vendredi 22 novembre 2019

#ChallengeAZ 2019 - Seigneur, Survivant et Sac

Jour 19 du ChallengeAZ : place aux mots SEIGNEUR, SURVIVANT et SAC !
Pour ma quatrième participation, j'ai choisi de solliciter mes abonnés Twitter dans le cadre d'un défi estival devenu rapidement un concours de mots suivi par une cinquantaine de personnes. Merci à eux ! Au final, j'ai choisi pour chaque lettre trois mots qui devront me servir pour la rédaction des mes articles... 


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Voici la deuxième partie de l'article débuté hier sur la guerre de Trente Ans et ses conséquences.

Batailles et saccages de Luttange



En 1635, lorsque la France déclare la guerre à l'Espagne, les troupes du Roi Louis XIII occupent les Trois Évêchés et sont donc à Metz. Le gouverneur de Metz charge alors le capitaine Busselat de lever des hommes à cheval pour attaquer les lignes et villages adverses du partie Luxembourgeois. Ce dernier tient alors sa garnison au village d'Ennery et décide d'attaquer, entre autre, le village de Luttange. Ils s'emparent alors de près de 1500 cochons et moutons qu'il vendent ensuite au marché du Champ à Seille. Avec ces pillages, de nombreux laboureurs et vignerons sont ruinés et certains meurent de misère. 

Carte du Pays Messin - Source Gallica. En jaune les lieux de combats du côté messin (France), en bleu le village de Luttange. En orange la frontière.


En parallèle, le colonel Maillard, qui était du parti luxembourgeois, décide d'attaquer la ville de Vigy (en pays messin). Pourtant, la garnison retirée au château réussit à repousser toutes les attaques. Furieux, Maillard décide de mettre le feu au village. Les malades, femmes et enfants sont brûlés dans leur lit, ainsi que les bestiaux dans leurs étables.

Le château de Luttange (Moselle)
Après ces évènements, la consternation envahit la ville de Metz. Il faut absolument des représailles. Busselat prend alors la décision d'attaquer le colonel Maillard qui était retiré au château de Luttange. Busselat envoie 100 hommes d'élites, 100 piétons, 100 cavaliers et 30 carabins (soldats munis de carabines). Au petit jour, la bataille s'engage au château. Les trois quarts des soldats de Maillard sont tués et le feu est mis au village. Tout est détruit. Les villageois partent alors dans les campagnes et les forêts.


Suite à ce désastre, les SURVIVANTS, aidés par les SEIGNEURS de Luttange, reconstruisent les maisons. Pourtant, les garnisons de Metz reviennent en 1638 et mettent à nouveau à SAC le village

Pendant cette période, les épidémies et les pillages ont pour conséquence une forte mortalité et un regroupement des populations des villages isolés autour des places fortes et des châteaux. Le village de Rexange et Terlange, situés à côté de Luttange sont définitivement abandonnés et ruinés.

La reconstruction et le repeuplement des villages de Schell et Vinsberg


Après la fin de la guerre de Trente Ans en 1648, des troubles subsistent et c'est finalement le Traité des Pyrénées en 1659 qui apporte la paix. Ce traité officialise ainsi le rattachement de la prévôté de Thionville au Royaume de France.

Le territoire de la Seigneurie de Luttange subit lui aussi une forte baisse du nombre d'habitants et les quelques familles encore présentes tentent de reconstruire et réexploiter les terres alors en friches.

En 1667, les villages de Schell et Vinsberg où ont vécu mes aïeux de 1687 à 1932 semblent également être totalement ruinés et désertés. Ainsi, l'aveur de dénombrement de Charles et Jean-François d’Attel, Seigneurs en partie de Luttange, Weinsberg et autres lieux décrit la situation de la manière suivante :

« De toutes les rentes et redevances cy-dessus spécifiées provenant de Schellen on n’en tire rien estant ledit village présentement tout en bois et il n’y a aucune apparence de maison » (AD57 - 116 J9).
Contrairement aux villages ruinés de Terlange et Rexange dont les bans sont proches du fief de Luttange, les bans et villages de Schell et Vinsberg sont excentrés et il doit être difficilement concevable pour des laboureurs du village d'exploiter ces terres. Ainsi, il semble que les Siegneurs de Luttange décident dans le dernier quart du XVIIIe siècle de reconstruire les villages de Schell et Vinsberg.

