vendredi 8 novembre 2019

#ChallengeAZ 2019 - Gamète, Galipette et Géniteurs

Initié par Sophie Boudarel de la Gazette des Ancêtres, le ChallengeAZ est devenu un rendez-vous annuel incontournable. Il propose aux généablogueurs de rédiger, chaque jour de novembre (sauf le dimanche), un article en suivant les lettres de l'alphabet. Pour ma quatrième participation, j'ai choisi de solliciter mes abonnés Twitter dans le cadre d'un défi estival devenu rapidement un concours de mots suivi par une cinquantaine de personnes. Merci à eux ! Au final, j'ai choisi pour chaque lettre trois mots qui devront me servir pour la rédaction des mes articles...
Aujourd'hui, ce sont les mots GAMÈTE, GALIPETTE et GENITEURS...


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Rennes, le 8 novembre 2019.

Je suis assis dans un bar du centre-ville en attendant un rendez-vous professionnel. Entre deux moments de prises de notes, j’aime observer les allers et venus dans le café. Qu’ils soient habitués des lieux ou visiteurs ponctuels, chacun prend part à ce spectacle qui s’offre à moi.

Alors que je regarde en direction de l’entrée, je remarque l’arrivée d’un client plutôt gauche et qui semble ne pas connaître les lieux. Drôlement habillé, il est emmitouflé dans un long manteau et son visage est caché par un bonnet et une longue écharpe.

Il observe ensuite toute la pièce et braque son regard vers moi. D’un pas maintenant sûre, il se dirige à ma table et s’assoit.
 « - Bonjour Sébastien ! »
Je reconnais tout de suite la voix de mon ancêtre, Hubert WALENTIN, et je suis désormais soulagé. Mon aïeul enlève son écharpe et son bonnet et reprend la parole.

" - Alors Sébastien, je vois que vous ne vous débrouillez pas si mal dans votre ChallengeAZ !
- Oui c’est vrai Hubert, j’ai trouvé l’inspiration pour chacun de mes articles. Par contre, et par manque de temps, je n’ai encore rien rédigé pour la lettre G.
- Je vois… d’où ma présence ici !
- Je vous remercie Hubert, mais je crains que la tâche soit plutôt ardues pour les trois mots de ce jour.
- Peut-être Sébastien. Bon. Passons à autre chose et profitons de notre rencontre pour discuter un peu."
Bien que particulière, la présence d’Hubert en ce lieu est plutôt rassurante.

"- Sébastien, vous qui avez étudié l’histoire de votre famille j’ai une question à vous poser. 
- Ah bon ? Je vous écoute. 
- Et bien, je suis étonné de voir que dans ma descendance, et sur plusieurs générations, il y a des naissances de jumeaux. C’est étrange non ? 
- Pas tellement. Il y a sans doute des facteurs génétiques, héréditaires."

Je vois alors Hubert écarquiller ses yeux. Visiblement, il n’a pas compris la phrase que je viens d’exprimer.

"- Génétique ? Que veut dire ce mot ? 
- En fait, nous sommes composés de dizaines de milliards de petites briques que l’on nomme des cellules. Dans chaque cellule, il y a un noyau dans lequel on retrouve des milliards d’informations : la couleur de nos cheveux, la forme de notre visage… 
- C’est extraordinaire ! Mais elles viennent d’où ces informations ? 
- Elles viennent du père et de la mère. Ce sont les GENITEURS. Un enfant naît de ce que l’on appelle la fécondation. C’est la rencontre de ce que l’on nomme les GAMÈTES. Donc le bébé a les informations du père et les informations de la mère. 
- Je ne suis pas certain de tout saisir, mais ça semble cohérent. 
- Donc, pour faire simple, il se peut que l’un des parents apporte une information de « faire des jumeaux », ou pour être précis cela vient plutôt de la mère.
- Ah !!! "

Hubert n’a pas l’air de comprendre le moindre mot. J’essaye de simplifier mais ce n’est pas évident… Je l'invite alors à lire l'article d'Emilie et Ophélie et qui parle justement de jumeaux. Après quelques minutes, je reprends:
"- D’ailleurs, savez-vous qu’en 2019, on peut retrouver des cousins grâce à la génétique ? Pour ma part, je ne me risque pas car on ne sait pas où vont les informations qui sont récoltées. J’estime que ces informations ne sont pas les miennes et appartiennent autant aux membres de ma familles qu’à mes enfants et descendants. 
- Bon, c’est très bien ce que vous me racontez Sébastien, mais j’ai une grande soif."

