mardi 30 octobre 2018

#ChallengeAZ 2018 - En guise d'avant-propos

Et voilà, après plusieurs mois d'attente, le #ChallengeAZ 2018 démarre après-demain, jeudi 1er novembre 2018 !

Cette année, près d'une centaine de généablogueurs vont publier pendant un mois, un article par jour en suivant l’alphabet. Pour ma part, je renoue avec cet exercice après une participation en 2013 et partielle en 2014.

J'avoue que le thème que je vous propose cette année a été choisi très (très) tardivement, c'est à dire le 29 octobre... En réalité, j'étais parti sur le projet sans doute trop ambitieux de raconter l'histoire militaire de cinq de mes aïeux de la révolution française jusqu'à la seconde guerre mondiale, et ceci sous la forme de podcasts avec ambiance sonore et musicale... Tout un programme ! Cependant, malgré ma motivation, le temps m'a (énormément) manqué et j'ai du me résoudre à abandonner cette idée. Bon les scripts sont faits, les musiques et sons choisis... je garde donc ce projet sous le coude pour les mois à venir.

Donc qu'en est-il du challenge de cette année ? Après réflexion, j'ai choisi d'appliquer le principe du challenge "au pied de la lettre" : je vais chaque jour rédiger une lettre à l'un de mes aïeux et collatéraux. Le ton est quelque peu différent de ce que j'écris d'habitude et ressemble un peu plus à un #RDVAncestral.

Ces lettres seront pour moi l'occasion de les interroger, de leur rendre hommage, de les remercier ou tout simplement pour dire ô combien certains d'entre-eux me manquent...

Je vous donne donc rendez-vous jeudi 1er novembre à 7h30 (c'est très précis !) pour découvrir ma première lettre, envoyée à mon AAAGP, Apollon.

jeudi 27 septembre 2018

#Projet3Mois – Catherine Valentin – Episode 5 : des actes retrouvés

Dans le quatrième épisode de mon premier #Projet3Mois, j’en étais resté sur les seules informations en ma possession au sujet du décès de Catherine VALENTIN et de Jacques REGULIER : l’état-civil et le registres de catholicité. Bien déterminé à en savoir plus, j’ai souhaité dépouiller les actes notariés de cette période car les archives de la Justice de Paix ont disparu en 1944. 

Les inventaires des Archives départementales de la Moselle m’ont permis de retrouver, par chance, la présence d’un notaire en résidence dans le village des Étangs : maître Lamarlé. D’actes en actes, de feuillets en feuillets, je me plonge dans le passé de ce village dans les 1808 et 1809. Enfin, sur une minute en date du 6 novembre 1809 : un inventaire après décès. Mes yeux s’arrêtent sur deux noms : Jean Jacques REGULIER et Catherine VALENTIN. Imaginez ma joie à la découverte de cet acte qui se rapporte pourtant au décès de Catherine ! Outre de nouvelles « révélations », je trouve également dans la minute suivante, un acte de vente des biens mobiliers des défunts, en date du 13 novembre de la même année.

Inventaire après décès de Catherine VALENTIN et Jacques REGULIER (AD57 - 407U1 - Année 1809, n°96)


Dans la suite de cet article, je vous propose de faire un point sur les avancées que j’ai pu réaliser grâce à ces deux documents (AD57 - 407U1).


Des informations inédites et une confirmation sur le statut marital de Catherine


Dès le début de l’acte, j’apprends que Jacques REGULIER (nommé ici Jean-Jacques) était boulanger, renseignement que je n’avais pas puisqu’il apparaissait dans les derniers actes de catholicité et d’état-civil comme manœuvre.

La suite du document me permet également de préciser le statut et la situation de Catherine à son décès :
  • Elle est bien divorcée d’avec Jacques REGULIER, qui avait émigré, même si elle vit à nouveau avec lui,
  • Elle est toujours mariée civilement avec Nicolas GASNER, mais celui-ci ne vit pas avec elle car il demeure à Courcelles-Chaussy, là où il a toujours vécu (ce qui me conforte dans l’idée qu’il s’agissait d’un mariage de « façade »),
  • Même s’il est le père et tuteur de Marguerite GASNER, ce n’est pas lui qui s’en est occupé après le décès Catherine. C’est Nicolas BERARD, beau-frère de Catherine VALENTIN, qui en assure la « protection ». 

Louis Joseph, finalement le fils de Jacques REGULIER ? 


La suite du document aborde les liens qui unissent les défunts avec les différents membres de la famille.

Comme je le savais, l’acte mentionne trois enfants :
  • Jean-Jacques REGULIER, 
  • Joseph VALENTIN,
  • Marguerite GASNER. 