La carte ci-dessous permet de voir la localisation de Schell, Vinsberg (ancienne Seigneurie de Vinsberg rattachée ensuite à la Seigneurie de Luttange).

Les seigneuries de Vinsberg et Luttange (d'après extrait de rapport - AD57 - 116J1, fonds de la famille d'Attel)

Néanmoins, étant donné le faible nombre d'habitants, il fallait faire venir de nouvelles familles. C'est ainsi que des familles en provenance de la Thiérache (région de Momignies/Trélon à la limite actuelle entre la Belgique et la France) viennent s’installer dans les villages de Schell et Vinsberg. Arrivent à ce moment les familles DANY, DEFLORENNE ou DROMMEREY. Le village de Kirsch est également repeuplé de cette manière. D'après mes estimations, entre 30 et 40 personnes ont migré depuis la Thiérache jusqu'à Schell et Vinsberg. Les défrichements et travaux de reconstruction des maisons semblent démarrer dès 1684/1685 et les familles arrivent à partir de début 1687.

La hiérarchie sociale se met en place très vite. Les 3 familles DANY sont des laboureurs (Nicolas, Ambroise et Lambert DANY, sans doutes frères). Les autres familles sont plutôt des familles de manœuvres. Parmi Nicolas DANY et son épouse, Hélène LONGUEVILLE, sont mes sosas 1630 et 1631.

Finalement, après le chaos, la vie se réinstalle...

jeudi 21 novembre 2019

#ChallengeAZ 2019 - Ravage, Route, Répugnant

Jour 18 du ChallengeAZ : place aux mots RAVAGE, ROUTE et REPUGNANT... un beau programme !
Pour ma quatrième participation, j'ai choisi de solliciter mes abonnés Twitter dans le cadre d'un défi estival devenu rapidement un concours de mots suivi par une cinquantaine de personnes. Merci à eux ! Au final, j'ai choisi pour chaque lettre trois mots qui devront me servir pour la rédaction des mes articles... 


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Voici la première partie d'une série de deux articles qui parleront de la guerre de Trente Ans.

De l'origine de la guerre de Trente Ans


La guerre de Trente Ans est un des grands conflits européen du XVIIè siècle qui a profondément marqué l'Europe. La guerre est déclenchée en 1618 par une querelle entre les protestants de Bohème et l'Empereur d'Allemagne et roi de Bohême également, et qui était catholique.

Suivirent différentes périodes qui impliquèrent finalement l'ensemble des grandes puissances européennes. Elle opposa notamment les Habsbourg d’Espagne et du Saint-Empire germanique, les protestants et puissances voisines à majorité protestante, ainsi que les Provinces-Unies et pays scandinaves. La France déclara ensuite la guerre contre l'Espagne en 1635 pour réduire la puissance de la maison de Habsbourg.

Situation de la Moselle et de la Lorraine au début du XVIIe siècle

Le contexte géopolitique du territoire de mes ancêtres au moment de la guerre de la Trente Ans est très différent d'aujourd'hui. En effet, mes aïeux étaient pour ainsi dire des frontaliers, puisque leurs villages et paroisses étaient situés dans la Prévôté de Thionville, faisant partie du Duché du Luxembourg, alors au main des Habsbourg d'Espagne depuis 1555. 

Carte de la Prévôté de Thionville et frontière de la France avec le Luxembourg avant 1659 (Jaillot, Alexis-Hubert (1632?-1712). Bibliothèque nationale de France, département Cartes et plans.
Johann G. Droysen, Allgemeiner Historischer Handatlas

Par ailleurs, il faut également comprendre qu'à cette époque, le territoire de l'actuelle Lorraine était totalement morcelé.