Je pense qu’Hubert ne comprend rien à ce que je raconte et sa soif n’est qu’un prétexte pour clore cette conversation. Je lui donne alors la carte des boissons et il choisit finalement une bouteille de cidre : une bouteille de GALIPETTE !

jeudi 7 novembre 2019

#ChallengeAZ 2019 - Feu Follet, Fantastique, Fantôme

Initié par Sophie Boudarel de la Gazette des Ancêtres, le ChallengeAZ est devenu un rendez-vous annuel incontournable. Il propose aux généablogueurs de rédiger, chaque jour de novembre (sauf le dimanche), un article en suivant les lettres de l'alphabet. Pour ma quatrième participation, j'ai choisi de solliciter mes abonnés Twitter dans le cadre d'un défi estival devenu rapidement un concours de mots suivi par une cinquantaine de personnes. Merci à eux ! Au final, j'ai choisi pour chaque lettre trois mots qui devront me servir pour la rédaction des mes articles...


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La lettre F me réserve une thématique quelque peu fantastique. Pour changer de registre, et relever le défi, je vous propose aujourd'hui quelques vers (à consommer avec modération :) !)




A l'époque où tout n'était que croyance

A l'époque où tout n'était que croyances
Dans le lointain passé de nos ancêtres
Nul ne se risquait à quelque imprudence
Qui aurait pu croiser de mauvais êtres

A l'heure où l'on voit la chouette voler
Au cœur du cimetière de l'église
Vacillent les lueurs des FEUX FOLLETS
Pauvres âmes à la peine promise

Et quand, à la vue d'êtres FANTASTIQUES
Ou lors des plus étranges évènements
Tous redoutaient une fin dramatique
En s'enfuyant quelques fois vainement

Dans les villes, villages et autres lieux
Qu'ils soient spectres, FANTÔMES ou esprits
Ils ont croisé certains de nos aïeux
Nul doute par ces rencontres surpris

A l'époque où tout n'était que croyances
Dans le lointain passé de nos ancêtres
Nul ne se risquait à quelque imprudence
Qui aurait pu croiser de mauvais êtres

mercredi 6 novembre 2019

#ChallengeAZ 2019 - Eléphant, Eurêka, Elaguer, Enigme

Initié par Sophie Boudarel de la Gazette des Ancêtres, le ChallengeAZ est devenu un rendez-vous annuel incontournable. Il propose aux généablogueurs de rédiger, chaque jour de novembre (sauf le dimanche), un article en suivant les lettres de l'alphabet. Pour ma quatrième participation, j'ai choisi de solliciter mes abonnés Twitter dans le cadre d'un défi estival devenu rapidement un concours de mots suivi par une cinquantaine de personnes. Merci à eux ! Au final, j'ai choisi pour chaque lettre trois mots qui devront me servir pour la rédaction des mes articles...


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Cinquième jour du ChallengeAZ 2019 ; la lettre E m’attend aujourd’hui avec son lot de mots. Et ô surprise, ce ne sont pas trois mots que j’ai choisis mais quatre. Mais où avais-je la tête ?

Ma tête justement. J’essaie de me concentrer pour en faire ressortir quelque idée qui me permette de relever ce défi du jour. ELEPHANT…

On peut partir d’un éléphant dans un magasin de porcelaine. Un peu comme un notaire et son greffier qui réaliseraient un inventaire après décès dans une maison cossue emplie de babioles et autres objets décoratifs ? Mouais… bof comme idée.

Mes pensées me font ensuite voyager. Eléphant d’Asie ou d’Afrique ? A priori, je n’ai aucun ancêtre voyageur. Bon. Hypothèse abandonnée.

Et puis je pense à ce film réalisé par Yves Robert en 1976 dans lequel on retrouve notamment Jean Rochefort et Claude Brasseur. Vous rappelez-vous du titre ? Un ELEPHANT ça trompe énormément. OK. Elle est facile, mais j’essaie de tirer le bout de fil qui dépasse de la pelote pour voir ce qui peut se cacher derrière.

Un éléphant ça trompe oui. Un peu comme le généalogiste qui part sur des pistes ou hypothèses erronées. Oui. Le généalogiste peut se tromper. Avouons-le.



