENTIN, a t'il lui aussi orthographié son nom de la sorte, alors que sa mère a conservé le V ?

Mon hypothèse est tout simplement que Joseph WALENTIN, devenu à son tour régent d'école, a été le professeur de son filleul. En lui apprenant à écrire, il lui aurait également incité à orthographier son nom avec un W. Sans être un spécialiste de la graphologie, je trouve qu'il existe des similitudes dans l'écriture de Louis-Joseph et de son parrain.

  


Joseph WALENTIN n'aura aucun enfant lors de ses deux mariages (tout comme sa sœur, Marie VALENTIN). Ainsi, son patronyme en W, qui était destiné à ne pas perdurer, va traverser les génération et arriver jusqu'à nous.

Le W de 1788 à aujourd'hui

Prenons comme point de départ la génération de Joseph WALENTIN et de sa sœur Catherine. Louis-Joseph est donc la 2ème génération des WALENTIN.

A la troisième génération (celle des enfants de Louis-Joseph), on compte 8 WALENTIN, dont Jean Jacques Hubert, mon ancêtre qui finira sa vie à l'asile de Maréville (54). La suite est présentée dans cette infographie, réalisée sous forme de carte mentale. J'ai voulu ici synthétiser les différents VALENTIN/WALENTIN au fil des générations. Les WALENTIN apparaissent en vert et les VALENTIN en bleu. 

(Pour information, cette carte mentale a été réalisée avec la version de test de I MindMap 11).

Les WALENTIN du XVIIIè siècle à aujourd'hui (branches descendantes partielles de Bernard VALENTIN).
Vous remarquerez que les WALENTIN n'ont pas tant "prospéré" que cela. Cela s'explique par les branches féminines d'une part, mais également par les nombreux célibataires et mariages laissés sans descendance.

La branche WALENTIN qui conduit à moi s'arrête avec Anna WALENTIN, mon arrière-grand-mère.

Aujourd'hui, il existe toujours des WALENTIN dans le secteur de Vry. Il s'agit sans doute de cousins éloignés mais que je n'arrive pas pour l'instant à raccrocher à cet arbre.

Vous aurez peut-être remarqué que dans les dernières générations, le V réapparait. C'est le cas d'un certain nombre de frères et sœurs de mon arrière-grand-mère qui ont corrigé leur nom pour revenir à la forme initiale VALENTIN. Pourquoi ? S'agissait-il de gommer ce W qui paraissait sans doute plus allemand que français ? C'est fort possible car la légende familiale disait que le W était apparu pendant l'annexion en 1871 et qu'il s'agissait d'une forme germanisée de VALENTIN... Comme quoi, après quelques recherches, la généalogie est capable de tordre le coup à des idées reçues et vieilles croyances familiales bien ancrées !


Dans le prochain épisode, nous partirons en conscription avec Louis-Joseph WALENTIN ! 


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Sources


CABOURDIN Guy, 1984. La vie quotidienne en Lorraine aux XVIIe et XVIIIe siècles. Paris. Ed. Hachette. 319p.

BONTEMPS Daniel, 1993. Au temps de la soupe au lard, la vie traditionnelle d’autrefois en Lorraine. Metz. Editions Serpenoise. 490p.

Archives départementales de la Moselle

  • Registres paroissiaux de Courcelles Chaussy. BMS 1766-1793, 9NUM/5E111/3 (En ligne)
  • Registres paroissiaux de Hayes.  BMS 1761-1790,9NUM/312ED1E3 (En ligne)
  • Archives de l'étude de Boulay I, maître FLOSSE. Minutes de l'année 1825 (307 U 22)
Les infographies ont été réalisées sur Canva et avec l'aide du logiciel I MindMap 11.