Pour faire très simple, nous avions donc
  • la prévôté de Thionville au main des espagnols, 
  • les territoires des Trois Evêchés (Metz, Verdun et Toul) sous protectorat français, mais encore juridiquement intégrés au Saint-Empire romain germanique, 
  • et le Duché de Lorraine (en jaune sur la carte à droite).
Pendant la guerre de Trente Ans, le duc de Lorraine, Charles IV, s'était allié aux anglais et au Saint-Empire, ce qui fut un prétexte pour Richelieu d'occuper la Lorraine.

Ainsi, vous comprendrez que lorsque la France entre en guerre contre l'Espagne, ces lieux étaient situés en plein cœur des hostilités. Vous ajoutez à cela que cette zone était et reste toujours un ROUTE de déplacements au sein de l'Europe, et vous avez ici une belle zone de passages de troupes et d'affrontements. C'est ainsi que des hordes de Suédois, Tchèques et Croates, souvent des mercenaires, vinrent déferler pour mettre ce territoire à feu et à sang, causant de grands RAVAGES dans les villes et villages.

Les misères de la guerre


La période la plus funeste pour la Moselle et la Lorraine fut sans nul doute les années 1635 à 1638.

Les différents témoignages parlent de massacres, de tortures, de viols, de pillages et de divers supplices sur les populations apeurées et sans réelles défenses. Le curé d'Avioth (Meuse) nous décrit des faits qui sont d'une extrême violence, sordides et REPUGNANTS :


"Les habitants sont contraints de fuir à tout moment de lieu à aultre pour se soustraire des mains inhumaines de ceux qui les [...] tuent et massacrent [...] par leur seul plaisir. Déchiqueter et détrancher le corps à coups menus, lents, verser de l’eau bouillante dans l’estomach et les entrailles par une corne percée enfoncée dans le gosier, les brusler avec des fers ardens et embrasez aux parties viriles et aultres endroits du corps, les crever en leur marchant et frappant sur le ventre, les pendre aux foyers, fumiers et cheminées pieds en contre-haut, testes contrebas, …… et de toutes ces vilainies faire suivre la mort, ce sont espèces et exploits de leur cruaulté desquels les exemples sont advenus et adviennent encoires".  (Source).
 
Sans armes, les seuls survivants se réfugient dans les bois et abandonnent les villages qui sont ruinés, parfois pendant des mois, ou bien émigrent définitivement. Les champs ne sont plus labourés, ni les foins coupés, les semences.

Les misères de la guerre de Trente Ans - Jacques CALLOT - Source : Gallica


A ces massacres, il faut ajouter les épizooties qui frappent le bétail, ainsi que les épidémies de peste qui frappèrent notamment le pays de Thionville en 1630/1631 et 1634/1636.

C'est ainsi que certains territoires perdirent jusqu'à 90% de leur population et des villages furent ruinés et abandonnés à jamais. Dans l'article de demain, je vous parlerai des faits et des conséquences qu'il y a eu dans la paroisse et seigneurie de Luttange, où a vécu une grande partie de ma branche maternelle.



Sources :

La guerre de Trente Ans en Lorraine : Lien

HOUDRY, Philippe. La guerre de trente ans (1618-1648). 22p.  En ligne

mercredi 20 novembre 2019

#ChallangeAZ 2019 - Qualification, Quatre-à-la-suite, Question

Au 17ème jour du #ChallengeAZ, toujours motivé ! On continue avec les trois mots imposés  QUALIFICATION, QUATRE-A-LA-SUITE et QUESTION. 
Pour ma quatrième participation, j'ai choisi de solliciter mes abonnés Twitter dans le cadre d'un défi estival devenu rapidement un concours de mots suivi par une cinquantaine de personnes. Merci à eux ! Au final, j'ai choisi pour chaque lettre trois mots qui devront me servir pour la rédaction des mes articles... 