Combien de fois sommes-nous partis sur des pistes ou des chemins scabreux pour essayer de combiner quelques maigres indices ? Oui, quelques fois, nos recherches nous amènent à de véritables ENIGMES, dignes de celles du père Fouras (oui, désolé pour cette référence culturelle de haut-niveau !).



Des homonymes, des ancêtres voyageurs ou encore des mères célibataires… autant d’éléments qui compliquent la tâche et qui demandent à développer différentes hypothèses. Par exemple, je suis actuellement en cours de recherche de l’ascendance d’une de mes ancêtres qui me pose un problème, une véritable ENIGME.

Thérèse BERNARD, c’est ma sosa 255, une aïeule de ma lignée cognatique, mais c’est également une impasse. Thérèse BERNARD a été mariée à Nicolas ARNOULT et a vécu à Metz au début du 19ème siècle. D’après l’acte de mariage de sa fille, elle serait décédée à Metz en mai 1817. Pourtant, bien qu’il existe bien un acte de décès à son nom, il est signalé que Thérèse BERNARD est veuve d’un certain Nicolas MATHIEU. J’ai beau avoir cherché, je n’ai retrouvé aucun mariage avec les deux maris, que ce soit à Metz ou bien à Moyeuvre-Grande (sa commune d’origine). Je me suis alors employé à chercher tous les Nicolas ARNOULD et les Thérèse BERNARD…. Et j’en ai trouvé.

Plusieurs branches possibles… Il me faut ELAGUER. Muni de ma tronçonneuse, je découpe les branches les plus absurdes, les moins probables…

Pour l’heure, je n’ai aucune certitude. Il me faut aller aux Archives Départementales de la Moselle pour retrouver des actes notariés ou de la Justice de Paix qui me permettraient, je l’espère de crier dans la salle de lecture silencieuse :  

EURÊKA !!!!

mardi 5 novembre 2019

#ChallengeAZ 2019 - Dodécaphonique, Dyslexie, Doute

Initié par Sophie Boudarel de la Gazette des Ancêtres, le ChallengeAZ est devenu un rendez-vous annuel incontournable. Il propose aux généablogueurs de rédiger, chaque jour de novembre (sauf le dimanche), un article en suivant les lettres de l'alphabet. Pour ma quatrième participation, j'ai choisi de solliciter mes abonnés Twitter dans le cadre d'un défi estival devenu rapidement un concours de mots suivi par une cinquantaine de personnes. Merci à eux ! Au final, j'ai choisi pour chaque lettre trois mots qui devront me servir pour la rédaction des mes articles...


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Après ma rencontre avec Hubert et moi-même, je me demande bien ce qu'il adviendra aujourd'hui pour la quatrième lettre de l'alphabet. Avec des mots comme DODECAPHONIQUE, DYSLEXIE et DOUTE, je me dis que tout peut arriver...

Avant de m'aventurer dans une quelconque idée, je m'empresse de regarder dans un premier temps la définition du terme DODECAPHONIQUE proposé par @D_ORS_et_D_ARTS. Le Larousse de la musique nous le présente ainsi :

Nom donné aux musiques atonales utilisant les 12 degrés chromatiques, et, plus particulièrement, à toute musique composée selon le système dodécaphonique sériel mis au point par Arnold Schönberg entre 1908 et 1923.

Bon. Me voilà bien avancé. Étant donné que mes recherches concernent la généalogie et l'histoire, je décide de consulter Gallica qui me propose, entre-autre, une explication plus pratique de la musique DODECAPHONIQUE dans un extrait de la revue "La Pensée : revue du rationalisme moderne".

Extrait de "La Pensée : revue du rationalisme moderne", mars 1948 ark:/12148/bpt6k58159174

Intéressant, me dis-je, mais ça ne m'avance pas dans mon article qui est sensé parler de généalogie... J'espère secrètement qu'Hubert vienne à mon secours, mais vraisemblablement, il ne semble pas sensible à la musique moderne... D'ailleurs, étant musicien moi-même, j'ai beaucoup de mal avec la musique contemporaine. Ce terme DODECAPHONIQUE ne me dit vraiment rien. Pour moi, et ce n'est que mon avis personnel, cette musique n'a rien de musicale.

 

A y réfléchir, si vous me mettiez devant une partition de musique DODECAPHONIQUE, je n'y comprendrait vraiment, mais vraiment rien. Une sorte de charabia. C'est un peu comme lorsque, débutant généalogiste, on se retrouve devant un vieil acte de baptême ou de notaire du 16 ou 17ème siècle...