Les détails de la situation de ces enfants vont m’apporter une information des plus capitales :

Jean Jacques REGULIER est dit « garçon mineur et émancipé […] sous l'autorité du Sieur Nicolas Bérard, manoeuvre, demeurant à Pontigny ». Joseph VALENTIN est cité de la sorte « Joseph Valentin, né Régulier garçon majeur et Militaire au service de Sa Majestél'Empereur, absent ».

Extrait de l'inventaire après décès de Catherine VALENTIN et Jacques REGULIER (AD57 - 407U1)

Oui, vous lisez bien Joseph VALENTIN, né Régulier ! 

La suite ne laisse guère planer de doute : « Ces deux derniers procréés dudit mariage des deux deffunts ».

Concrètement, cela signifie que Louis Joseph WALENTIN (nommé ici Joseph VALENTIN) est considéré dans cet acte comme étant le fils de Jacques REGULIER. L’acte suivant relatif à la vente mobilière de la succession fait état de la même situation en mentionnant les deux enfants de Catherine VALENTIN et Jacques REGULIER : Jean-Jacques REGULIER et Joseph VALENTIN REGULIER.

Le doute est-il permis ? 

Pour moi, ces informations ne me permettent pas de valider avec certitude la paternité de Jacques REGULIER (même si cela me permettrait de remplir une partie vierge de mon arbre).

Pourquoi a-t-on considéré Jacques REGULIER comme le père de Louis-Joseph ?

  • Pour des raisons successorales ? Louis Joseph était absent au décès de sa mère et son possible père. Il n’a donc pas pu personnellement influer pour signifier qu’il était le fils des deux défunts. Par ailleurs, il apparait que ses parents n’avaient que très peu de biens et qu’au final ils étaient endettés. 
  • Pour un état de fait ? Dans la famille, on pourrait dire que Jacques REGULIER a été un père pour Louis-Joseph. Or, s’il l’on s’en tient à sa présence effective dans le foyer, on peut douter de cette affirmation. En effet, Jacques est rapidement parti en émigration après son mariage avec Catherine VALENTIN. Louis Joseph devait être âgé de 4 ou 5 ans. Vraisemblablement, il serait revenu en 1804/1805. Louis Joseph avait alors 16 ans. 

Alors, dans ce cas, pourquoi Jacques REGULIER n’a-t-il pas reconnu son fils prétendu issu de sa relation avec Catherine ? Est-ce lié au contexte troublé de la révolution ?

Encore des questions sans réponse...

L’inventaire après-décès : dans l’intimité de la maison de Catherine et Jacques REGULIER


Comme je le supposais, le couple vivait avec un niveau de vie plutôt faible. Ils n’avaient aucun bien immobilier et louaient une petite maison de manœuvre appartenant à Simon MICHAUX, laboureur vivant dans la commune.

De dimension modeste, la maison était composée de 4 pièces :
  • Une « chambre » donnant jour sur la rue composée de quelques meubles : un coffre de bois de chêne, un pétrin, deux chaises garnies de roseaux, des tonneaux et cuveaux, ainsi qu’un tas de pommes de terres et une pendule en bois. 
  • Une chambre donnant jour à l’arrière comportant une table, un banc, des chaises, une armoire, deux lits à colonne, ainsi que différents ustensiles de cuisine (la cheminée devait s’y trouver)
  • Un grenier avec différents outils et un tas de fagots de bois
  • Une écurie comportant quelques outils et quelques animaux (trois porcs maigres et quatre poules). 
Cette configuration correspond à la maison de manoeuvre qui était en Lorraine composée d'une seule travée.

A la recherche de la maison mortuaire de Catherine...


Lors de ma dernière visite aux Archives Départementales de la Moselle, j’ai essayé de retrouver la maison mortuaire de Catherine et Jacques. Mon seul indice est que cette maison appartient à Simon MICHAUX.

Le cadastre napoléonien de la commune des Étangs date de 1807. L’état de classement pour cette année est ainsi contemporain à la période où Catherine et Jacques vivaient dans la commune.

Après une recherche rapide, je trouve qu'effectivement, Simon MICHAUX possédait deux maisons dont une beaucoup plus petite que l'autre (AD57 – 30P202/1). Malheureusement, l’atlas cadastral date de 1840 et la matrice a complètement été remaniée. En 1839/40, Simon MICHAUX est encore vivant et possède toujours deux maisons (AD57 – 30P202/5).

Extrait de l'atlas cadastral de 1839 de la commune des Etangs (NUM/35P202/1)
 
Sans en avoir la certitude, et en comparant avec le cadastre actuel, je suppose que la maison de Catherine est celle que vous voyez en photo ci-dessous (capture Google Map). Cette hypothèse semble très probable car il s’agit d’une maison de manœuvre à une seule travée.

C’est très émouvant en tout cas d’imaginer qu’elle y a vécu ses derniers instants....