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Avant les deux articles prévus pour les lettres R et S, je pense que nous avons besoin d'un peu de distraction. Pourquoi ne pas jouer à une petite partie de QUESTION pour un Champion, spéciale Généalogie ?



Pour vous, fidèle lecteur ou fidèle lectrice, je vous fait grâce de la première manche et nous passons tout de suite au QUATRE-A-LA-SUITE !

Bien évidemment vous choisissez le thème du jour :"Actes et ressources des archives départementales".

Vous êtes prêts ?

TOP !

  1. Quel document, généralement classé en série R ou W, et délivré à partir de la fin des années 20 par l’ONAC, permet de mettre entre autre, un visage sur un ancien soldat ?
  2. Quels registres, tenus par les paroisses après 1793, permettent d'avoir une source complémentaire à l'état-civil ?
  3. Quel document, dressé par un notaire, permettait de faire état des biens appartenant à une personne après sa mort ?
  4. Comment appelait-on, à l'inverse des grosses, les documents notariés originaux, généralement écrits avec une écriture fine et appliquée ?
  5. Quels documents, généralement cotés "3P" ont été institués avec la loi du 15 septembre 1807 ?
  6. Quelles tables, provenant de l’Enregistrement, permettent de retrouver les dates des déclarations de succession concernant chaque défunt ?

Alors, avez-vous fait quatre à la suite ? Voici les réponses :

  1. La carte du Combattant
  2. Les registres de catholicité
  3. L'inventaire après décès
  4. Les minutes
  5. Le cadastre (napoléonien)
  6. Les tables de successions et absences

Bravo ! Bien évidemment, vous avec gagné votre QUALIFICATION pour la finale !

Attention, suspense...

Un indice, en bas de votre écran (ou juste en dessous de ce texte, parce qu'on n'est pas à la télé) :

"UN PETIT GRAIN DE FOLIE"

TOP !

Né dans la commune de Hayes en 1820, je suis le troisième enfant d'une fratrie qui en comptera huit. A l'âge de 6 ans, je déménage avec mes parents pour habiter rue Derrière les Halles à Boulay, commune que je quitterai en 1842 après mon mariage avec Marie Anne PISTER. A l'âge de 22 ans, je deviens charron et m'occupe, entre autre de construire des roues et monter des charriots pour les habitants du village de Charleville-sous-Bois où je m'installe. Après avoir résidé quelques temps dans la commune de Charmontois-le-Roi dans la Marne, je reviens m'installer à nouveau à Charleville-sous-Bois. Isidore, Marie, Marie Obéline, Apollon et Jean-Louis sont les noms de mes cinq enfants que j'aurai avec mon épouse. Malade et victime, d'après les médecins et de mon entourage, d'hallucination et de folie, je suis emmené à l'Hospice St-Nicolas de Metz avant d'être transféré à l'asile de Maréville en Meurthe et Moselle, en 1869. Je disparais quatre ans plus tard, en 1873.
Je suis....


Je suis...  Hubert WALENTIN !

Encore bravo pour votre participation ! En tant que vainqueur, vous avez gagné un dictionnaire en ligne, que vous pouvez tout de suite aller visualiser, chez notre partenaire Gallica !


A vous les studios !

mardi 19 novembre 2019

#ChallengeAZ 2019 - Poète, Parenthèse, Passion

16ème jour du #ChallengeAZ et le défi continue ! Toujours trois mots imposés avec PARENTHÈSE, POÈTE et PASSION. En effet, pour ma quatrième participation, j'ai choisi de solliciter mes abonnés Twitter dans le cadre d'un défi estival devenu rapidement un concours de mots suivi par une cinquantaine de personnes. Merci à eux ! Au final, j'ai choisi pour chaque lettre trois mots qui devront me servir pour la rédaction des mes articles... 


