Village de Lüe, commune de Hayes
Nous sommes aujourd'hui le 10 Ventôse de l'an 4 de la république française, soit le 29 février 1796. Je sors d'un #RDVAncestral avec Catherine VALENTIN, et voilà que je me retrouve nez à nez avec Hubert... son petit-fils, né 24 ans plus tard. Je suis complètement déboussolé.
Que se passe t'il ? La machine à voyager dans le temps s'est-elle détraquée ? Quoi qu'il en soit, les mots d'Hubert se répètent inlassablement dans ma tête. "Je vous avais dit que l'on se reverrait un jour !". Effectivement, c'est bel et bien la promesse qu'il m'avait faite lors de notre rencontre à l'asile de Maréville. Je me perds dans mes pensées lorsque Hubert m'interpelle à nouveau :
"-Eh ! Sébastien ! Vous rêvez ?
- Excusez-moi Hubert, mais avouez que votre présence ici est quelque peu... anachronique !
- Et la vôtre mon cher ami ?"
Sur ce point il n'a pas tort. Nous quittons le seuil de la maison de Catherine et nous entamons une marche sur le chemin qui conduit vers le village de Hayes. C'est Hubert qui reprend la discussion.
"- Voyez-vous, je suis un peu comme vous, je suis un curieux de nature. Je souhaitais rencontrer ma grand-mère, Catherine car il y a beaucoup d'histoires et de rumeurs à son sujet...Au fur et à mesure de la discussion, je comprends qu'Hubert connait très peu de chose sur Catherine, et sans doute beaucoup moins que moi. Il me pose alors des questions sur les résultats de mes recherches, sur la vie de Catherine, ses mariages, son divorce, le contexte historique...
- Je comprends. Vous savez Hubert, son histoire me tient à cœur également. J'ai réalisé beaucoup de recherches sur sa vie et elle concentre la plupart de mes épines généalogiques.
- Épines généalogiques vous dites ?
- Oui, c'est à dire des blocages et des questions sans réponse."
"- Et dans toutes vos enquêtes Sébastien, avez-vous retrouvé l'identité du père de mon père* ?
- Tout ceci est une autre histoire. J'ai quelques indices, mais aucune certitude.
- Mon père n'a jamais voulu en parler. Ma mère me disait que c'était un secret de famille et qu'il n'était jamais bon de vouloir rechercher la vérité.
- Sans doute disait-elle vraie. Pourtant, un secret de famille doit-il être enfoui à jamais ? Je ne crois pas... d'autant plus lorsque ce secret ne peut plus donner tort à quiconque.
- Effectivement Sébastien...Mais n'avez-vous pas peur de faire ressortir des vérités qui peuvent déranger ? Avouez que mon cas est dérangeant, n'est-ce pas ?
- Vous savez Hubert, je le fais avec respect, compréhension, indulgence et surtout sans aucun jugement. Qui suis-je d'ailleurs pour juger ?"
Nous continuons à avancer en silence sur le chemin de terre dont la boue est figée par le froid. Déjà au loin, nous apercevons le clocher de l'église du village de Hayes.
Certes, cinq générations nous séparent, mais nous marchons tous deux... comme deux amis qui se connaissent de longue date. La surprise et l'étonnement ont cédés la place à la joie. Je suis heureux de ce moment et de cette déambulation avec Hubert, lui que l'on qualifie de fou ou d'aliéné. Je repense alors à notre premier #RDVAncestral : l'asile, l'infirmière, le médecin... Et si finalement Hubert racontait la vérité ? Est-il un voyageur du temps ? A t'il vraiment rencontré le Christ comme il le prétend ? Voilà que mon esprit s'embrouille à nouveau... Je devrais profiter de cet instant plutôt que de me poser des questions. C'est finalement le hennissement d'un cheval qui me fait sortir de mes pensées.
Une charrette vient dans notre direction. Je reconnais alors Bernard VALENTIN, le père de Catherine, qui revient du village de Hayes où il a déclaré la naissance de son petit-fils, à la maison commune.
"- Vous voilà encore ? Laissez-nous passer, nous devons nous hâter car l'enfant est de petite constitution."Toujours aussi peu aimable me dis-je... Pourtant, il a raison de se soucier de la santé du nouveau-né car celui-ci s'éteindra malheureusement deux semaines plus tard...
C'est la tombée de la nuit qui aura raison de notre déambulation. Je salue Hubert en le remerciant de ce moment passé en sa compagnie : "Nous nous reverrons Sébastien, n'ayez crainte !". Après une dernière accolade, nous retournons chacun dans notre époque d'origine, lui en 1869, moi en 2018...
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* Le père d'Hubert est Louis-Joseph WALENTIN, fils de Catherine. Il est né de père inconnu et malheureusement, je n'ai pas pour l'instant assez d'indice pour retrouver le père biologique (cf un précédent Article).