Localisation possible de la maison mortuaire de Catherine VALENTIN (GoogleMap)




Sources :

Archives Départementales de la Moselle :

  • 407U1, Etude de Maître Lamarlé, notaire aux Étangs Minutes notariées de Maître Lamarlé (An13 à 1810.
  • 30P202/1, Cadastre napoléonien de la commune des Etangs, état de classement de 1807. 
  • 30P202/5, Cadastre napoléonien de la commune des Etangs, matrice cadastrale de 1840. 
  • NUM/35P202/1, Cadastrale napoléonien de la commune des Etangs, plan minute de 1839.

samedi 16 juin 2018

#RDVAncestral - Catherine VALENTIN, un rendez-vous manqué...

Comme chaque troisième samedi du mois, Guillaume Chaix et toute l’équipe du #RDVAncestral nous proposent de partir à la rencontre de nos ancêtres. Pour ce nouvel épisode, j'avais décidé de m'entretenir à nouveau avec Catherine VALENTIN, mon aïeule rencontrée il y a deux mois...



Les recherches généalogiques ne sont pas aisées pour celui qui habite loin de sa région d'origine et les occasions d'aller aux archives départementales sont rares. En ce mois de juin 2018, je profite d'un passage en Lorraine pour me rendre aux archives départementales de la Moselle. Sans idée précise, j'avais en tête de consulter les archives du Notaire des Étangs, commune où Catherine Valentin avait vécu les dernières années de sa vie. Ne sait-on jamais au hasard d'un acte, Catherine ou sa famille y sont peut-être mentionnés ? Je commande le document : 407U1.

Après un petit temps d'attente, assis sur ma chaise, j'entends le bruit si caractéristique du chariot, annonciateur de l'arrivée des documents en salle de lecture. Je récupère la liasse de feuillets placés dans une pochette en carton, puis je dépouille les actes un par un. Ah, que j'aime ces odeurs de vieux papiers !


1806, 1807, 1808... les années défilent sous mes yeux sans m'apporter le moindre acte intéressant pour mes recherches. Je commence quelque peu à me lasser lorsque mes yeux s'arrêtent sur des noms familiers. Sur un papier jauni et taché par le temps, je déchiffre très distinctement les noms de Catherine Valentin et de Jacques Régulier : un inventaire après décès.

Inventaire après décès de Catherine VALENTIN et Jacques REGULIER (AD57 - 407U1)


Imaginez mon excitation et ma joie à la découverte de cet acte qui symbolise à lui-seul l'épilogue de mes longues recherches sur mon aïeule. Je me pose alors un instant et ferme mes yeux pour me préparer à déchiffrer l'acte dont certaines parties sont peu lisibles.

A cet instant, je sens une main me taper sur mon épaule. Une voix d'homme m'interpelle : "Vous arrivez trop tard". Je sursaute et me retourne.

Bien loin de la salle de lecture, je me trouve désormais dans une vieille maison. La pièce dans laquelle je me tiens est relativement sombre malgré la fenêtre ouverte sur l'extérieur. Humide et frais, cet endroit me semble inanimé, véritablement sans âme. Il faut dire que cette "chambre" semble avoir été vidée de ses meubles : une pendule, un miroir, un seau et un tonneau, deux chaises en paille, un coffre en bois et dans le coin un tas de pommes de terre. C'est à peu près tout. Sans nul doute, je suis de retour dans le passé pour un nouveau rendez-vous ancestral.


Devant moi, se tient un homme âgé d'une bonne quarantaine d'années. Curieux, je suis décidé à connaître son identité et les circonstances de mon RDVAncestral. Je décide donc de l’interroger:
"- Trop tard ? Pourquoi ?
- Les funérailles de Catherine Valentin ont eut lieu ce matin. Vous ne la verrez plus."
Ces mots me transpercent le cœur. Même si je sais pertinemment que Catherine est décédée un jour de septembre 1809, l'annonce de sa mort par un de ses contemporains me bouleverse et m'emplit de chagrin. La gorge serrée, je sens les larmes monter. Et pour cause. En travaillant depuis plusieurs mois sur sa vie, je me suis réellement attaché à Catherine : sa vie, ses douleurs, ses joies et ses peines. Plus que le sosa 481 de ma généalogie, elle est devenue un membre à part entière de ma famille.

Voyant une larme couler sur ma joue, l'homme pose sa main sur mon épaule en essayant de trouver un mot de réconfort :
"- Je comprends votre peine, sans doute l'avez-vous bien connu pour être si triste. Mais... excusez-moi... je ne me suis pas présenté. Je suis Nicolas Bérard, son beau-frère, marié avec sa sœur Marie Valentin.
- Heureux de faire votre connaissance Nicolas, je m'appelle Sébastien et je suis un membre éloigné de la famille Valentin."
Nicolas Bérard habite dans le village de Pontigny, situé non loin de la commune des Étangs où nous nous trouvons. Lui et sa femme sont restés très proches de Catherine et de ses enfants. En effet, après le divorce de Catherine d'avec Jacques Régulier pour cause d'émigration, Nicolas et Marie les ont accueillis pendant plusieurs années.



