samedi 15 décembre 2018

#RDVAncestral - Pourvu qu'il ne soit pas trop tard...

Depuis un mois, j'attends patiemment le prochain #RDVAncestral. Il faut dire que ma rencontre avec Oswalt RICHARD s'était très bien passée et j'avais beaucoup apprécié notre discussion. Mais là, je suis dans l'inconnu. Pensez-donc ! Une heure que je marche sur ce chemin de terre et de cailloux ! Je ne sais d'ailleurs ni où je suis et quand. La seule chose que crois devoir faire c'est d'avancer et de mettre un pied devant l'autre...

Bon, voyons Sébastien ! Je dois arrêter de grommeler ! J'ai connu des situations plus difficiles. Et puis, finalement, le fond de l'air est plutôt doux en cette fin de journée et je devrais profiter de cette promenade bucolique. Je continue donc de marcher, mais pourtant, au fond de moi, j'ai un mauvais pressentiment.

Enfin, j’aperçois un village. Au fur et à mesure que j'avance, je distingue au bord du chemin la silhouette d'un homme, debout contre un arbre. Il porte un long manteau de toile et sa tête est recouverte d'une capuche. Étrange accoutrement pour cette période de l'année me dis-je intérieurement. Avec sa main droite, il fait sauter une pièce de monnaie qu'il rattrape aussitôt. Il attend. Il m'attend.

J'arrive à dix mètres de lui quand il m'adresse la parole :
"Dépêchez vous cher ami, nous allons être en retard!".
A ces mots, je sursaute. J'essaie de distinguer son profil mais le soleil couchant m'empêche de percevoir les traits de son visage. Pourtant, cette voix m'est presque familière. Je me dirige alors vers lui et il enlève sa capuche.
" - Hubert, vous ici ?
- Et oui mon cher Sébastien ! Nous nous retrouvons encore une fois ! Cela fait bien longtemps que nous ne nous sommes pas croisés  !"
Sa présence ici ne doit rien au hasard. J'imagine que la personne que je dois rencontrer aujourd'hui est de la famille VALENTIN. Trop impatient de savoir l'objet de mon #RDVAncestral, je l'interroge :
"- Hubert, qui devons-nous rencontrer aujourd'hui ? Et quel jour sommes-nous ?
- Voyons... il réfléchit. Nous sommes aujourd'hui le lundi 11 mai de l'année 1812.
- 11 mai 1812, vous en êtes certains ?"
Mes pensées cherchent une lieu, une personne... 11 mai, la veille du 12... Mais...
"- Oh ! Mon Dieu !
- Comme vous le dites mon cher ami. Nous devons nous dépêcher avant qu'il ne soit trop tard."
A ces mots, nous nous mettons en marche sans vraiment connaître l'endroit exact où nous devions aller. Nous approchons d'Hémilly, une commune située entre Metz et St-Avold. C'est un village typiquement lorrain structuré en deux rangées de maisons le long de la rue principale. Au milieu, se dresse l'église.

Arrivé à la première bâtisse, Hubert frappe à la porte et entre directement. Je suis un peu gêné par son impertinence, mais bon, nous sommes pressés. Une vielle dame vient alors à sa rencontre et nous demande ce que nous venons faire ici. Hubert prend aussitôt la parole :
"- Bonsoir madame, excusez-nous de notre entrée mais nous cherchons la maison de l'instituteur, nous devons y aller et c'est très urgent."
A ces mots, elle semble comprendre et nous donne les quelques explications nécessaires :
"- Vous trouverez sa maison à droite de l'église, je crois savoir que notre Curé y est allé après l'angélus.
- Nous vous remercions. Passez une bonne soirée."
Nous reprenons notre chemin en direction de la maison qu'elle nous a décrite. Hubert presse le pas et j'ai du mal à le suivre. Plus d'une heure que je marche tout de même !

Ça y est, nous y sommes. J'essaie tant bien que mal de reprendre mon souffle.

Nous frappons à la porte. Une dame nous ouvre, nous accueille et nous demande de faire silence.

Nous pénétrons dans la pièce principale de la maison qui fait office de cuisine et de chambre. Au milieu, la table est recouverte d’un linge blanc sur lequel est posé un crucifix, deux bougies sur leurs chandeliers, un ciboire, un vase rempli d'huile et une assiette dans laquelle sont placés plusieurs morceaux de laines et de tissus. Plusieurs personnes sont présentes et se tiennent agenouillées.

Dans le lit, un vieillard est couché et semble très affaibli. Seul debout, le curé réalise ce que je devine être les derniers sacrements. Les émotions me submergent et j'ai du mal à reprendre ma respiration. J'essaie de me calmer.

Un des hommes nous demande de nous approcher et de nous agenouiller également.

L'extrême-onction, Pietro Antonio Novelli, 1779. Domaine public.

Au bout de quelques minutes, un enfant de chœur apporte au prêtre le vase d'huile qui était posé sur la table. D'un pas lent, ce dernier avance à nouveau vers le vieil homme puis trempe son pouce droit dans le récipient avant de l'apposer sur l’œil droit, paupière fermée, en réalisant le signe de croix. D'une voix basse il dicte ses mots :
« Per istam sanctam unctionem, et suam piissimam misericordiam, indulgeat tibi Dominus, quidquid per visum deliquisti ».
Le vieil homme ouvre alors sa bouche et répond difficilement par un « Amen » .

S’ensuit alors l’onction de l’œil gauche, des oreilles, des narines, de la bouche, des mains puis enfin des pieds. Le rituel terminé, le prêtre frotte son pouce sur un morceau de mie de pain, se rince avec de l’eau puis s’essuie à l'aide d'une serviette blanche.

Très rapidement, et sentant sans doute la fin arriver, il se rend vers la table. Il réalise une génuflexion et découvre le Ciboire pour y prendre l’hostie qu’il tient légèrement surélevé au-dessus de la coupe. Il s’approche du mourant et lui montre en disant : « Ecce Agnus Dei, ecce qui tollit peccata mundi… ».

A cet instant, une grande émotion m’envahit à nouveau. C’est la première fois que j’assiste aux derniers sacrements d'un homme. J'éprouve alors une profonde tristesse et je sens une larme couler sur ma joue. Ce sont les derniers instants d’une vie… Et quelle vie !

Lui qui n’était que manœuvre, il est parti combattre dans l’armée du Roi Louis XV pendant la guerre de Sept Ans, avec femme et enfants. Et puis, de retour en son pays, avec force et courage, il a voulu s'extraire d'un destin qui lui était tout tracé. Apprendre à lire, se faire respecter par la communauté… Après quelques années, il part de son village pour s’installer à Lüe et devenir le Garde du château et de ses terres. Pendant la Révolution française il deviendra Garde Champêtre. Beau parcours pour un homme qui devait rester manœuvre ! Mais aujourd’hui, je suis devant un vieillard, amaigri et souffrant des épreuves que la vie ne lui a pas épargnées. Sans le sou, il était devenu mendiant, sans doute trop fier pour accepter d’être hébergé par son fils. Pourtant, c’est bien chez lui qu'il vit ses derniers instants. Il ne pouvait plus refuser. Mon cher Bernard VALENTIN, j’aurais tant voulu vous croiser à un autre moment de votre vie !