Je me souviens de maux de têtes atroces à force d'essayer de décrypter les registres paroissiaux écrits avec des lettres que je ne reconnaissais pas et, pire encore, dans une latin qui m'obligeait à me remémorer mes vieux cours de collège et de lycée. Ajoutez à cela un curé ou un greffier souffrant d'une légère DYSLEXIE...

Paléographie : source Généanet : https://www.geneanet.org/blog/post/2017/05/une-ecriture-personnelle
Combien d'heures ai-je pu perdre à déchiffrer des actes, des documents, des textes... le pire étant sûrement les documents écrits en écriture cursive allemande, appelée également écriture "spitz" en Moselle. Chaque mot est décomposé, les lettres comparées aux autres... On confronte ses hypothèses avec les mots du dictionnaire, on essaie, on DOUTE, on se trompe... Bref, on passe du temps, mais lorsque l'on arrive enfin à traduire et transcrire le texte, une grande fierté nous envahit !

Bon. Avouez quand même que certains textes ressemblent à des partitions de musiques DODECAPHONIQUES non ?

Finalement, je vais en rester là avec mon article. Je n'ai pas réussi à trouver une histoire qui intègre tous les mots, mais au moins tout est casé !

A demain pour la lettre E !

lundi 4 novembre 2019

#ChallengeAZ - Chipoter, Cochon et Coq

Initié par Sophie Boudarel de la Gazette des Ancêtres, le ChallengeAZ est devenu un rendez-vous annuel incontournable. Il propose aux généablogueurs de rédiger, chaque jour de novembre (sauf le dimanche), un article en suivant les lettres de l'alphabet. Pour ma quatrième participation, j'ai choisi de solliciter mes abonnés Twitter dans le cadre d'un défi estival devenu rapidement un concours de mots suivi par une cinquantaine de personnes. Merci à eux ! Au final, j'ai choisi pour chaque lettre trois mots qui devront me servir pour la rédaction des mes articles...

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Troisième jour du ChallengeAZ. Nous sommes dimanche et je n'ai pas encore rédigé mon billet pour le lendemain. Je réfléchis mais rien ne vient. Il faut dire que je n'ai pas noté toutes les idées que j'avais eues au mois d'août lors du concours de mot, et je m'en mords les doigts aujourd'hui. Mais que vais-je inventer avec CHIPOTER, COCHON et COQ ?
"- Je crois que vous allez encore avoir besoin de moi Sébastien !"
Je reconnais tout de suite cette voix, et je pense que vous avez sans doute deviné, fidèle lecteur, de qui il s'agit...
"- Heureux de vous voir ici Hubert, mais que venez-vous faire encore une fois dans ce #ChallengeAZ ? Je ne crois pas que cet article vous concerne !
- Non bien évidemment Sébastien, mais vu votre accueil et le soutien que vous m'avez apporté, je ne peux vous laisser sans article pour demain. Pensez à celles et ceux qui ont suivi votre défi de cet été ! Pensez à Delphine, Noémie et Raymond qui vous ont proposé ces trois mots. Nous n'allons pas les décevoir, je vous prie de me croire !"

A l'entendre, j'ai bien l'impression que mon cher aïeul s'est complètement approprié le #ChallengeAZ. A mon avis, je risque de le voir souvent pendant tout ce mois de novembre et ce n'est pas pour me déplaire. Je suis cependant sceptique et je l'interroge :
"- J'espère que votre idée n'est pas un peu trop folle... "
A mes mots, Hubert se fige. Mince, je l'ai vexé... Pourquoi ai-je parlé d'une idée folle alors que mon aïeul est pris pour un fou... Oups... Et puis finalement un grand éclat de rire se fait entendre.
"- Vous croyez m'avoir froissé ! Ah ! ah ! Mais bien sûre que non Sébastien ! Ah vous auriez vu votre tête !  Bon. Quoi qu'il en soit, j'ai une très bonne idée pour placer vos trois mots !
- Et quelle est votre idée ?
- On ne va pas CHIPOTER avec un COCHON ou un COQ ! Voilà, c'est fait!
- C'est tout ?
- Bon. Vous ne comprenez pas. Permettez que je vous vous fasse rencontrer.
- C'est-à-dire ?
- Vous rencontrer vous même, mais avec le Sébastien d'il y a six ans.
- C'est étrange, mais j'accepte votre proposition. Je vous fais confiance Hubert."