Remis de mes émotions, je continue notre discussion en le questionnant sur les causes de la mort de Catherine :
"- Catherine et Jacques (Régulier) étaient bien malades depuis plusieurs semaines. Ils étaient très faibles et la viande qu'ils devaient manger n'a été d'aucun effet. En une semaine, ils sont partis tous les deux. De toute manière, ils devaient partir ensemble...  Ce qui me chagrine le plus, c'est que Louis Joseph, son fils, est parti depuis plus d'un an maintenant au service de l'armée de l'Empereur. Il ne sait pas encore que ses parents sont morts !
- Ses parents dites-vous ? Mais Louis-Joseph n'est-il pas né de père inconnu ?
Ma question semble gêner Nicolas qui me répond tout de même après un moment d'hésitation :
- Dans l'état-civil oui. Après, vous savez ce que c'est... Jacques Régulier était un vrai père pour Louis-Joseph. Je ne peux vous le garantir, mais on dit que c'est son père. Catherine et Jacques, c'est une longue histoire, malheureusement très tourmentée.

Je suis stupéfait par cette nouvelle : Jacques Régulier serait-il donc le père biologique de Louis-Joseph Valentin ? Aucune certitude certes, mais cette hypothèse est relancée. Étrangement, Nicolas semble vouloir se confier et il poursuit :
- La vie de Catherine a été particulière... jusqu'au bout. Vous saviez que Catherine s'était remariée avec le maçon de Courcelles, Nicolas Gasner ? Même s'ils ont eu une fille, c'était je pense un mariage de façade. Dès le retour définitif de Jacques Régulier d'émigration, Catherine l'a retrouvé et ils se sont installés ensemble ici, aux Étangs. Ils ne pouvaient vivre l'un sans l'autre. Ils ont trouvé cette maison qu'ils ont loué à Simon Michaux. Jacques a pris le métier de boulanger. Malheureusement, la vie a été difficile pour eux. A plusieurs reprises ils ont du procéder à la vente de meubles pour pouvoir subvenir à leurs besoins. 

Cette description de la vie de Catherine m'attriste beaucoup. Que de tourments et de peines pour elle et sa famille ! Nicolas perçoit ma tristesse et essaie alors de me réconforter :
- Vous savez, malgré toutes ces séparations et ces épisodes douloureux, leurs enfants sont restés soudés. Je suis persuadé qu'ils resteront en contact et se soutiendront. En tout cas, j'y veillerai."
A ces mots, Nicolas m'invite à sortir de la maison et ferme la porte car les scellés doivent y être apposés. Dans une dernière accolade, nous nous saluons.

Après quelques instants, je sens une main qui me tape sur mon épaule. Un homme m'interpelle : "Monsieur, monsieur, vous dormez ?". J'ouvre les yeux. Je suis à nouveau assis dans la salle de lecture des archives départementales de la Moselle, devant l'acte d'inventaire après décès du 6 novembre 1809...

jeudi 31 mai 2018

#Généathème - Hommage à mon papi, malgré-nous de 1942 à 1945

Pour ce Généathème du mois de mai, Sophie Boudarel de la Gazette des Ancêtres nous propose, entre autre, de nous plonger dans le parcours d’un membre de notre famille durant la seconde guerre mondiale. Je souhaite, au travers de cet article, rendre hommage à mon grand-père maternel, Pierre HOURTE, qui, comme son père, a été enrôlé pour combattre en uniforme allemand, bien malgré-lui…

Ce texte est une version corrigée et augmentée d’un texte que j’avais écrit en 2013. 

Papi,

Pierre HOURTE, en malgré-nous
Tu vois le jour le 23 octobre 1923 dans le village de Vinsberg. Cela fait maintenant quelques petites années que la Moselle a réintégré la France, non sans difficultés. Tes parents, Pierre et Céline découvrent la vie française. Nés allemands en 1897, ils ont cependant reçus une éducation « à la française ».

A l’âge de 3 ans, ta chère maman trouve le repos éternel, partie trop tôt, à l’âge de 29 ans… Ton père en est très attristé, mais quelques mois plus tard, il rencontre Clémence, qui s’occupera de toi comme de son propre fils. Au moins, tu n’auras pas manqué d’amour, avec ta sœur et ton frère qui naîtront de ce mariage.

Au début des années 1930, toute la famille quitte Vinsberg pour s’installer à Marange-Silvange. La vie de la ferme devenait difficile et l’appel des usines qui cherchaient de la main d’œuvre avait décidé ton père à entrer comme ouvrier dans l’usine d’Hagondange.

