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jeudi 28 novembre 2019

#ChallengeAZ 2019 - Xylème, Xylophage, Xylologie



Le #ChallengeAZ arrive dans ses derniers jours, avec les terribles lettres : X, Y et Z. Aujourd'hui, mon article doit s'inspirer des mots Xylème, Xylophage et Xylologie..








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Certes, je n'ai pas eu de difficultés à trouver les mots relatifs à mon article, puisqu'ils m'ont été proposés par mes "followers" sur twitter (que je remercie encore une fois!). Sauf qu'avec des termes comme Xylème, Xylologie et Xylophage, vous avouerez quand même que la tâche n'est pas facile !

Pour commencer, rien ne vaut une petite recherche dans Gallica.

La recherche concernant le terme "XYLOLOGIE" me renvoie, entre autre, sur un article de l'hebdomadaire "L'Immeuble et la construction, Bois et Forêts de l'Est" datant de juin 1935. Il est certain que sans le #ChallengeAZ, je ne serai jamais tombé sur ce document !

L'Immeuble et la construction dans l'Est ["puis" et Bois et forêts de l'Est réunis]. Nancy, 23/06/1935 (Source : Gallica, [En Ligne])
L'article en question explique que la xylologie (science qui étudie la structure ainsi que les propriétés physiques et chimiques du bois) pourra permettre des avantages considérables pour la menuiserie ainsi que pour le choix du bois de charpente...

Et si j'avais un charpentier dans ma généalogie ?

Parmi mes ancêtres, et dans l'état des mes connaissances, je n'ai retrouvé qu'un charpentier : Jean NEIS (mon sosa 3328). Marié avec Catherine ZIMMER, il était pêcheur puis charpentier à la Basse-Yutz. Il est décédé le 19 juillet 1694. 

Il est certain que mon aïeul n'avait pas du tout connaissance de la XYLOLOGIE. Pourtant, il est certain qu'il devait redouter l'apparition d'insectes XYLOPHAGES, qui se nourrissent de bois (le bois est formé par le XYLÈME secondaire) : capricorne des maisons, vrillettes... A une époque où les produits insecticides du commerce n'existaient pas, j'imagine que le bois des charpentes devait être souvent attaqué, ce qui donnait du travail aux charpentiers !


Le métier de mon ancêtre charpentier


Le site Passerelles de la BNF nous renseigne sur le métier de charpentier. J'ai notamment appris qu'au XVIe siècle et jusqu’au XVIIe siècle, on pouvait distinguer deux types de charpentiers :
  • les charpentiers de grande cognée qui fabriquent les planchers, les charpentes, mais aussi les échafaudages et les engins de levage (roues, treuils… pour soulever les pierres) ; 
  • les charpentiers de petite cognée spécialisés dans les ouvrages plus petits : coffres, bancs, portes, etc. 

Les charpentiers de petite cognée deviendront les menuisiers à partir du XVIIIè siècle.

Le charpentier = Der Zimmermann Wentzel, Jean Frédéric (1807-1869). - Source : Gallica [En ligne]
Étant donnée la période, je ne sais finalement que peu de choses sur mon ancêtres, qui se situe aux confins de mon arbre. Etait-il charpentier ou menuisier ? Ces questions vont m'amener à réaliser mon enquête, en essayent de retrouver les traces de Jean NEIS, notamment dans les archives notariales de Thionville.

A suivre donc !


mardi 13 novembre 2018

#ChallengeAZ 2018 - Lettre K écrite à Karl LANG, soldat mosellan

Au onzième jour du #ChallengeAZ 2018, je vous propose une lettre écrite au demi-frère de mon arrière-grand-mère, soldat mosellan, combattant pour l'Empire allemand durant la Première Guerre Mondiale.



***


Mardi 13 novembre 2018,


Cher Karl, Charles,

Vous êtes né en octobre 1892 dans la maison familiale, située au village de Schell à Volstroff... ou plutôt "Wolsdorf" devrais-je dire puisque la commune avait vu son nom germanisé suite à l'annexion par la Prusse en 1871.

Vous êtes le troisième enfant de Louis LANG et Catherine BAUR. Vos parents s'aimaient, d'un amour fou dit-on. Pourtant, le chagrin viendra bien vite envahir la maison. Moins de deux mois après votre naissance, votre père meurt, laissant votre maman, seule, triste et désespérée avec trois jeunes enfants.

Dans le village, la solidarité s'organise pour l'aider à gérer la maison et les terres. Très vite, on veut lui trouver un mari, un homme capable de faire vivre la famille... Elle épousera finalement Pierre NEISSE, âgé de vingt-huit ans. Comme elle le disait, ce mariage était un mariage de raison, sans amour. Deux filles naîtront tout de même : Marie et Céline (mon arrière-grand-mère).

Je ne sais si l'on peut croire au mauvais œil, mais je constate tristement que le destin n'épargnera pas votre mère. En 1900, son deuxième mari décède à son tour. Vous avez huit ans.

Et les années passent... Le deuil impossible laisse une maison triste.