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Je vous propose aujourd'hui une petite PARENTHÈSE en me transformant volontiers POÈTE. Poète d'un jour, certes, mais qui me permet dans ce quatrain de vous présenter ma PASSION : la généalogie.


Pour ne pas les oublier


Rechercher mes aïeux, leur vie et leur histoire,
Est devenu pour moi, un devoir de mémoire,
Qu'ils soient très miséreux, ou plutôt fortunés,
Je veux désormais rendre hommage à mes ainés.

En bon chercheur d'aïeux, je rentre dans la course,
Non sans prier les cieux, je recherche les sources,
Des actes de baptême, aux actes de décès,
Quand la vie débutait, ou lorsqu'elle cessait.

Quel que soit leur métier, leur vie ou leur labeur,
J'ai trouvé dans mon arbre, charrons et laboureurs,
D'autres étaient chaufourniers, ou souffleurs de cristal
Ou bien manouvrier, pêcheur ou maréchal

Rechercher mes aïeux, leur vie et leur histoire,
Est devenu pour moi, un devoir de mémoire,
Étant dépositaire, par nos destins liés
Ce que je veux surtout : ne pas les oublier.


lundi 18 novembre 2019

#ChallengeAZ 2019 - Oeillet, Oui, Officier

Pour ce 15ème jour du #ChallengeAZ le défi continue avec les trois mots imposés. En effet, pour ma quatrième participation, j'ai choisi de solliciter mes abonnés Twitter dans le cadre d'un défi estival devenu rapidement un concours de mots suivi par une cinquantaine de personnes. Merci à eux ! Au final, j'ai choisi pour chaque lettre trois mots qui devront me servir pour la rédaction des mes articles... 
Aujourd'hui, place aux mots ŒILLET, OUI et OFFICIER.

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L'ancien et le nouveau langage des fleurs - 
Le Bailly 1858 (Source : Gallica)
Pour cet article, je décide de partir du mot ŒILLET, au sens botanique du terme. Les œillets sont des fleurs de la famille des Caryophyllaceae. et généralement du genre Dianthus. Parmi les plantes ornementales, on retrouve notamment les œillets de poètes très odorants. 

Dans le langage des fleurs, les œillets ont diverses significations. On connaît le plus souvent la symbolique de l’œillet blanc, synonyme de l'amour pur. L’œillet rouge est quant à lui porté à la boutonnière pendant la journée du 1er mai, notamment en Allemagne. Parmi les autres symboles, l’œillet rouge pâle suscite le respect et l’admiration.

Le respect et l'admiration, justement. Il y a de nombreuses personnes de ma généalogie, ancêtres ou collatéraux, à qui je pourrais volontiers remettre un bouquet d'ŒILLETS rouges pâles. 



Hommage à Paul et Jean-Jacques JOHANNES


J'ai souhaité, au travers de mon article de ce jour, rendre à nouveau hommage à deux collatéraux qui suscitent pour moi respect et admiration : Paul et son fils Jean-Jacques JOHANNES. Depuis que j'ai retracer leurs parcours durant les deux guerres mondiales, ces deux hommes m'ont touché de par leur engagement et leur sacrifice pour leur pays, la France.

Je ne rentrerai pas dans le détail de leur vie et je vous invite à lire ou relire leur histoire que j'ai rédigé lors du challenge "Raconte-moi nos ancêtres" (RMNA) en 2018.

Né le 14 juillet 1899 à Distroff, Paul s'est marié avec Gabrielle HOURTE, fille du banquier Jean HOURTE dont je vous ai déjà parlé à deux reprises lors de ce #ChallengeAZ (Lettre B et K). Il est donc le gendre de mon arrière-grand-oncle. De ce premier mariage, Paul a été le père d'un garçon, Jean-Jacques, né en 1925. Malheureusement, Gabrielle décède en 1927 et Paul se remarie ensuite avec Marie-Thérèse BOSMENT avec qui il aura deux enfants.