1939, la guerre éclate. Tu as presque 16 ans. C’est d'abord la drôle de guerre, rien ne se passe vraiment ; et puis, en mai 1940, les soldats allemands envahissent la France. La Moselle et l'Alsace revivent les moments terribles de 1871 et sont intégrées au Reich... Malgré-toi, tu deviens allemand.

En 1942, tu as 19 ans. La guerre perdure. La police allemande t'as arrêté sans ménage car elle te soupçonne de sabotage à l'usine où tu travailles. Tu pars dans un camp de prisonniers.

Quelques mois plus tard, comme tous les jeunes de ton âge, tu es contraint de prendre l'uniforme allemand, le Feldgrau. Tu entres dans la Wehrmacht. Après trois mois de formation, tu pars ensuite à Allenstein (dans l’actuelle Pologne) au sein du 11ème Bataillon de Réserve d’Artillerie.

En mai 1943, tu es en permission à Marange, chez tes parents. Au moment de partir, tu as une petite altercation avec une jeune fille de la commune qui fait partie de la Bund Deutscher Mädel (Version féminine de la Jeunesse Hitlérienne). Celle-ci t’as sans doute dénoncé car ta famille n’auras plus de nouvelles de ta part pendant plus d’un an.

Après ton retour à Allenstein, tu es hospitalisé, ce qui retardera ton arrivée sur le front.

En octobre 1943, tu entres dans la 5ème Batterie du 11ème Régiment d’Artillerie qui combat sur le front de l’Est. C’est la destination la plus commune pour les Alsaciens et Mosellans qui ont été incorporés de force dans la Wehrmacht, ceci pour éviter toute tentation de fuite.

23 octobre 1943... Voilà un bien triste anniversaire. Le jour de tes 20 ans, tu arrives sur le front, non loin de Leningrad. Devant toi, il n'y a plus aucun arbre, seulement la désolation, la boue, des cratères et des cadavres. Sur un tronc, tu aperçois une main arrachée par un obus… A 20 ans, on ne mérite pas de voir ces choses-là… Les seuls mots qui te viennent sont "Oh maman...".

Tu vis ensuite l'horreur de la guerre et tu n'as jamais vraiment voulu en parler. Tu participes ensuite à différents combats : Narwa, Pernau, Riga... Toutes ces informations, je les tiens des archives de Berlin.

La Bataille de Narwa (Wikipedia)
En février 45, après une longue retraite vers l’actuelle Lettonie, tu es blessé pendant la bataille de Kurland. C’est un soldat allemand qui te sauvera, toi, Alsacien-Mosellan. Tu lui en seras reconnaissant toute ta vie.

Pendant un moment, tu es resté paralysé. Tu es ensuite envoyé à l'hôpital à Regensburg (Ratisbonne). La blessure étant sévère, tu y restes pendant le restant de la guerre. Lorsque l'on connait le sort des soldats allemands qui ont combattu à Kurland, je crois que cette blessure, aussi douloureuse soit-elle, t'a sauvé la vie...

Mai 1945, tu es libéré de l'hôpital. Après avoir récupéré quelques habits civils, tu prends la route pour rejoindre la Moselle. Le 24 mai 1945, une hirondelle entre dans la chambre de ta sœur. Elle est annonciatrice d’une bonne nouvelle : ton retour.

Certes, tu reviens blessé, amaigri, mais tu es redevenu français, et surtout libre. 

Je n'ai malheureusement pas connu mon papi, car il nous a quitté quelques jours après ma naissance. Les blessures de la guerre et les traitements contre ses maux l'ont rendu malade. J'espère en tout cas qu'aujourd'hui, il repose en paix, loin des tourments de cette triste période.

samedi 19 mai 2018

#RDVAncestral - Déambulation anachronique avec Hubert WALENTIN

Comme chaque troisième samedi du mois, Guillaume Chaix et toute l’équipe du #RDVAncestral nous proposent de partir à la rencontre de nos ancêtres. Le mois dernier, j'ai enfin pu faire connaissance avec Catherine VALENTIN, mon aïeule dont j'ai conté l'histoire dans mon #Projet3Mois. Pourtant, alors que je quittais sa maison, quelle ne fut pas ma surprise de tomber nez-à-nez avec Hubert WALENTIN...

Village de Lüe, commune de Hayes

Nous sommes aujourd'hui le 10 Ventôse de l'an 4 de la république française, soit le 29 février 1796. Je sors d'un #RDVAncestral avec Catherine VALENTIN, et voilà que je me retrouve nez à nez avec Hubert... son petit-fils, né 24 ans plus tard. Je suis complètement déboussolé.