En octobre 1913, à l'âge de 21 ans, vous êtes appelés pour réaliser votre service militaire. Vous incorporez alors le 2e régiment d'artillerie à pied Royal bavarois, à Metz.

Août 1914. C'est la mobilisation générale, en France, comme dans l'Empire allemand. Tous les jeunes hommes en cours de service et les réservistes sont appelés. Votre frère, Pierre, entre dans le Reserve-Infanterie-Regiment Nr. 30 (30ème Régiment d'Infanterie de Réserve). Quand à vous, vous êtes envoyés à la défense de la ville de Metz puis transféré vers Nancy. De nombreux villages sont détruits et la ville de Nancy est bombardée les 9 et 10 septembre. Malgré l’offensive, les troupes allemandes organisent leur retraite le 12 septembre 1914. C'est le retour à Metz. 

1915 : une année noire... foutu destin ! En mars, votre frère est très lourdement blessé. Il est transféré à l'hôpital de Bonn où il meurt. 

Comment consoler le chagrin d'une mère qui vient de perdre son premier enfant ?

1915 : une année noire... foutu destin ! Je n'ose écrire les lignes qui vont suivre... Charles... Dans cet effroyable jeu de massacre, vous êtes la cible.

Durant l'été 1915, votre Batterie part sur le front des Vosges... Cette fameuse ligne bleue des Vosges tant espérée par les français. Le 22 juin 1915, vous arrivez au Ban-de-Sapt. En face de vous, des poilus.

Les combats sont acharnés. Les fusils, les canons... La colline de la Fontennelle. Voilà l'objectif des français. De votre côté, on vous demande de résister : pilonner les lignes françaises, encore et toujours. Les jours passent. La forêt n'existe plus. Les maisons n'existent plus. 

Le soleil se lève en ce jour du 24 juillet 1915. Les français ont prévu d'attaquer. C'est l'assaut, "la bataille finale". 

Des coups de canon, des fusils,

Des cris, la douleur,

La mort.

Charles, vous partez pour l'éternité, rejoindre vos pères et votre frère. 

Votre mère apprendra plus tard la nouvelle. Comment consoler le chagrin d'une mère, anéantie, qui vient de perdre son deuxième enfant ?

Charles, puissiez-vous reposer en paix.


Sébastien.


PS : vous avez été enterré à la hâte dans un cimetière "allemand" à Launois.

Source : https://echandelysetlagrandeguerre.wordpress.com/2016/06/01/jean-marie-eustache-ponchon/

jeudi 8 mars 2018

#RMNA 2018 - Episode 4 : Catherine... la fin de la guerre ? A quoi bon !

Quatrième et dernier article de la première saison de #RMNA – Raconte-Moi Nos Ancêtres. Le principe est simple:  prendre une année comme point de départ d'une saga ou d'une série d'articles. Pour cette saison, notre point de départ à tous est l'année 1918. 

Dans les trois premiers épisodes, j'ai souhaité montrer, au travers des parcours de Pierre, Paul et Chrétien, que la fin de la guerre a eu des conséquences diverses en Moselle, redevenue française. Pour ce dernier épisode, 8 mars 2018, je vous propose le portrait d'une femme, Catherine BAUR, mon arrière-arrière-grand-mère.

La fin de la guerre ? A quoi bon !


11 novembre 1918, village de Schell

En cette journée de novembre 1918, il règne une agitation inhabituelle dans le petit village de Schell. Dans la rue, des hommes et des femmes sont attroupés. L'un d'entre-eux tient un journal à la main : le Lothringer Zeitung. En gros titre on peut y lire :

Die Waffenstillstandsbedingungen angenommen.
Les conditions d'armistice acceptées.

Einstellung des Feindseligheiten heute Mittag ! 
Suspension des hostilités aujourd'hui à midi !

Ubdankung des Kaisers. 
Abdication de l'Empereur. 
 
L'homme qui tient le journal à la main arrive de la ville de Metz. Il est venu pour faire part des nouvelles au reste de sa famille.
- Regardez ! La guerre est terminée, mais le journal ne dit pas tout ! On parle d'une arrivée des soldats français dans les prochains jours à Metz et dans toute l'Alsace-Lorraine ! Les troupes allemande refluent vers la Sarre.
- Mais que va t'il arriver à nos enfants, soldats allemands ?
Les questions et les discussions continuent de plus belle pendant qu'une femme, habillée de noir, sort de sa maison avec ses trois filles. Le visage est mêlé de tristesse et de gravité.
- Que vous arrive t'il ?
- Catherine, regardez, l'armistice a été signé, Guillaume II a abdiqué, la guerre est terminée !
- La guerre est terminée? Et vous croyez que ça va faire revenir mes deux garçons?