A cet instant, je relève ma tête et rouvre mes yeux. Je vois le prêtre lui remettre l’hostie qu’il avale difficilement. Son fils, Joseph, lui soutient la tête pour qu’il puisse recevoir le Saint-Viatique.

Je me tourne alors vers Hubert agenouillé à côté de moi et je perçois également sa grande émotion et l'immense chagrin qu'il ressent. Il assiste aux derniers instants de son arrière-grand-père qu'il n'a jamais connu.

Les sacrements terminés, le prêtre s'assied à côté du lit. Nous restons tout autour de lui. Nous veillons.

La nuit est maintenant tombée depuis plusieurs heures et seuls les flammes vacillantes des bougies apportent quelques lueurs dans ces instants si sombres.

Le temps s'écoule, lentement, très lentement. J'ai l'impression que cette veillée dure un éternité mais pourtant, je ne souhaite pas qu'elle se termine car cela signifierait que tout est fini.

La nuit avance. La respiration de Bernard se fait de plus en plus lente et profonde. Une tension silencieuse remplit la pièce. J'ai la gorge nouée. Mon cœur bat de plus en plus fort à mesure que le sien peine à continuer.

Et puis vers une heure et demie du matin, Bernard pousse son dernier soupir.

C'est terminé.

Hubert, visiblement éprouvé, sort de la maison et me demande de le suivre.

Nous marchons quelques mètres. Le ciel est couvert d'étoiles et nous plonge dans l'immensité des mystères de la vie et de la mort. Après plusieurs minutes, et reprenant ses esprits, Hubert me dit:
"- Je crois que notre rendez-vous ancestral se termine ici.
- Oui je le crois... Hubert, je vous remercie de m'avoir accompagné dans ce moment si triste. C'est la première fois que j'assiste aux derniers instants d'un homme. J'en suis bouleversé."
Hubert me sourit et me prend dans ses bras. Ne pouvant plus retenir mon chagrin, je fonds en larmes.

Ce rendez-vous ancestral touche à sa fin et nous devons nous quitter. Je remercie encore Hubert et le salue en espérant le revoir dans un moment plus joyeux.

*****************
Sources :

  • Le rituel des derniers sacrements que j'ai décrit est inspiré des éléments décrits dans le Rituel de Saint-Diez (Vosges) qui devait être très proche de ce qui était pratiqué en Moselle. Lien.
  • L'extrême-onction dans l'ancien temps. Article du blog "Garrigues et sentiers" paru le 1er novembre 2012. Lien
  • Acte de décès de Bernard VALENTIN. Archives départementales de la Moselle. Paroisse de Hémilly. 5 MI318 /1 (NMD 1793-an VII, an II-1892).

mardi 11 décembre 2018

Inkarnate, un outil pertinent pour la généalogie ?

Dans un récent tweet, Marie de la Forêt de Briqueloup nous faisait découvrir Inkarnate, un outil de création de cartes pour des romans de fantasy, en nous questionnant sur la possibilité d'utiliser cette solution pour la création de cartes "non-fictives". Pour y répondre, j'ai voulu tester ce site internet et voir quels pouvaient être ses applications en généalogie.

Présentation d'Inkarnate

Inkarnate c'est d'abord un outil de création de cartes pour des mondes imaginaires que l'on retrouve notamment dans les romans de Fantasy (dont le plus célèbre est le Seigneur des Anneaux).



Avant toute chose, il faut créer un compte en cliquant sur "Beta Sign Up" en haut et à droite de la page d'accueil.

La prise en main est assez facile (la seule limite reste la langue anglaise pour celles et ceux qui ne maîtrisent pas la langue de Shakespeare).

Le principe de la création de carte est simple : le dessin se fait à la souris. Il faut d'abord délimiter la mer et les terres. Ensuite, il est possible de colorer le terrain grâce à une dizaine de textures différentes. On peut y ajouter également différents types d'objets (arbres, montagnes, collines, constructions, villages, ruines, tours, châteaux...). Enfin, l'outil permet d'intégrer du texte que l'on peut personnaliser (type et taille de police).


Utiliser Inkarnate pour reconstituer les lieux de nos ancêtres


J'ai voulu tester Inkarnate pour voir si ce site pouvait être utilisable dans la création de cartes non-fictives, utilisables pour illustrer nos recherches généalogiques. Pour cela, j'ai souhaité reconstituer une carte des villages de Schell et Vinsberg en utilisant la carte d'Etat-Major que l'on trouve sur le site Géoportail.

Première limite : il n'est pas possible d'importer un fond de carte et dessiner par dessus. Néanmoins, le site permet d'ajouter un quadrillage qui peut être bien utile pour recopier une autre carte. J'ai donc créer une grille sur ma carte d'état-major, en numérotant les lignes et les colonnes, grâce à excel.

  
Carte d'Etat-Major (1820-1866) - Source : Géoportail 2018

Étape 1 : Création du fond de carte avec les textures


Lorsque l'on crée une nouvelle carte, on se trouve d'abord devant un fond bleu qui représente la mer. Mon terrain étant entièrement sur la terre ferme, je dois combler tout ça !

Je vais donc sur "Sculpt tool" représenté par une petite pelle (en haut de la barre à gauche) et je me mets en mode "add" (à l'inverse le mode "substract" supprimer de la terre pour recréer des zones en eau). Je peux ensuite régler la forme de mon traçage (ici "Circle") ainsi que sa taille (ici 64). A l'aide de la souris, je colorie toute ma zone de dessin.

Écran de démarrage de la carte - Inkarnate




Comme précisé avant, je crée ensuite un quadrillage en choisissant une taille qui correspond au quadrillage de ma carte initiale. Pour mieux m'y retrouver, j'ai ajouté la numérotation des colonnes et lignes grâce à l'outil texte ("T").

Création d'un quadrillage de dessin avec l'outil "Grid" - Inkarnate

Le dessin est réalisé avec l'outil "Brush" représenté par le pinceau. Il est possible de choisir la texture de fond, la forme du traçage (ici "circle"), la taille ("size") ainsi que l'effet de flouté des bords du traçage (à savoir que la valeur 0 permet de créer des bords nets).

Pour réaliser ma carte, j'ai d'abord dessiné les différentes occupations du sol de mon terrain :
  • les terres labourables restent avec la couleur du fond de carte que j'ai choisi
  • les forêts auront un fond vert foncé
  • les prairies auront un fond vert clair.
Différentes textures proposées dans la version gratuite d'Inkarnate

J'avoue que le traçage du dessin n'est pas aisé avec la souris (sans doute serait-ce plus simple avec un stylet directement sur l'écran !).

Pour le traçage des cours d'eau, j'ai utilisé l'outil "Sculpt tool" en mode "substract" en utilisant un pinceau de très petit diamètre (8). On peut, en augmentant le diamètre, créer des étangs, lacs, mares...