Que se passe t'il ? La machine à voyager dans le temps s'est-elle détraquée ? Quoi qu'il en soit, les mots d'Hubert se répètent inlassablement dans ma tête. "Je vous avais dit que l'on se reverrait un jour !".  Effectivement, c'est bel et bien la promesse qu'il m'avait faite lors de notre rencontre à l'asile de Maréville. Je me perds dans mes pensées lorsque Hubert m'interpelle à nouveau :
"-Eh ! Sébastien ! Vous rêvez ?
- Excusez-moi Hubert, mais avouez que votre présence ici est quelque peu... anachronique !
- Et la vôtre mon cher ami ?"

Sur ce point il n'a pas tort. Nous quittons le seuil de la maison de Catherine et nous entamons une marche sur le chemin qui conduit vers le village de Hayes. C'est Hubert qui reprend la discussion.
"- Voyez-vous, je suis un peu comme vous, je suis un curieux de nature. Je souhaitais rencontrer ma grand-mère, Catherine car il y a beaucoup d'histoires et de rumeurs à son sujet...
- Je comprends. Vous savez Hubert, son histoire me tient à cœur également. J'ai réalisé beaucoup de recherches sur sa vie et elle concentre la plupart de mes épines généalogiques.
- Épines généalogiques vous dites ?
- Oui, c'est à dire des blocages et des questions sans réponse."
Au fur et à mesure de la discussion, je comprends qu'Hubert connait très peu de chose sur Catherine, et sans doute beaucoup moins que moi. Il me pose alors des questions sur les résultats de mes recherches, sur la vie de Catherine, ses mariages, son divorce, le contexte historique...
"- Et dans toutes vos enquêtes Sébastien, avez-vous retrouvé l'identité du père de mon père* ?
- Tout ceci est une autre histoire. J'ai quelques indices, mais aucune certitude.
- Mon père n'a jamais voulu en parler. Ma mère me disait que c'était un secret de famille et qu'il n'était jamais bon de vouloir rechercher la vérité.
- Sans doute disait-elle vraie. Pourtant, un secret de famille doit-il être enfoui à jamais ? Je ne crois pas... d'autant plus lorsque ce secret ne peut plus donner tort à quiconque.
- Effectivement Sébastien...Mais n'avez-vous pas peur de faire ressortir des vérités qui peuvent déranger ? Avouez que mon cas est dérangeant, n'est-ce pas ?
- Vous savez Hubert, je le fais avec respect, compréhension, indulgence et surtout sans aucun jugement. Qui suis-je d'ailleurs pour juger ?"


Nous continuons à avancer en silence sur le chemin de terre dont la boue est figée par le froid. Déjà au loin, nous apercevons le clocher de l'église du village de Hayes.


Certes, cinq générations nous séparent, mais nous marchons tous deux... comme deux amis qui se connaissent de longue date. La surprise et l'étonnement ont cédés la place à la joie. Je suis heureux de ce moment et de cette déambulation avec Hubert, lui que l'on qualifie de fou ou d'aliéné. Je repense alors à notre premier #RDVAncestral : l'asile, l'infirmière, le médecin... Et si finalement Hubert racontait la vérité ? Est-il un voyageur du temps ? A t'il vraiment rencontré le Christ comme il le prétend ? Voilà que mon esprit s'embrouille à nouveau... Je devrais profiter de cet instant plutôt que de me poser des questions. C'est finalement le hennissement d'un cheval qui me fait sortir de mes pensées.

Une charrette vient dans notre direction. Je reconnais alors Bernard VALENTIN, le père de Catherine, qui revient du village de Hayes où il a déclaré la naissance de son petit-fils, à la maison commune.
"- Vous voilà encore ? Laissez-nous passer, nous devons nous hâter car l'enfant est de petite constitution."
Toujours aussi peu aimable me dis-je... Pourtant, il a raison de se soucier de la santé du nouveau-né car celui-ci s'éteindra malheureusement deux semaines plus tard...

C'est la tombée de la nuit qui aura raison de notre déambulation. Je salue Hubert en le remerciant de ce moment passé en sa compagnie : "Nous nous reverrons Sébastien, n'ayez crainte !". Après une dernière accolade, nous retournons chacun dans notre époque d'origine, lui en 1869, moi en 2018...

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* Le père d'Hubert est Louis-Joseph WALENTIN, fils de Catherine. Il est né de père inconnu et malheureusement, je n'ai pas pour l'instant assez d'indice pour retrouver le père biologique (cf un précédent Article).

samedi 21 avril 2018

#RDVAncestral - Ma rencontre avec Catherine VALENTIN

Comme chaque troisième samedi du mois, Guillaume Chaix et toute l’équipe du #RDVAncestral nous proposent de partir à la rencontre de nos ancêtres. Depuis plusieurs semaines, mon souhait le plus cher était de partager quelques instant avec Catherine Valentin, mon aïeule dont j'ai conté l'histoire dans mon dernier #Projet3Mois. Après un rendez-vous manqué le mois dernier, j'étais bien décidé à ne pas manquer le coche...