Le silence se fait dans l'assistance. Catherine a perdu ses deux fils au début de la guerre. Pourtant, malgré les années, la douleur est encore là, elle qui chérissait tant ses deux garçons. D'un signe de la main elle demande à l'une de ses filles de rentrer à la maison "Lisa, rentrons et laissons-les". Ses deux autres enfants sont restées à l’extérieur. La plus jeune d'entre-elles, Céline, prend alors la parole :
- N'en voulez pas à ma mère. La mort de mes frères l'a profondément touchée et elle ne s'en remet pas.
- Nous comprenons Céline. La douleur d'une mère s'estompe difficilement avec le temps.
Le groupe échange encore quelques mots avant que tout le monde retourne à ses occupations. En cette journée du 11 novembre 1918, les habitants de Schell ne savent pas encore quel va être leur destin..


Catherine BAUR, une femme meurtrie


Catherine BAUR est mon arrière-arrière-grand-mère du côté maternel (sosa 27). Née française à Schell en décembre 1863, elle devient allemande en 1870 lors de l'Annexion. A 24 ans, elle se marie avec Louis LANG dont elle était follement amoureuse. Le couple s'installe d'abord dans le village de Metzeresche situé à quelques kilomètres de Schell. A la fin de l'année, la naissance de leur premier fils, Pierre, vient sceller cet amour.  La famille est plutôt modeste et vit grâce aux revenus de Louis qui est journalier. Au début de l'année 1891, Catherine donne naissance à une fille, Elisabeth, que les parents surnommeront affectueusement Lisa.

Carte des environs de Luttange. Schell se trouve au nord-ouest et Metzeresche au nord-est (Source : BNU de Strasbourg)


En 1892, la famille retourne à Schell pour s'y installer, et en octobre, leur troisième enfant, Charles, voit le jour. Pourtant, la fin de l'année se termine tragiquement. Louis meurt le 17 décembre, la veille de son 31ème anniversaire. Pour Catherine, la mort de son mari est un véritable drame, elle qui en était tellement amoureuse. Elle ne s'en remettra jamais.

La maison "Neisse" à Schell en 2010 (Google Stree-View)
A tout juste 29 ans, Catherine est veuve avec trois enfants en bas-âge. Le remariage est pour elle une nécessité. Moins d'un an plus tard, elle épouse le jeune Pierre NEISSE, 26 ans, originaire de Volstroff, et valet de profession.

Un an après leur union, Catherine met au monde une petite fille, qu'ils prénomment Marie; puis en mai 1897, la famille s'agrandit encore avec l'arrivée de Céline. Pourtant, l'équilibre familial qu'avait retrouvé Catherine vole à nouveau en éclat à la fin du mois de septembre 1900. Pierre meurt et la laisse, veuve, avec cinq enfants..

Cette fois si, Catherine ne trouve plus le courage de se remarier. Son fils ainé, Pierre, alors âgé de 11 ans, l'aide particulièrement dans l'exploitation des deux-trois hectares de terres et de prairies qu'ils possèdent.

La vie s'écoule ensuite dans la maison de Schell. Les enfants grandissent. En octobre 1913, Charles est appelé pour le Wehrpflicht (le service militaire). 

A la mobilisation du 3 août 1914, Pierre et Charles sont appelés pour rejoindre les troupes. Pierre entre dans le Reserve-Infanterie-Regiment Nr. 30 (30ème Régiment d'Infanterie de Réserve) et Charles continue dans le régiment où il effectue son service, le 2e régiment d'artillerie à pied Royal bavarois. Mais l'année 1915 va de nouveau amener le chagrin dans le cœur de Catherine. Au mois de mars, Pierre meurt à l'hôpital de Bonn. Quatre mois plus tard, c'est au tour de Charles de perdre la vie dans les combats du Ban de Sapt, dans les Vosges.

Quel terrible douleur pour Catherine ! La perte effroyable de ses deux fils lui rappelle la mort de Louis, son cher Louis. Malheureusement, les cris et les pleurs d'une mère n'y peuvent rien. Seul le temps réussira à atténuer un peu le chagrin, sans le cicatriser complètement.


Catherine portera ainsi toute son affection pour sa fille Lisa, seule preuve vivante de son amour perdu avec Louis. Marie et Céline se sentirons alors délaissées par leur mère...

Les enfants de Catherine BAUR

Après la fin de la guerre, ses trois filles se marient : Lisa avec Jules FLAMMAND, de Manom, Marie, avec Joseph KREMER, de Florange et enfin Céline avec mon arrière-grand-père, Pierre HOURTE de Vinsberg, dont j'ai relaté l'histoire au premier #RMNA.

Catherine part finalement s'installer avec sa fille Lisa, à Manom, où elle meurt le 12 mai 1933, à l'âge de 69 ans.

Collection personnelle et familiale

La première saison du #RMNA se termine donc ici. Vous trouverez sur le site du #RDVAncestral l'ensemble des excellents textes de tous les participants, que je vous conseille de lire et de relire ! J'espère en tout cas que vous avez apprécié mes contributions !


Sources :

- Archives Départementales de la Moselle pour l'ensemble des actes de naissance, mariage et décès de la famille de Catherine BAUR,
- Archives Départementales de la Moselle - Base des militaires mosellans morts en 1870 et 1914-1918 http://www.archives57.com/index.php/recherches/memoire-1870-1918
-  Communications personnelles et familiales.