Au début de la seconde guerre mondiale, Paul, qui était alors OFFICIER de réserve, reprend du service au 5ème bureau de l’État-major de l’Armée en tant que Capitaine de Réserve. Mais bien vite, après la débâcle, Paul prend une décision importante. Il décide de dire NON à l'occupant, NON au nazisme, mais OUI à la France libre et à la Résistance. Rapidement, son fils Jean-Jacques, étudiant en Math Sup, le rejoint en Auvergne.

Malheureusement, le réseau est dénoncé et le père et le fils sont emprisonnés et envoyés dans les camps en Allemagne. Paul revient, malade et très diminué. Son fils, Jean-Jacques, ne revient pas de son internement dans le camp de Wöbbelin et et sera, plus tard, reconnu Mort pour la France.



Carte du combattant de Paul JOHANNES (AD57 - 1001W 193-2)

L'hommage de la commune de Distroff


Suite à mon article du #RMNA, le maire de Distroff, lieu de naissance de Paul JOHANNES, m'a contacté car la commune souhaitait intégrer mon article dans un ouvrage sur l'histoire de la commune, en cours de rédaction à ce moment-là. J'étais très honoré de cette sollicitation.

Sans doute touchés à leur tour par le destin de Paul et Jean-Jacques JOHANNES, les membres du groupe de rédaction et la commune ont souhaité rendre un honneur plus appuyé à ces deux hommes.

Ainsi, lors des cérémonies du 11 novembre 2019, le maire a rebaptisé la place de l’Église place "Paul et Jean-Jacques JOHANNES, Résistants et martyrs des deux guerres", et ceci en présence d’Élisabeth et André JOHANNES, les deux enfants encore en vie de Paul. Ce moment s'est déroulé dans une très grande émotion, notamment pendant la lecture de l'histoire de Paul et Jean-Jacques, reprise de mon article, par des enfants de la commune.

Baptême de la place "Paul et Jean-Jacques JOHANNES, Résistants et martyrs des deux guerres". Photo : commune de Distroff (FB @communedistroff)

J'ai été profondément touché et ému par cette initiative qui a permis de leur rendre un très très bel hommage. Malheureusement, je n'ai pas pu être présent, mais le maire de Distroff m'a gentiment donné les coordonnées des enfants de Paul pour que je puisse prendre contact avec eux et parler de leur père et de la famille...

samedi 16 novembre 2019

#ChallengeAZ 2019 / #RDVAncestral : Nervosité, Nuancier et Naufrage

Cet article du challenge est un peu particulier puisque ce troisième samedi du mois est également le jour du #RDVAncestral, un exercice d'écriture qui nous invite à aller à la rencontre de nos ancêtres. #ChallengeAZ oblige, ma rencontre du jour devra inclure les trois mots choisis : Nervosité, Nuancier et Naufrage.






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Samedi 16 novembre 2019.

Pour ce 14ème jour du #ChallengeAZ, je ne suis pas serein. Je n'ai pour l'heure aucune idée sur les mots que je vais devoir utiliser aujourd'hui. Pourquoi les ai-je choisis ? Naufrage... mais pourquoi Naufrage ? Moi qui n'ai aucun ancêtre marin... Bref, je suis perdu. Bloqué devant mon écran, je décide d'éteindre l'ordinateur.

A peine ai-je eu le temps de fermer mon PC que je me sens comme projeté en arrière dans une sorte de tourbillon. En un éclair, je suis transporté en un autre lieu, et comme je le pressentais, dans une autre époque.

Arrivé dans cet endroit inconnu, la première chose qui me marque le plus c'est cette odeur de bois, très forte. Dans ce qui semble être un atelier, je remarque des roues, des morceaux de roue, partout. Voilà qui me renseigne sur le métier du propriétaire de ces lieux... 