A peine ai-je prononcé ces mots que je me retrouve dans mon propre bureau, debout derrière l'autre moi assis devant l'ordinateur, en pleines recherches généalogiques. Vous concevrez que cette situation est particulièrement étrange, mais bon, je fais confiance à Hubert. Vraisemblablement, j'avais l'air concentré et je semblais bloqué sur une enquête en cours.
"- Bonjour Sébastien, c'est Sébastien.
- Hein, quoi ? Comment ? 
- Pas d'inquiétude, j'ai l'impression que tu es bloqué sur des recherches en cours, n'est-ce pas ?
- Non... euh... enfin oui... 
- C'est peut-être difficile à entendre, mais je viens de l'année 2019 et c'est notre ancêtre, Hubert WALENTIN, qui m'envoie ici.
- Hubert WALENTIN ? Je vois. C'est cet ancêtre qui me donne le plus de fil à retordre car je n'arrive pas à retrouver la trace de son décès. On dirait qu'il a disparu dans la nature."
Je me rends compte que je suis arrivé à un moment où je n'avais pas encore découvert l'acte et les circonstances de son décès. Je me garde bien de le lui dire et je continue la conversation avec mon double.
"- Sur quelle branche travailles-tu ?
- Eh bien j'essaye de démêler le vrai du faux. J'ai découvert que de nombreuses familles des villages de Schell et Vinsberg apparaissent comme par magie en 1687. Il y a les DEFLORENNE, les DANY, les LEPORC... Et puis, je viens de trouver qu'il y a dans la paroisse de Momignies (en Belgique) et de Wallers-Trélon (dans le Nord) les mêmes patronymes. J'ai ainsi prouvé que de nombreuses familles ont migré vers la Lorraine. Par contre, je suis devant un problème. Je ne retrouve pas la trace du couple Jacques DEFLORENNE / Marie LECOQ ou COQ. Il semblerait que cette Marie LECOQ a pour mère une certaine Marie BECHELARD...
- Je vois... Regarde dans les baptêmes des registres de la paroisse de Momignies sur l'Etat-Civil de Belgique en ligne."
Nous ouvrons les tables de baptêmes et nous tombons sur une certaine Marie LECOHIER, née en 1661. Le père s'appelle Jean LECOHIER et la mère Marie BACHELART.

"- Mais ce n'est pas le même patronyme, me répondit mon autre moi.
- Franchement Sébastien, arrête de CHIPOTER ! LECOQ, COQ, COHIER, LECOHIER... c'est la même chose ! Nous sommes avec la même racine, la même signification ! Pense que l'orthographe des patronymes ne s'est figée que de manière très récente !
- Mais oui, tu as raison ! En fait c'est comme les LEPORC. Le patronyme est quelque fois orthographié PORQUE, PORT ou encore, je l'ai vu une fois, remplacé par COCHON !
- Mais oui ! J'espère que ce conseil t'aidera pour la suite !
- Merci de m'avoir aidé. Je vais maintenant rédiger un article* sur mes découvertes !"
En un éclair, je me retrouve à nouveau en 2019 en compagnie d'Hubert qui, en se grattant le menton, m'interpelle en souriant, avec un simple "Et alors ?"
"- Défi accompli, les trois mots ont été utilisés ! Je vous remercie Hubert.
- C'est un plaisir. En tout cas, vu votre préparation de ce #ChallengeAZ, je pense que l'on va se revoir souvent !"
Finalement, je crois qu'Hubert a raison. Mais peu importe, ces rencontres sont toujours un plaisir !

* NB : Si vous souhaitez en savoir plus sur ces recherches concernant Jacques DEFLORENNE et Marie LECOQ, je vous invite à lire l'article rédigé en mai 2013.

samedi 2 novembre 2019

#ChallengeAZ 2019 - Banqueroute, Brouette, Bringuebaler

Deuxième jour du #ChallengeAZ. Cette année, j'ai choisi de faire participer les généalogistes présents sur twitter pour un petit concours de mots. Chaque jour, je dois écrire un article sur la base de trois termes choisis. Place aujourd'hui à la lettre B avec  BANQUEROUTE, BROUETTE et BRINGUEBALER !