Le fond de ma carte avance : forêts, prairies, cours d'eau

Le traçage des chemins est plus problématique je trouve. L'utilisation de la souris ne permet pas de créer de traits nets et on perçoit toujours les tremblements et autres problèmes de dérapage. Il est dommage que l'outil ne puisse pas permettre de dessiner des polylignes comme dans un logiciel de SIG*... (enfin bon, ce n'est pas un SIG !)



Étape 2 : Ajout des objets (végétation et constructions)


La carte semble bien vide pour l'instant. Heureusement, les objets naturels et les constructions vont améliorer tout cela !

Pour la végétation, l'outil est représenté par des sapins (barre à gauche). Dans la version gratuite, il est possible de choisir des feuillus, résineux ou des arbres morts. On peut également ajouter des montages ou collines. Dans la barre en haut, il est également possible de changer la taille de chaque objet.

L'ajout des arbres est très facile car il suffit de laisser appuyer son "clic gauche" et les arbres apparaissent comme par magie ! Tout de suite, la carte prend une autre allure !

De la même manière, j'ajoute des éléments de type "village" et constructions pour représenter les villages de Schell et Vinsberg. Pour cela, il suffit de cliquer sur le bouton en forme d'entrée de château dans la barre de gauche.

Ajout de la végétation - Inkarnate

Étape 3 : Ajout des éléments textes et finalisation de la carte

Rien de difficile pour ajouter les textes. Il suffit de cliquer sur le bouton "T" dans la barre de gauche. Comme précisé plus haut, il est possible de choisir la police et la taille.

Pour faire beau, j'ai ajouté également une rose des vents (vous la trouverez dans la banque d'objets de constructions).

Enfin, j'enlève mon quadrillage et je supprime mes numérotations de grilles. Pour se faire, je clique sur le bouton texte ("T") et je clique ensuite sur "Select" dans la barre du haut. Je peux alors sélectionner les objets textes et les supprimer en cliquant sur le petit bouton qui apparaît en haut à droite de l'élément sélectionné, puis en appuyant sur "Delete".

Et voilà le résultat !

Carte des villages de Schell, Vinsberg et Kirsch (Moselle vers le milieu du 19e siècle

Mon premier bilan : quelle utilité en généalogie ?


La création de la carte m'a pris environ une heure de temps (je ne compte pas un problème de plantage et de rupture de connexion internet qui a fait buguer le site!). Ceci est beaucoup plus rapide que la création d'une carte avec un logiciel de SIG*. Bien évidemment, et malgré l'utilisation d'une grille pour copier la carte, les éléments ne sont pas aussi précis.

Visuellement, je trouve le résultat plutôt réussi. La carte est belle et les couleurs créent même une véritable ambiance "fantasy" au territoire de mes aïeux ! A côté de cela, la carte d'Etat-Major semble terne et fade.

Son utilisation peut être utile également pour figurer sur une carte des informations issues d'archives comme des vieilles cartes ou des pieds terriers.

A noter que la version gratuite permet de créer une carte en définition moyenne et offre des possibilités intéressantes. Il existe une version "Pro" payante (25 $/an) qui offre la possibilité de créer des cartes en Haute-Résolution et comprend plus de 500 objets (végétation, constructions...) et de nombreux autres fonds et textures. Nul doute que cette version permet de créer des cartes encore plus riches, mais à mon niveau, la version gratuite est suffisante.

Finalement, en quelques heures, j'ai réussi à m'approprier cet outil et à créer une carte que je vais pouvoir utiliser pour illustrer différents articles de mon blogs.


Et vous, êtes-vous tenté de tester cet outil ? Quelle utilisation voyez-vous pour votre généalogie

Lien vers le site : https://inkarnate.com/


* SIG : Système d'Information Géographique

mardi 4 décembre 2018

Nouveau #Projet3Mois - La vie de Louis-Joseph Walentin (1788-1849)

Mon nouveau #Projet3Mois constitue la suite logique du précédent, puisqu’il va s’intéresser à la vie de Louis-Joseph WALENTIN, fils de Catherine VALENTIN.

Je ne m’étalerai pas sur sa naissance et la recherche de son père biologique, puisque ces questions ont été abordées dans le précédent #Projet3Mois (Épisode 2 : Qui est le père de Louis-Joseph Walentin ? et Épisode 5 : des actes retrouvés). Pour autant, soyez sans crainte ! Je ne manquerai pas de faire mention des éventuelles avancées que je pourrai faire au hasard des recherches que je vais faire !

La vie de Louis-Joseph couvre toute la première moitié du 19e siècle. Cette période offre, pour le généalogiste, une multitude de sources d’un grand intérêt comme le cadastre, les tables de successions en absences, les registres matricules ou autres documents dont certains sont apparus après la Révolution française.

Pour ce #Projet3Mois, j’ai décidé d’étudier la vie de Louis-Joseph de sa conscription (à l’âge de 18 ans), à son décès en 1849 (à l’âge de 60 ans). J'ai déjà beaucoup d'informations en ma possession mais il reste quelques interrogations et des sujets que je voudrais approfondir. La suite de mon article vous propose les principaux points que je vais étudier, ce qui constitue mon plan de recherche pour les trois prochains mois.


Mon plan de recherche 


1/ La question du W et de l’apprentissage de l’écriture chez les V(W)ALENTIN 


W comme Walentin ! Voici typiquement un article du #ChallengeAZ ! Et effectivement, j’en avais déjà parlé en 2013.

Je souhaiterais aujourd’hui essayer d’aller plus loin dans mon analyse. Pourquoi le V s’est-il transformé en W ? Qui a eut cette initiative ? Pourquoi ? Comment ce W s’est-il « propagé » dans les branches de l’arbre généalogique?

Cette étude me permettra également d’étudier l’apprentissage de l’écriture dans la famille. En effet, le grand-père de Louis-Joseph, Bernard Valentin, ne savait par écrire comme en témoignent les premiers actes où il appose simplement une marque ordinaire. Pourtant, après plusieurs années, Bernard apprend à signer. Ces enfants suivront ensuite une éducation et apprentissage de l’écriture qui permettra notamment à l’un de ses fils de devenir greffier puis maître d’école. Les enfants de Louis-Joseph apprendront également à signer et écrire.

Signature de Louis-Joseph Walentin en 1818 (AD57)


2/ La conscription de Louis-Joseph et étude « sociologique » des conscrits mosellans de 1807

En 1807, Louis-Joseph est âgé de 18 ans. En avril, l'Empereur demande la levée des conscrits de 1808 par anticipation, soit 60 000 hommes. Louis-Joseph ne déroge pas à cette décision et malheureusement, tire le mauvais numéro. Il part donc avec le 13ème régiment de ligne en juin de cette même année. Comment se passait la conscription durant le Premier Empire ? Comment ont-elles été vécues par les hommes dans les campagnes ?

Voltigeur et carabinier français de la ligne
d'après Hippolyte Bellangé.
J'ai pu récupérer toute la liste des conscrits de la Moselle de juin 1807 entrant dans le 13ème régiment de ligne, soit plus de 150 hommes. Cette liste offre la particularité de contenir des informations intéressantes comme leur taille, la couleur des cheveux ou leur profession. Une bonne occasion de réaliser quelques statistiques pour comprendre le contexte social et culturel de l'époque!