L'atelier du Charron - Encyclopédie de Diderot et d'Alembert - Source : Gallica

J'aurais aimé pouvoir passer un peu plus de temps pour contempler cette pièce, mais un homme entre bientôt en m'apostrophant :

"- Et bien ! Je ne vous attendez pas si tôt !
- Hubert ! j'aurais du me douter que j'étais arrivé dans votre atelier de charron!
- Bienvenue chez moi ! Vous savez, c'est ici que je me sens le mieux. Au moins, je suis à l'écart des ragots des prétendus honnêtes gens.Vous semblez avoir besoin d'aide pour votre défi du jour ? "

Hubert a vu juste. Décidément, mon aïeul est d'un vrai secours lorsque je suis en panne d'idée !
"- Et bien, Sébastien, profitons de ce moment pour que je vous présente mon métier !
- Ce serait avec joie !
- Mon métier de charron, je l'ai appris grâce à mon beau-père qui lui-même était charron. J'aime beaucoup travailler le bois pour le transformer en pièces qui serviront pour fabriquer les roues des carrioles et charrettes. Regardez ici : voici mes outils. Rien de très particulier. Je me contente de scies, tarières, rabots, varlopes, ciseaux à bois ou de vilebrequins. Mes gabarits me servent pour créer des pièces qui permettent de s'ajuster au mieux et former des roues circulaires"

Je trouve cette conversation très intéressante, mais mon esprit est ailleurs. Je devrais profiter de ce moment avec mon aïeul, mais je pense avec NERVOSITÉ à mon défi du jour. Je dois absolument utiliser les mots choisis... Bon, je vais essayer de les caser, peu importe le sujet de la conversation, quitte à devenir grotesque.
"- C'est passionnant votre métier Hubert, mais dites-moi, pour le choix des couleurs de vos charriots, utilisez-vous un NUANCIER ?
- Comment ? De quoi me parlez-vous ? Un NUANCIER ne me servirait à rien ! 
- Oui, effectivement. Et sinon, savez-vous si un de vos charriots a été transporté sur un bateau qui aurait pu faire NAUFRAGE ?
- Non mais vous devenez complètement fou Sébastien ? Votre défi commence à vous monter à la tête mon cher. Je comprends que vous devez utiliser les mots choisis, mais cela frise le ridicule !"

Bon. Je crois plutôt que c'est notre conversation qui devient un véritable NAUFRAGE... Et en plus, me faire traiter de fou par Hubert... Bref. C'est vrai qu'il a raison. Je devrais profiter de cet instant pour mieux comprendre le métier de mon aïeul.
"- Excusez moi Hubert, je ne voulais pas vous embêter avec tout cela.
- Allez Sébastien ! N'en parlons plus.
- Voulez-vous que je vous montre de quelle manière je monte une roue ?
- J'en serais très honoré".
Finalement, j'ai passé un moment très enrichissant avec Hubert qui m'a montré avec passion son métier de charron. Je regrette un peu mon insistance avec le défi du #ChallengeAZ et je me dis que quels que soient les sujets qui nous tracassent, nous devons être pleinement présents avec ceux qui nous entourent et nous aiment.

vendredi 15 novembre 2019

#ChallengeAZ 2019 - Moselle, Mystère et Mort

Initié par Sophie Boudarel de la Gazette des Ancêtres, le ChallengeAZ est devenu un rendez-vous annuel incontournable. Il propose aux généablogueurs de rédiger, chaque jour de novembre (sauf le dimanche), un article en suivant les lettres de l'alphabet. Pour ma quatrième participation, j'ai choisi de solliciter mes abonnés Twitter dans le cadre d'un défi estival devenu rapidement un concours de mots suivi par une cinquantaine de personnes. Merci à eux ! Au final, j'ai choisi pour chaque lettre trois mots qui devront me servir pour la rédaction des mes articles...

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Moselle, Mystère et Mort. Voilà le programme du jour. Avec ses trois mots, vous vous doutez que l'histoire que je vais vous raconter aujourd'hui n'est pas une histoire joyeuse.