Pour ce deuxième jour du Challenge, je m'attends à recevoir la visite d'un ancêtre qui pourrait m'inspirer comme l'a fait Hubert hier. Assis devant mon ordinateur, j'attends la visite espérée, quoique improbable, d'un aïeul. Une minute, deux minutes... j'attends...  rien, nada, que tchi...

Voyons Sébastien. Faisons preuve d'un peu de réflexion !

Et puis, enfin, le déclic ! Voici un trio de mots hétéroclite, mais qui m'inspire finalement rapidement.



L'histoire que je vais vous raconter ici est un résumé des recherches que j'ai effectuées concernant un collatéral, Jean HOURTE (1858, 1939).

Quatrième enfant de Pierre HOURTE et Catherine CONNERATH (mes sosas 48 et 49), Jean est pour ainsi dire le petit dernier qui a particulièrement bien réussi sa vie. En effet, il était issu d'une famille de laboureurs plutôt modeste et était parvenu, sans doute avec beaucoup de travail et de persévérance, à devenir banquier puis à créer son propre établissement à Thionville au début du XXème siècle.

De Jean HOURTE, la mémoire familiale ne se souvenait que de peu de choses. Ma mère et ma grande tante disait qu'il avait perdu tout son argent et qu'il avait fait BANQUEROUTE pendant la crise de de 1936. A priori, il n'avait eu aucun enfant. Ma grande tante me disait que sa mère et son père ne l'aimaient pas beaucoup et le trouvaient insensibles. Elle me raconte encore aujourd'hui cette anecdote, qui me fait sourire à chaque fois que je m'imagine la scène. Au début des années 30, mon arrière-grand-père, Pierre HOURTE, avait décidé de réaliser des travaux dans la maison de Vinsberg pour y aménager de nouvelles chambres et vivre de façon plus "moderne". Ces travaux coûtaient chers et la famille avait du établir un crédit auprès de la banque HOURTE, Jean HOURTE étant l'oncle paternel de mon aïeul. A plusieurs reprises, la famille avait eu des difficultés pour payer les échéances. Pourtant, oncle ou pas, Jean HOURTE était intransigeant sur les remboursements, mais acceptait néanmoins les paiements en nature. C'est alors que la femme de mon arrière-grand-père, partait avec sa BROUETTE, remplie de poulets, œufs et autres denrées alimentaires, jusqu'à Thionville pour honorer ses engagements. Je l'imagine alors rentrer dans l'établissement, avec sa BROUETTE qui devait BRINGUEBALER à droite et à gauche... Quel devait être la tête des autres clients de la banque ?

Donc quelques informations sporadiques, une anecdote... voilà le niveau de mes connaissances sur Jean HOURTE en 2010 lorsque j'ai débuté mes recherches le concernant.


En 2014, un cousin éloigné, Romain WAGNER, me transmets l'avis mortuaire de Jean HOURTE, qu'il venait de retrouver.

Avis mortuaire de Jean HOURTE (photo : Romain WAGNER)

Comme vous le voyez, il ne semble pas si seul que cela, et il semble qu'il avait eu des enfants. Cet avis nous apprends également qu'il était décédé à Toul des suites d'un accident de voiture (ce qui ne semble pas accréditer la thèse d'une faillite totale, le coût d'acquisition d'un véhicule étant encore très important et réservé qu'à une certaine partie de la population).

Cette découverte a été le point de départ de mes recherches. Très facilement (peut-être trop facilement), j'ai pu reconstitué sa famille grâce à l'Etat-Civil consulté aux Archives Départementales de la Moselle. Jean HOURTE s'était marié avec Elisabeth PALS en 1893 et avait eu, au moins, 3 filles :
  • Marie Élisabeth Yvonne
  • Marie Gabrielle
  • Madeleine
En quelques semaines, j'avais mis à mal deux légendes familiales. Non il n'avait pas perdu tout son argent dans une banqueroute, et non il n'était pas resté sans enfant.

Petit à petit, cet obscur collatéral dont je n'avais pas forcément une bonne image, me paraissait de plus en plus sympathique à force de recherches et de trouvailles. Ainsi, dans différents articles de journaux accessibles désormais dans Limédia Kiosque, il apparaît très régulièrement dans les annonces légales mais également dans différents articles où il fait mention du "fort sympathique banquier".

Homme cultivé, il était membre de différents clubs et sociétés savantes :  la Société d'Histoire et d'Archéologie de Lorraine (SHAL), le Touring-club de France...