3/ Le parcours de Louis-Joseph dans la Grande Armée


Louis-Joseph a combattu dans le 13ème de ligne, puis dans le 119ème régiment d'infanterie légère. Après une instruction à Ostende, son bataillon a été transféré à Dax pour partir ensuite en Espagne. Il a ainsi participé à de nombreux combats avant d'être blessé à l'avant-bras en 1811. J'aimerais aujourd'hui préciser son parcours : quel a été son itinéraire ? Comment se passait la vie de soldat dans la Grande armée ? Quelles ont été les circonstances de sa blessure ? Comment s'est déroulé son retour ?

4/ Vie sociale et économique de la famille de Louis-Joseph


Catherine Valentin et Jacques Régulier sont décédés en 1809 avec une situation financière peu confortable. Ils n’avaient aucun bien immobilier et la vente de leurs biens mobiliers a été nécessaire pour pouvoir payer leurs dettes. Ainsi, Louis-Joseph ne pouvait compter que sur lui-même pour assurer la vie de sa famille. Or, à son décès en 1849, on apprend qu’il était propriétaire d’au moins deux maisons et qu’il n’avait aucune dette. Comment a-t-il pu réussir à assurer la sécurité financière de sa famille ? Quels étaient ses sources de revenus ? Comment s'est-il finalement enrichi pendant sa vie ?

5/ Les liens de famille avec ses frères et sœurs ? 


Du côté de sa mère, Louis-Joseph avait un demi-frère et une demi-sœur (Jean Jacques Régullier et Marguerite Gasner). Ont-ils conservé des liens durant leur vie ? Sont-ils restés proches ? Pour répondre à ces questions, je vais devoir notamment retrouver les différents actes des évènements qui ont ponctué la vie des trois enfants de Catherine Valentin.

dimanche 2 décembre 2018

#ChallengeAZ 2018 - En guise de conclusion, mon bilan personnel

Source Pixabay
Et voilà ! Le #ChallengeAZ est bel et bien terminé ! A l'heure où j'écris ces mots, depuis le 1er novembre, 1918 articles ont été proposés par les 84 participants (1918... ? c'est très fort pour l'année du centenaire!). 

Si on compte en moyenne 4 minutes de lecture par article, cela reviendrait à passer près de 128 heures non-stop pour découvrir l'ensemble des contributions ! (soit 5 jours et 8 heures). Autant dire qu'il y a de quoi faire pour ses longues soirées d'hiver !

Vous retrouverez l'ensemble des contributions ici.

Personnellement, je n'ai pu suivre que quelques blogs en lisant tout au plus dix articles par jours. Néanmoins, j'ai passé de très bons moments de lecture. J'ai été touché par des histoires personnelles, des vies cabossées, je me suis amusé et j'ai même ri, j'ai appris beaucoup de choses et surtout j'ai récupéré quelques bonnes idées pour mes futures recherches.

Mon #ChallengeAZ épistolaire


Comme je vous l'avais dit, mon thème a été choisi à la dernière minute car celui que j'avais préparé au départ n'était pas du tout prêt et me demandait du temps que je n'avais pas. Quoi qu'il soit, je ne regrette absolument pas mon choix... au contraire !

A ma mère, mon père et à ma mamie, j'ai pu mettre des mots sur des sentiments et des émotions, parfois enfouis. Partager ces lettres a été un choix difficile mais je ne le regrette pas. Vos marques de sympathie, commentaires et votre bienveillance, amis lecteurs, m'ont beaucoup touché.

Sur des ancêtres dont je ne savais rien, j'ai pu établir, au travers de mes questionnements, des pistes de recherche pour le futur. La forme épistolaire a été pour moi très naturelle et l'écriture presque facile.

Je suis enfin très heureux que mon idée de lettre ait été appréciée et reprise. Je pense notamment à Annick, fidèle lectrice, avec qui j'ai échangé et qui souhaite s'y mettre également !

Encore merci à tous, et à l'année prochaine pour un nouveau #ChallengeAZ !

(En attendant, je poursuis mes recherches #Projet3Mois et ma participation au #RDVAncestral!)

***

Je vous propose ci-dessous un index de l'ensemble des mes articles :


A Apollon WALENTIN
B Baptiste BRENNA
C CLAUDEL Eugénie, née BOLZINGER
D Dominique GUNGLER
E Evadé, Jacques REGULIER
F Florian DEHLINGER, meunier à la Gallenmühle
G Grand-Mère maternelle, Mamie
H Hubert WALENTIN
I Isidore Meyer
J Jean HOURTE, banquier
K Karl LANG, soldat mosellan
L Laurent Drommerey
M Maman
N Nicolas DANY
O Oswalt RICHARD
P Papa
Q Querton Sébastien
R Réponse inattendue
S Schweitzer Johan mon plus vieil ancêtre connu
T Thérèse Bernard
U Unicellulaire, LUCA
V Valentin Catherine
W Walentin Louis-Joseph
X X, monsieur X
Y Yvonne MARTHA, née HOURTE
Z Zoé, Zélie ou Zadig...

vendredi 30 novembre 2018

#ChallengeAZ 2018 - Lettre Z écrite à Zoé, Zélie ou Zadig

Nous voici au dernier jour du #ChallengeAZ 2018 ! Les 26 lettres de l'alphabet ont été égrenées tout au long de ce mois de novembre et je vous voudrez vous remercier, chères lectrices et chers lecteurs pour vos commentaires, mentions et mots de sympathie.  

Aujourd'hui, ma lettre est un peu particulière puisqu'elle s'adresse aux générations futures et en particulier celle de mes arrières-petits-enfants.


***

Vendredi 30 novembre 2018


Mes chers arrières-petits-enfants,
Nous sommes en 2018 et je vous écris d'un temps que vous ne pouvez pas connaître, celui où vos grand-parents sont encore des enfants. A cette heure, je n'ai aucune idée de vos prénoms. S'agit-il de Zoé, Zélie, Zadig, ou bien encore de Pierre, Gérard, Marie, Robert, comme vos ancêtres ? Je laisse le libre choix à vos parents !

Je souhaitais tout d'abord écrire cette lettre comme un passage de témoin, un trait d'union entre mes ancêtres, vos ancêtres, et vous, ma descendance. En effet, j'ai l'intime conviction que nous devons garder des liens très forts entre les générations et ainsi transmettre la mémoire de nos aïeux. Pourquoi me direz-vous ? Tout simplement, parce-que nous devons leur être reconnaissant. Pendant toute leur vie, ils n'ont eut de cesse de travailler, d'éduquer leurs enfants, de se divertir, de chanter, d'échanger, d'apprendre... de vivre.

Nous ne pouvons renier nos origines car ce sont elles qui nous ont façonnés, au travers de notre éducation, de nos coutumes ainsi que des petits détails qui font de nous des êtres uniques. Mes enfants, ne les oubliez pas, ne négligez pas vos racines.