Assis devant mon ordinateur, je prends une grande respiration et je ferme les yeux. Mon esprit vacille. Après quelques instants, mon voyage temporel me transporte dans un lieu que je ne reconnais pas encore. Il fait froid. Je rouvre les yeux.

Le paysage que je contemple me semble d'abord froid et hostile; sans doute les températures glaciales et les arbres nus y sont pour quelque chose. Le vent souffle et me glace les os malgré l'épais manteau de laine que je porte. Que suis-je venu faire ici ?

Mes doutes sont bien vite balayés lorsque, en me retournant, j’aperçois un village de quelques maisons avec en son milieu, un petit château entouré d'un jardin et de bassins. Mon cœur s'emplit de joie. Devant moi, se dresse fièrement le château de Lüe, appartenant au Sieur François Louis Joseph JOBAL. Me voici prêt à rencontrer Catherine VALENTIN. Je repense alors à toutes mes recherches, mes questions, mes doutes...

Le Château de Lüe (Source : Communes.com)


Je suis tellement perdu dans mes pensées que je ne prête pas attention à une voiture à cheval qui vient dans ma direction, depuis le village. L'attelage s'arrête à ma hauteur et son conducteur, un homme d'une soixantaine d'année, m'interpelle :
"- Eh vous! Nous devons aller au village de Hayes pour déclarer la naissance d'un enfant. Ecartez-vous de notre chemin !"
Son ton directif me décontenance quelque peu et je m'écarte aussitôt pour le laisser passer... Je ne souhaite pas avoir d'ennui ! Le chariot passe devant moi et j'entrevois à l'arrière une jeune femme qui serre dans ses bras un nourrisson emmailloté.

Remis de cette remontrance, j'interpelle cet homme pour lui demander s'il connait Catherine VALENTIN.

"- Catherine VALENTIN ? Que lui voulez-vous ? 
- Je suis un parent éloigné et je souhaite lui rendre visite. Savez-vous où je peux la trouver ?"
- De parenté vous dites ? Je ne vous connais pas. Je suis son père et l'enfant à l'arrière de mon chariot est son nouveau-né. "

L'homme qui se tient devant moi est donc Bernard VALENTIN et la jeune femme à l'arrière doit être sa fille, Marie. C'est la première fois que la rencontre avec un de mes aïeux se passe de manière si abrupte. Son caractère bien trempé et son autorité naturelle sont sans doute des qualités qui lui ont permis de devenir Garde des Bois. Soudain, pour je ne sais quelle raison, Bernard semble changer de position et me réponds d'une manière beaucoup moins directive:
"- Bon, effectivement, si vous êtes de la famille éloignée, je ne vous connais sans doute pas... Bon... Vous trouverez Catherine dans notre maison. Je vous demande juste de ne pas trop l'importuner car elle est encore fatiguée."
Bernard me montre la localisation de sa demeure puis reprends sa route. Sans plus attendre, je me dirige vers la maison. Le trajet n'est pas long et j'arrive rapidement sur le pas de la porte. Je frappe et une femme vient m'ouvrir. Je me présente en lui disant que j'avais vu Bernard VALENTIN en chemin. Elle me laisse entrer. Il doit s'agir de la sage-femme.

La chaleur de la maison contraste très nettement avec le froid à l'extérieur. Tout y est beaucoup plus doux. Une odeur de soupe se mêle aux senteurs du feu de bois. Catherine n'est pas seule à la maison. Outre la sage-femme, j'aperçois un homme attablé. Malgré mon arrivée, il ne bouge pas et reste assis devant la cheminée. Je trouve enfin Catherine, encore alitée dans un lit en alcôve. Je m'approche et me présente :

"- Bonjour Catherine, je suis très heureux de faire votre connaissance. Je suis Sébastien, un membre de la famille éloignée. Je viens prendre de vos nouvelles.
- Bonjour Sébastien. Je suis très heureuse également. On m'a prévenu de votre visite.

Je suis un peu surpris pas son propos, mais je n'y prête pas plus attention. Nous entamons la conversation et nous échangeons sur cette période troublée de la révolution.
- La révolution a bouleversé beaucoup de choses ici. Voyez-vous Sébastien, je me retrouve à présent divorcée. Je ne l'ai pas choisi. Mon mari, Jacques, a du suivre le Sieur Jobal. Certains ont dit à mon père que je risquais d'être emprisonnée si je restais mariée avec lui. Que faire alors ? J'ai du renoncer à beaucoup de choses...
- Mais votre fils, celui que vous avez mis au monde ce matin, qui est le père ? Jacques Régulier ?"
Catherine ne me répond pas. Elle esquisse seulement un sourire puis me demande de la laisser se reposer un peu. A ce moment, un homme entre dans la maison avec deux jeunes garçons qui courent embrasser leur mère. Je reconnais facilement le plus grand car la couleur rousse de ses cheveux "poil de carotte" correspondent à la description de Louis Joseph, fils de Catherine, également mon aïeul. Je suis ému par ce moment de tendresse entre une mère et ses deux fils. Je décide alors de prendre congé de mes hôtes.