Chaque région, chaque pays ou chaque village possède ses propres légendes dont certaines peuvent vous glacer le sang. Ces histoires "qui faisaient peur" étaient le plus souvent racontées dans les veillées, à la lueur des flammes de la cheminée. Il est certain que les plus jeunes devaient  être effrayés à l'écoute de ces contes qui avaient souvent pour but de donner de bonnes leçons de morale.

On parle souvent de l'Ankou en Bretagne, mais la MOSELLE n'est pas en reste et il existe de nombreux témoignages historiques d'apparitions d'êtres surnaturels, de fantômes et autres êtres fantastiques.

L'histoire que je vais vous raconter est digne des meilleures nouvelles d'Edgar Allan Poe ou de Guy de Maupassant. Elle se passe dans la ville de Boulay au début du XIXè siècle, période durant laquelle Louis-Joseph WALENTIN vivait dans cette commune (mon sosa 240). Il n'est donc pas impossible qu'il est entendu parler de cette histoire...

De la fin du XVIIIè au début du XIXe siècle, la ville de Boulay fut le théâtre d'apparitions surnaturelles. Ainsi, plusieurs témoins ont fait état de faits étranges et de grands MYSTÈRES dont l'apparition d'un spectre nocturne appelé la Massue.

D'après les témoignages de l'époque, elle apparaissait sous la forme d'une bête immonde, de la taille d'un veau et portant de longs poils très sombres. La tête était quasiment invisible et seuls deux gros yeux brillants et deux pointes d'oreilles émergeaient de la fourrure. Cette bête trainait également des chaînes dont on entendait le cliquetis.

Outre son aspect ignoble, la Massue apparaissait également de manière mystérieuse. Sortant de l'obscurité, elle se présentait subrepticement, sans crier gare. Pourtant, cette bête semble n'avoir jamais fait de mal à personne. Elle se permettait simplement de barrer le passage au passant et s'asseyait sur son chemin en le fixant du regard.

La Massue semblait affectionner certaines rues de la ville : la rue du Four Banal, la rue de la Halle ou la rue de l’Église. Ces rues coïncident avec le quartier où vivait mon aïeul... Enfin, certains disent l'avoir aperçu hors la ville, dans un lieu-dit appelé "Stromerich".

De nombreux témoignages d'honnêtes gens ont été relatés dont celui d'une ancienne maîtresse d’école à Boulay vers la fin du XVIIIe siècle :
« Une soirée, assez tard, je sortais avec ma sœur de nos écuries, et, pour rentrer chez nous, il fallait traverser la rue de la Halle. Voilà la Massue qui se présente : elle montait la rue. Ma sœur me crie : Retire-toi ! J’ai cru qu’elle voulait badiner ; mais tout à coup cette bête s’est trouvée près de moi et, en passant, s’est serrée contre mes jupons sans que je la sente. Elle était plus noire que grise et de la grosseur d’un chien dogue. C’est en 1770 que cela m’est arrivé. Depuis ma sœur l’a vue à cette même place à trois reprises différentes. M. Lefort, allant un soir chez M. de Villers et suivant la rue du Four Banal, la vit sortir du coin derrière la maison Coignard et venir au devant de lui." (Source)
D'après la légende, la Massue serait le spectre d'un ancien gouverneur de Boulay: le Capitaine Dithau. L'histoire raconte qu'il aurait accusé sa tante de sorcellerie et la fit emprisonner pour pouvoir s'emparer de tous ses biens et richesses. Le procès en sorcellerie qui en découla dura près de deux mois. La pauvre femme fut condamnée en 1635 et fut brûlée vive le 17 juillet 1635, en un lieu appelé Stromerich. Ses cendres furent jetées au vent et les biens confisqués. Le Capitaine Dithau ne put donc pas profiter des richesses de sa tante et fut ainsi condamner à errer après sa MORT, sous cette forme de Massue, en expiation de ses péchés.

Source : https://www.france-pittoresque.com/spip.php?article2897