Mes enfants, j'espère de tout mon cœur que vous vivez en paix, car il y a une chose qui me hante particulièrement : la guerre. Voyez-vous, mes deux grands-pères ont combattu pendant la seconde guerre mondiale. J'imagine que cette période vous semble très éloignée maintenant, et pourtant ! Mon grand-père paternel, mon pépé, a combattu dans l'armée française en 1939 et 1940 contre les allemands. Mon grand-père maternel, mon papi, a combattu sous l'uniforme allemand à partir de 1943, contre les français. Vous trouvez cette situation sordide ? Elle l'est. La guerre amène à des situations dramatiques où des frères peuvent se battre les uns contre les autres.

J'ai aussi l'espérance que vous vivez dans un monde nouveau où l'homme aura trouvé un juste équilibre entre ses modes de vie et de consommation et les ressources naturelles. Malheureusement, à l'heure où j'écris cette lettre, l'écologie semble être une préoccupation mineure par rapport aux autres enjeux. Les gouvernements et multinationales qui gouvernent notre planète ne jurent que par l'argent, le capital, les nouvelles technologies... Et l'Humanité dans tout cela ? Notre Humanité ? J'ose espérer que nos civilisations auront compris, et vous vivrez dans un climat apaisé.

Mes chers enfants, promettez-moi de garder au fond de votre cœur un message de paix et d'amour. Souvenez-vous que vos aïeux ont vécu de durs moments et que nous devons tous être acteurs d'un monde plus juste. Je l'espère en tout cas.

Vivez en paix et recevez toute ma bienveillance.


Votre arrière-grand-père, Sébastien

jeudi 29 novembre 2018

#ChallengeAZ 2018 - Lettre Y écrite à Yvonne MARTHA, née HOURTE

En ce 29 novembre, le ChallengeAZ 2018 arrive à son terme ! Pour cette avant-dernière lettre, j'ai décidé d'écrire à Yvonne Hourte, une cousine de mon arrière-grand-père qui s'est a priori installée en Belgique. Je crois savoir que mon grand-père correspondait avec l'une de ses filles. Peut-être qu'un jour je pourrai retrouver la trace de cette famille et renouer le contact ?


***

Jeudi 29 novembre 2018


Madame Martha, Yvonne,

Je me prénomme Sébastien et je suis l'un des descendants de vos grands-parents Pierre Hourte et Catherine Connerath. Nous sommes donc des cousins éloignés.

Vous êtes la fille ainée de Jean Hourte, banquier de Thionville, et donc la cousine de mon arrière-grand-père. 

Vous êtes née en 1894 à Thionville, ou plutôt Diedenhofen puisque la Moselle était annexée à l'Empire Allemand depuis 1871. Avec vos parents et vos deux jeunes sœurs, vous y avez passé toute, rue Castelnau. La guerre de 1914-1918 entrainera de sérieux bouleversements puisque vous devenez française à l'issue de ce conflit. C'est à la veille de vos 29 ans que vous vous mariez. Soucieux du devenir de ses filles, votre père prendra soin de choisir le meilleur parti. C'est ainsi que vous prenez pour époux Léon Martha, fils d'Ernest Martha, fabricant de tabac à Arlon.

D'après ma grande-tante, mon grand-père continuait de correspondre avec une cousine éloignée qui vivait en Belgique. Aujourd'hui, je suis persuadé qu'il s'agissait d'une de vos filles.

Après votre mariage, je perds toute trace de votre famille. Je sais simplement que vous avez eu au moins deux filles, Mady et Suzanne, et je suppose que vous vous êtes installés en Belgique. Mon idée semble être la bonne car je pense avoir retrouvé la trace d'une de vos filles dans l'historique du club d'escrime d'Arlon. On y apprend ainsi qu'une certaine "Mady Martha" faisait partie de l'équipe féminine. La date et le lieu semblent correspondre.

Je ne sais désormais vers quelle direction me tourner pour retrouver des traces de votre famille et peut-être renouer des contacts avec vos descendants, s'ils vivent encore aujourd'hui...

En attendant d'en savoir plus, je vous prie de recevoir, Yvonne, mes meilleures salutations.


Sébastien

Fabrique de tabacs et cigares Ernest Martha, place Didier, Arlon - facture du 17.4.1907 à G. Close (Collection: jmo)
Ernest Martha (1844 - 1911), marque de tabac NOLRA

mercredi 28 novembre 2018

#ChallengeAZ 2018 | Lettre X écrite à X, père inconnu de Louis-Joseph

Cette dernière semaine n'est pas aisée car les lettres du #ChallengeAZ nous donnent du fil à retordre ! Aujourd'hui, j'ai choisi d'écrire à monsieur X, père inconnu de Louis-Joseph WALENTIN, enfant né de sa relation avec Catherine VALENTIN.


***

Mercredi 28 novembre 2018

Monsieur X,
Excusez-moi de vous appeler de cette manière, mais je ne sais pas qui se cache derrière le destinataire de cette lettre. Vous êtes le père de Louis-Joseph Walentin, mon aïeul à la septième génération, ce qui fait de vous, en toute logique, mon ancêtre à la huitième génération.

Voyez-vous, j'ai quelques idées sur votre véritable identité, mais les indices dont je dispose ne me permettent pas de vous reconnaître formellement. 

Mon premier sentiment se tourne vers Jacques Régulier, premier époux de Catherine Valentin. Dans ce cas, permettez-moi que je vous appelle Jacques, le temps de  ces quelques lignes. 

Imaginons votre histoire. Originaire de la paroisse d'Athée, près de Craon, vous vous installez à Lüe pour être domestique du Sieur Louis Jobal. C'est là que vous rencontrez Catherine, fille de Bernard Valentin, le Garde des Bois de ce lieu.Vous tombez tous les deux amoureux et de votre histoire nait un enfant, Louis-Joseph. Pourtant, le père de Catherine n'apprécie guère cette relation car il aurait sans doute préféré un meilleur parti pour sa fille. Le mariage était-il impossible ? Après la naissance d'un deuxième enfant né de père inconnu, vous épousez enfin Catherine. Mais cette histoire ne résistera pas longtemps. Lorsque la Révolution française éclate, vous devez quitter le pays avec votre maître. C'est le temps de l’émigration. Catherine doit divorcer afin de sauver sa tête et sa famille. C'est la Terreur.  Bien des années plus tard, à votre retour, et malgré un remariage de Catherine, vous vous retrouvez et vous vous installer à nouveau tous les deux dans une petite maison des Étangs.

Cette hypothèse est fortement envisageable car après votre décès, il est signalé que Louis-Joseph Walentin est votre propre fils. Pourtant, j'ai encore quelques doutes...

Mon deuxième sentiment se tourne vers Joseph François Louis de Jobal, propriétaire du château et des terres de Lüe. Dans ce cas, Sieur Jobal, puis-je imaginer que vous vous seriez épris pour la jeune Catherine Valentin, fille de votre Garde des Bois ? Un indice semble aller dans ce sens. A la naissance de ses deux enfants naturels, Catherine décide de les appeler tout les deux Louis-Joseph et Joseph. Le prénom Joseph revient donc à chaque fois. Était-ce là une façon de signifier de manière détournée votre identité ?

Quoi qu'il en soit, je ne sais pour l'instant avec exactitude qui vous êtes, cher monsieur X. Je resterai donc pendant très longtemps dans le doute, à moins que de nouveaux éléments viennent me donner de nouveaux indices...