Après avoir salué Catherine, je sors de la maison. A ce moment, l'homme qui était assis devant la cheminée se lève et me suit. Une fois à l'extérieur, je me retourne.

A cet instant, je sursaute. Les battements de mon cœur s'accélèrent. Ce visage, ce regard. Je connais cet homme. Devant mes yeux écarquillés et mon air hagard, il me salue :
"- Bonjour Sébastien, je suis heureux de vous revoir ! Je vous avais dit que l'on se reverrait un jour !"
C'est Hubert WALENTIN, mon aïeul que j'avais rencontré à l'asile de Maréville lors d'un précédent #RDVAncestral... Je suis sidéré. Pourtant, je ne suis qu'au début de mes surprises...

(la suite le mois prochain...)

vendredi 6 avril 2018

Mise en ligne de l’état-civil en Moselle : où en est-on ?

Les Archives Départementales de la Moselle ont entamé depuis 2011 la mise en ligne des registres paroissiaux, bien utiles pour les généalogistes qui ne peuvent se déplacer sur le site de Saint-Julien lès Metz. La collection n’est pourtant pas complète car il manque les registres que les communes n'ont pas déposés. En 2013, les tables décennales ont été mises en ligne sur la période 1792-1952, mais depuis, plus rien en ce qui concerne l’état-civil. Nous sommes aujourd’hui nombreux à nous interroger sur la prochaine mise en ligne de ces documents. 

Pour en savoir plus, j’ai questionné le service des Archives Départementales de la Moselle qui m’a aimablement répondu. Voici donc les dernières informations concernant les registres paroissiaux et l’Etat-Civil de la Moselle. 

 

Etat-civil : du nouveau pour fin 2018 !


Le problème de l’état-civil allemand (1876-1918)


Pour comprendre la situation, revenons à l’histoire récente de la Moselle. En 1871, le département est annexé par l’Empire allemand (tout comme les départements alsaciens). A partir de 1876, les règles de l’état-civil impérial s’appliquent et font apparaître sur les actes les mentions de la religion des intéressés. Or, selon l’article 8 de la Loi Informatique et Libertés, les informations religieuses constituent des données dites « sensibles ». Suite à la délibération n°2012-113 du 12 avril 2012 de la CNIL, les « données sensibles peuvent être accessible […] au-delà d'un délai de 150 ans ». Concrètement, cela signifie donc que l’on pourra avoir accès l’Etat-Civil de l’année 1876 en 2027…

Sur ce sujet, la décision du département de la Moselle est claire et il souhaite se conformer aux règles de la CNIL.

Et pour l’état-civil de 1792-1875 ?


Heureusement, nous avons une bonne nouvelle pour l’état-civil de 1792 à 1875 !

En effet, les archives départementales de la Moselle préparent la mise en ligne d'un premier lot de documents pour la fin de l’année 2018. Les images qui sont déjà numérisées font l’objet d’une vérification de leur qualité avant de les ouvrir à la consultation. Pour l’heure, la liste des communes qui seront publiées n’est pas encore connue.

La suite de la mise en ligne dépendra d’un partenariat ou d’un financement qui restent à déterminer.


Les registres paroissiaux complétés grâce au prêt des communes. 


La numérisation et la mise en ligne des registres paroissiaux a été effectuée sur la base des documents originaux (les microfilms ne sont doute pas d’assez bonne qualité pour une numérisation et une mise en ligne, et mon expérience le confirme !). Elle s’est donc faite sur la base d’une « collection idéale », réalisée à partir de la collection du greffe et des communes.

Cependant, certaines communes n’avaient pas déposé leurs archives aux services départementaux. Depuis 2012, les Archives Départementales complètent donc les documents numérisés sur la base de prêts des communes manquantes. Ainsi, durant deux années consécutives, une collecte de registres a été lancée auprès des communes de l’arrondissement de Thionville et de Sarrebourg (anciennes limites). Cette année, c’est l’arrondissement de Metz qui sera concerné. Le taux d’acceptation est pour l’instant de 60% et, depuis, des maires déposent volontairement leurs registres. Le stock en ligne augmente donc lentement mais sûrement !

Pour conclure, tout est mis en œuvre par les Archives Départementales de la Moselle pour compléter les collections en ligne. N’oublions pas d’ailleurs que depuis quelques années, nous avons accès aux registres matricules et au cadastre napoléonien, preuve que les choses avancent ! Enfin, n’oublions pas que la patience est une des meilleures qualités du généalogiste et que les associations de généalogistes et l’entraide existent encore !