En attendant, chez monsieur X, veuillez recevoir les salutations de votre lointain descendant !


Sébastien




mardi 27 novembre 2018

#ChallengeAZ 2018 - Lettre W écrite à WALENTIN Louis-Joseph

La famille Valentin aura eu la bonne idée de modifier l'orthographe du patronyme en changeant le V par un W, ce qui me permet aujourd'hui de continuer sur ma lancée en écrivant ma lettre du #ChallengeAZ 2018 à Louis-Joseph WALENTIN, fils de Catherine VALENTIN pour qui j'ai écris ma missive d'hier.

***

Mardi 27 novembre 2018

Louis-Joseph,

J'ai écris hier à votre chère mère pour qui j'ai beaucoup d'affection. Je sais que sa vie n'a pas été facile et qu'elle a été confrontée à bon nombre de soucis. J'espère en tout cas qu'elle a pu profiter des moments joyeux.

Tout comme votre mère, votre existence a été façonnée par le déroulement de l'histoire. Vous êtes né à la veille de la Révolution française, en août 1788. Votre maman, célibataire, vivait encore avec ses parents dans une maison du domaine du Lüe, situé dans la paroisse de Hayes.Vous êtes encore un petit enfant lorsqu'elle se marie avec Jacques Régulier, domestique du comte de Jobal. Pourtant, cet équilibre familial reste précaire puisque Jacques doit émigrer avec son maître aux pires moment de la Révolution. Votre mère est contrainte de divorcer d'avec son époux et la situation devient difficile. Heureusement, toute la famille est accueillie chez votre oncle à Pontigny.

Malgré ces circonstances misérables, vous suivez une éducation qui vous permettra d'apprendre à écrire. Je suis toujours admiratif de votre signature qui montre votre maîtrise de l'écriture. Votre parrain, Louis Valentin, maître d'école à Servigny, n'y est sans doute pas pour rien.



Après le retour de Jacques Régulier, le noyau familial se reforme pour habiter dans une petite maison située dans la rue principale de la commune des Étangs. Il y avait votre mère, Jacques Régulier, votre frère cadet Jean-Jacques Régulier, et votre petite sœur, Marguerite Gasner, née du second mariage de votre mère avec Nicolas Gasner.

Seulement, quelques années plus tard, vous êtes convoqués. C'est l'heure de la conscription. La Grande Armée a besoin d'hommes car les guerres se suivent et demandent des contingents de plus en plus importants. Au jeu du hasard, vous tirez malheureusement le mauvais numéro.

En juin 1807, vous quittez votre mère pour partir, loin. C'est d'abord Ostende, dans le département de la Lys, où vous suivez votre instruction militaire au sein du 13ème Régiment d'Infanterie Légère.

Je disais que votre vie a été façonnée par l'histoire. Effectivement, à la fin de l'année 1807, l'engagement de la France dans les affaires de la péninsule Ibérique déclenche la guerre d'Espagne. C'est un conflit brutal qui s'étalera sur plus de six ans, et qui affaiblira irrémédiablement l'Empire. 

C'est à ce moment que votre bataillon entre dans la formation du 13ème régiment provisoire qui sera ensuite rattaché au 119ème régiment de ligne. Vous partez au combat sur le territoire espagnole.

Les combats s'enchaînent. Vous échappez aux blessures, à la fièvre dysentérique, mais aussi à la mort. Chaque semaine, on compte de plus en plus de blessés, de malades et de décès. Parmi eux, il y avait des compagnons d'arme, mais aussi des amis car c'est tout votre groupe de jeunes conscrits de juin 1807 qui se retrouve dans le 119ème régiment de ligne.

Medina-del-Rio-Seco, Burgos, Saragosse, Avila...

Et puis il y a ce jour du 3 juin 1811, à Astorga. Lors de combats, vous êtes atteint par un coup de fusil à l'avant-bras droit, fracturant le radius. Vous êtes rapatrié à Dax pour être soigné. Malgré les soins, la balle ne peut être extraite. Vous êtes congédié en vous pouvez rentrer au pays, après 4 ans d'absence.

Pendant ce temps, la vie s'était écoulée. Votre mère et Jacques Régulier sont partis rejoindre le bon Dieu. Vous retrouvez alors votre frère et votre sœur, un moment sans doute mêlé d'émotions de joie et de tristesse.

Vous vous marierez ensuite avec Catherine BERARD pour fonder une famille, votre famille. Vous vivrez alors simplement grâce à votre emploi de manœuvre et la pension de 150 francs annuelle que vous recevrez en tant que soldat retraité.

Louis-Joseph, je ne sais pas si je dois vous le demander directement. Pourtant, il me reste une question aujourd'hui sans réponse. Malgré mes recherches et les indices en ma possession, je ne sais toujours pas qui est votre père. Peut-être ne le savez-vous pas vous-même ?

Veuillez recevoir en tout cas, mon chez Louis-Joseph, toute l'affection d'un lointain descendant.

Sébastien

lundi 26 novembre 2018

#ChallengeAZ 2018 - Lettre V écrite à VALENTIN Catherine


Le #ChallengeAZ 2018 arrive dans sa dernière semaine. Depuis début novembre, les lettres écrites à mes aïeux et collatéraux m'ont permis de mettre par écrit des interrogations, des doutes mais également des sentiments. Je vous remercie en tout cas, fidèles lecteurs, pour l'ensemble de vos marques de sympathies, commentaires et partages qui m'ont touchés.

Ma lettre d'aujourd'hui est destinée à Catherine VALENTIN, mon aïeule pour qui j'ai consacré tout un projet de recherche au début de l'année 2018 (#Projet3Mois). Pour ceux qui me suivent déjà, vous savez que son histoire me tient particulièrement à cœur...


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Lundi 26 novembre 2018


Ma chère Catherine,
En écrivant ces mots, je ressens une profonde émotion teintée de tendresse, de respect mais aussi de tristesse. En réalité, même si nous sommes séparés de huit générations, je me sens très proche de vous, au point d'avoir l'impression de vous avoir connu.

Durant ces derniers mois, vous avez accompagné mes longues soirées pendant lesquelles j'essayais de retrouver les traces de votre vie. Et pour cause ! Vous concentriez une très grande partie de mes interrogations généalogiques. Alors, j'ai commencé à mieux vous connaître : les circonstances de votre naissance, la venue au monde de vos enfants naturels, votre mariage avec Jacques Régulier, les vicissitudes de la révolution, votre divorce, vos joies et surtout vos peines. 

Catherine, j'ai été particulièrement touché par votre histoire car la mauvaise fortune ne vous a pas épargnée.

Votre destin est intimement lié à celui de Jacques Régulier, votre premier mari. Je crois très sincèrement que vous vous aimiez. Certes, je n'en ai aucune preuve et pourtant ! Peu après votre mariage en 1791, vous êtes contrainte de divorcer d'avec lui car il a du émigrer pendant la Terreur avec Sieur Louis Jobal, son employeur. Votre vie en est alors bouleversée. Vous devez élever seule vos deux enfants : Louis Joseph et Jean-Jacques. Heureusement, votre sœur Marie et son époux vous accueillent et vous soutiennent. En 1801, vous attendez un nouvel enfant. Devant cette situation, vous vous mariez avec Nicolas Gasner, maçon de Courcelles-Chaussy, veuf, et sans doute ami de la famille. Était-il vraiment le père ? Catherine, permettez-moi d'en douter. J'ai le sentiment qu'il s'agit en fait de Jacques, revenu d'émigration et dont la présence est à ce moment totalement clandestine. Le mariage doit alors éliminer tout soupçon.

Catherine, je me sens si proche de vous. Ces derniers mois, mes recherches m'ont amené à retracer le fil de votre existence et à comprendre le contexte si particulier dans lequel vous avez vécu. Je connais beaucoup de choses sur vous mais finalement, que sais-je vraiment ? J'ai l'impression de vous connaître et pourtant, nos regards ne se sont jamais croisés. Nos regards sans doute, mais nos âmes et nos cœurs ?

Je ne sais pas si nous pouvons ressentir, nous vivants, les signes d'une présence et d'une bienveillance de nos aïeux. Pourtant, lorsque je suis passé dernièrement à Lüe et aux Etangs, j'ai eu une sensation très étrange, comme si je ressentais un lien très fort, au plus profond de mon être. J'en fus bouleversé. Peut-être qu'à ce moment précis, nos cœurs et nos âmes se sont croisés.

Catherine, j'ai été particulièrement ému lorsque j'ai retrouvé l'inventaire après décès de la maison que vous occupiez avec Jacques à la fin de votre vie. J'y ai appris que vous étiez tous deux malades et que votre situation financière n'était pas des plus confortables. Émotion et tristesse d'autant plus fortes que l'ensemble de vos biens ont du être vendus aux plus offrants pour pouvoir payer vos dettes : toute une vie éparpillée en quelques heures... 
Catherine, je voulais au travers de cette lettre vous rendre hommage et vous sortir de l'oubli. Toute votre existence, vous n'avez eu de cesse de vous battre pour votre vie, celle de vos enfants, et j'imagine pour vos idées.

Puissiez-vous Catherine recevoir, au travers de ces mots, la marque de mes sentiments et de mon amour filial. 


Sébastien
Le Château de Lüe à côté duquel a vécu Catherine VALENTIN (Source : Delcampe)

samedi 24 novembre 2018

#ChallengeAZ 2018 - Lettre U écrite à un être Unicellulaire, LUCA

C'est aujourd'hui la lettre U du  #ChallengeAZ 2018. Au départ, j'étais peu inspiré... mais j'ai trouvé un aïeul très particulier à qui je pouvais écrire ma lettre du jour : un être Unicellulaire prénommé LUCA. Nous sommes ici aux origines de nos arbres généalogiques.


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Samedi 24 novembre 2018

Cher LUCA,

Permettez-mois d'abord que je me présente. Je m'appelle Sébastien et je suis l'un de vos (très) nombreux descendants. Rendez-vous compte : 3,8 milliards d'années nous séparent ! Cela fait beaucoup de générations (je n'arriverais même pas à vous donner un numéro Sosa!).

Vous vous appelez LUCA. C'est un acronyme issu de l'anglais (Last Universal Common Ancestor) que je trouve beaucoup plus élégant que la traduction française "DACU", pour dernier ancêtre commun universel. Bon... Restons donc avec LUCA.

Vous viviez à une époque où le climat était très différent de celui d'aujourd'hui. La température moyenne ? Je dirais entre 40 et 85 °C selon les sources. Certes, le soleil avait une puissance plus faible qu'actuellement, mais l'atmosphère était chargée en CO2, en azote et aussi sans doute en méthane. Cela fait beaucoup de gaz à effet de serre ! Voyez-vous, avec 15°C,  la température moyenne de la Terre s'est considérablement rafraichie... Je sais, ce n'est pas un temps à mettre un LUCA dehors.

Figurez-vous que l'on retrouve aujourd'hui votre arbre généalogique descendant dans de nombreux ouvrages et publications. Une bien belle famille me direz-vous ! Oui effectivement. Par contre, avec le temps, de nombreuses branches se sont éteintes. C'est triste, mais bon, entre-nous, je ne regrette pas que la branche des dinosaures ait disparu !

Arbre simplifié descendant de LUCA - source https://www.schoolmouv.fr
A quoi ressembliez-vous ? Si j'en crois les scientifiques, vous étiez une "cellule assez complexe", capable de vous reproduire. Vous aviez un génome de quelques centaines de gènes, mais c'était assez suffisant pour vivre à cette époque ! (personnellement j'en ai environ 20 000). D'après un chercheur, William Martin, vous étiez un être autotrophe, anaérobique, thermophile, dépendant du dihydrogène et du CO2 avec une voie réductrice de l'acétyl-coenzyme A et pouvant fixer le diazote !
Rien que cela ! Voyez-vous, je ne sais pas si j'en sais autant sur mon arrière-grand-oncle Jean !

Quoi qu'il en soit, LUCA, je pense que pouvez être fier de vous car vous êtes à l'origine de l'ensemble des formes de vie sur Terre et rien que pour cela je vous en félicite ! A nous maintenant de prendre le relais et de faire que la vie puisse continuer à prospérer !

Votre très lointain descendant, Sébastien

vendredi 23 novembre 2018

#ChallengeAZ 2018 - Lettre T écrite à Thérèse BERNARD

Le vingtième jour du #ChallengeAZ 2018 ! Aujourd'hui, ma lettre est adressée à Thérèse BERNARD, ma sosa 255. Vous allez voir qu'elle m'a posée (et me pose encore) beaucoup de questions... Un puzzle avec plein de pièces, dont certaines manquantes, et d'autres qui ne correspondantes pas...

 

***

Jeudi 23 novembre 2018


Thérèse,
Je me nomme Sébastien et je suis l'un de vos nombreux descendants. Sept générations nous séparent et, en particulier, vous faites partie de ma lignée maternelle que l'on appelle cognatique. Oh j'imagine que vous n'aviez jamais entendu ce mot auparavant ! J'ai fait pour vous cet arbre ascendant simplifié pour que vous puissiez mieux voir notre lien de parenté.



Thérèse, je dois avouer que vous m'avez donné quelques difficultés dans mes recherches, étant dans l'impossibilité de retrouver vos origines, ainsi que celles de votre époux, Nicolas ARNOULT.

Ce n'est que très récemment que j'ai pu consulter les actes de mariage de votre fille Catherine: avec François Vaillant en 1832 et avec Antoine Harter (mon aïeul), en 1836. Il y avait là une information des plus capitales. J'ai appris avec tristesse que vous étiez décédé en 1817, à l'âge de seulement 46 ans en laissant votre fille, Catherine, orpheline, qui n'avait que 5 ans. Je dis orpheline car le père de votre enfant n'a vraisemblablement pas voulu (ou pu) s'en occuper. Il est ainsi dit qu'elle avait été élevée à la charge de l'Hospice Saint-Nicolas de Metz, alors que son père était toujours vivant...

Vous concernant, je n'ai retrouvé aucun acte de mariage avec ce Nicolas Arnoult, ce qui rendait la tâche de la recherche de vos parents des plus compliquées ! Je devais donc consulter votre acte de décès.  Pourtant, même si je l'ai retrouvé, il y avait quelque chose qui n'allait pas: vous étiez dites mariée avec Nicolas MATHIEU, en son vivant chapelier (et non Nicolas ARNOULT, forgeron). Était-ce une erreur ? Pourtant votre âge correspondait.

Ensuite, j'ai pour ainsi dire des pièces de puzzle... J'ai pu retrouver votre supposé acte de mariage avec Nicolas Mathieu le cinq pluviôse de l'An 3 de la république française (soit le 24 janvier 1795) à Moyeuvre-Grande. Certes, les parents sont cités. Mais s'agit-il vraiment de vous ?

Et ensuite ? Que s'est-il passé ? Étant supposé que  vous aviez été marié avec Nicolas Mathieu, puis Nicolas Arnoult. Qu'est-il arrivé à votre premier époux ? Je n'ai retrouvé aucun acte de décès. Aviez-vous eu d'autres enfants ? Pourquoi votre second mari a t'il abandonné votre fille Catherine ?

Vous voyez, j'ai beaucoup de questions et peu de certitudes vous concernant. Je ne sais pour l'heure vers quelle source me tourner pour retrouver des preuves, des informations... c'est à dire vous retrouver.

En attendant, veuillez recevoir, Thérèse, toute l'affection d'un de vos descendants.


Sébastien

jeudi 22 novembre 2018

#ChallengeAZ 2018 - Lettre S écrite à SCHWEITZER Johan, aux confins de ma généalogie

Le #ChallengeAZ 2018 continue et nous arrivons tout doucement à la fin de ce formidable rendez-vous annuel qui permet de partager et de découvrir des articles passionnants et étonnants pour certains. Aujourd'hui, ma lettre est destinée à une personne particulière de ma généalogie puisqu'il s'agit de mon plus ancien ancêtre connu. Il s'agit de Johan (der) Schweitzer, également appelé Johan le Suisse. Il aurait vécu dans la première moitié du 16ème siècle dans la prévôté de Thionville et correspond à mon sosa 113 520 (soit 17 générations...).

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Jeudi, 22 novembre 2018

Sieur Johan des Schweitzer,

Je suis très honoré de vous écrire cette missive car vous avez un rôle particulier dans ma généalogie : vous êtes mon plus vieil ancêtre connu. Imaginez ! Dix-sept générations nous séparent et nos vies sont séparées de près de 500 ans.

Si j'en crois les arbres généalogiques existants, vous seriez né vers 1510 et décédé après 1576. Vous seriez ainsi le plus ancien des Schweitzer connu dans la Prévôté de Thionville. Ainsi, au dénombrement des feux du Duché du Luxembourg de 1570, vous êtes cités comme échevin de la paroisse de Bueffingen (Beuvange-sous-Saint-Michel). Vous y êtes nommés "le Suisse" : ce terme ne laisse guère de doute sur vos origines géographiques.

J'affirme tout cela mais je n'ai aucune preuve de mes dires... et d'ailleurs, j'ai quelques doutes. Et pour cause ! D'autres sources mentionnent l'arrivée de votre famille dans la Prévôté après la guerre de Trente Ans... soit bien après 1570.

Qui croire alors ? Avec tout cela, vous me mettez dans l'embarras... 

Oh ! Je sais bien que vous ne me serez d'aucune aide... Peut-être souhaitez-vous rester inaccessible, demeurer dans les profondeurs de l'histoire... Mais non. Ce petit jeu de cache-cache a assez duré ! Vous pouvez ricaner ! C'est à moi maintenant de poursuivre les recherches, retrouvez des actes, remonter aux sources des informations... Je conçois que la tâche est ardue, car les documents qui subsistent de votre époque sont de plus en plus rares... 

En attendant de vous connaître, veuillez recevoir, Johan, mes plus sincères salutations.

Sébastien


La prévôté de Thionville, délimitée en rouge, reproduite sur une carte de 1705 intitulée : Le Duché de Luxembourg divisé en Quartier Walon et Allemand dans chacun desquels sont diviséz, les Seigneuries, Prevostés et Comtés. Le Duché de Bouillon, le Comté de Namur et le Pays entre Sambre et Meuse. - Domaine public


mercredi 21 novembre 2018

#ChallengeAZ 2018 - Lettre R comme Réponse inattendue

#ChallengeAZ 2018, Lettre R.
Voyez-vous chères lectrices et chers lecteurs, il peut arriver que des lettres transmises à des collatéraux et ancêtres ne restent sans réponse. En voici la preuve ;)




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Mercredi 21 novembre 2018,


Mon fils,

Je vous écris du très-haut, de là-même où j'ai reçu votre lettre. Vous disiez que les voies du Seigneurs sont impénétrables ? Détrompez-vous mon cher !

La lecture de votre texte m'a beaucoup amusé et j'avoue m'être reconnu dans la description que vous faisiez de moi. Oui, vous avez raison. J'ai été l'instigateur de l'arrivée de nombreuses familles dans le comté de Bitche, et notamment de mes neveux et nièces. J'ai été très heureux d'apprendre que les BECKERICH ont prospéré dans tout le royaume et dans les pays estrangers! Me voilà donc rassuré et je trouve que finalement, mes agissements ont eu du bon !

Par contre, je m'inscris en faux devant vos dires selon lesquels j'avais beaucoup plus la foi en l'argent qu'à notre Père. Oui, certes, je me suis enrichi, mais c'était pour le bien de mes paroissiens ! Comprenez : ils étaient sans le sou, ne pouvez vivre de manière décente. Il y avait des défrichements à réaliser, des maisons à reconstruire...  Il fallait que je les aide. Mais moi, avez-vous pensé à moi ? Imaginez donc! Moi, pauvre prêtre de campagne, déraciné de son pays natal ! Je ne pouvais faire don des quelques livres tournois en ma possession qui me permettaient de vivre ! Je n'aurais pas pu apporter la bonne nouvelle sans argent. Il fallait donc que je puisse prêter sans être pris au dépourvu! Comprenez-vous ? Mon fils, qu'auriez-vous fait à ma place ?

Je me trouve en tout cas très honoré d'apprendre que mon nom a traversé les siècles et des siècles et, est parvenu jusqu'à vous. C'est pour cela que je vous pardonne pour les quelques mots un peu abruptes que vous avez écrits. Un pardon qui a une grande valeur, puisqu'il est donné par un homme d’Église !

Sachez en tout cas, mon fils, que vos lettres sont parvenues et parviennent encore aux personnes qui vous sont chères et à qui vous avez transmis vos mots et sentiments. Soyez-en rassuré. Cependant, n'attendez-pas nécessairement des réponses immédiates et laissez vous porter par vos instincts et votre cœur. Sans doute réussirez-vous à ressentir la relation profonde et spirituelle qui vous lie à eux.

Pour l'heure, mon fils, saluez votre famille, ainsi que votre cousine Catherine dont vous m'avez parlé.

Allez en paix.


Père Dominique Gungler

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Vous pouvez retrouver ma lettre au père Dominique Gungler ici