En généalogie on ne sait jamais trop sur quoi on va tomber et il s'avère que des légendes familiales peuvent être soient finalement prouvées, soit balayées comme un château de carte.

De manière assez improbable, et grâce à Jean HOURTE, j'ai pu également résoudre, pour partie, une autre énigme posée par ma grande-tante. Elle m'avait en effet dit plusieurs fois que mon grand-père, jusqu'à son décès en 1981, correspondait avec de la famille éloignée en Belgique. Malheureusement, elle ne connait ni leur nom, ni leur lieu de résidence. Finalement, c'est lorsque j'ai retrouvé l'acte de mariage de la première fille de Jean HOURTE que tout s'est éclairé. Yvonne HOURTE s'était mariée en 1923 avec Léon MARTHA, industriel, fils d'Ernest MARTHA, important fabricant de tabac et de cigares à Arlon (Belgique). Je tenais enfin l'origine de la famille installée en Belgique.


Mes dernières recherches se focalisent désormais en Belgique, où ont vécu Yvonne HOURTE, son mari Léon MARTHA et leur deux filles, Suzanne et Mady. Cet été 2019, j'ai décidé d'interroger par mail le service en charge des cimetières de la ville d'Arlon, qui m'a très gentillement répondu en me donnant les noms et dates de décès des personnes inhumées à Arlon. J'ai pu retrouver la trace des sépultures de certains membres de la famille :

  • MARTHA Léon Sigisbert époux de HOURTE Marie Elisabeth, décédé le 9 mars 1963, 
  • HOURTE Marie Élisabeth Yvonne veuve MARTHA Léon, décédée le 21 décembre 1971. 
  • MARTHA Madeleine épouse KOCH Jules, décédée le 5 juin 1980. 
  • KOCH Jules veuf MARTHA Madeleine, décédé le 4 septembre 1993.

J'ai encore tellement de choses à vous raconter sur Jean HOURTE et sa famille que je pense rédiger d'autres articles par la suite. D'ailleurs, pour mes lecteurs réguliers, vous avez déjà fait la connaissance de son gendre, Paul Julien JOHANNES, marié avec Marie Gabrielle, qui a été avec son fils résistant pendant la seconde guerre mondiale puis tous les deux déportés. Seul Paul en est revenu vivant.

vendredi 1 novembre 2019

#ChallengeAZ 2019 - Atchoum, Abracadabrantesque et Anachorèse

Pour ma quatrième participation au ChallengeAZ, je n’avais pas d’idée très précise sur le sujet que j’allais choisir. N’étant pas très inspiré, j’ai donc choisi de solliciter la twittosphère généalogique dans le cadre d’un challenge dans le #ChallengeAZ. Ainsi, durant tout le mois d’août, vous avez été nombreux à me proposer différents mots. Tout cela est devenu un petit concours fort sympathique et je remercie encore les très nombreux participants !

Me voilà maintenant avec, pour chaque lettre de l’alphabet, trois mots que je dois utiliser pour rédiger mes articles du #ChallengeAZ. C’est donc parti aujourd’hui avec les mots : ATCHOUM, ANACHORESE et ABRACADABRANTESQUE !


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Je suis assis devant mon écran d’ordinateur et je me demande encore dans quel pétrin je me suis mis. Encore bravo Sébastien pour ton idée de défi… te voilà maintenant bien avancé pour le #ChallengeAZ !

La tête entre mes mains, j’attends que l’inspiration me vienne. L’horloge murale égraine les secondes dans le silence de la maison. Tic, tac, tic, tac…

Puis, je crois entendre au loin comme un éternuement. Une fois, deux fois. Ils deviennent de plus en plus forts. Puis soudain, un énorme « ATCHOUM » me fait sursauter
"- Oh désolé Sébastien, je ne voulais pas vous apeurer !
- Comment ! Hubert ! Vous ici ! Mais vous n’y êtes pas. Vous vous trompez de défi ! Nous sommes en novembre 2019 et je dois écrire un article du #ChallengeAZ ! Ce n’est pas le moment du #RDVAncestral !"
J’avais de quoi être surpris. J’avais plusieurs fois rencontré Hubert WALENTIN dans le cadre du #RDVAncestral, ce défi qui permet de partir à la rencontre de ses ancêtres. Hubert est mon sosa 240 et a terminé sa vie à l’asile de Maréville, à Laxou (54).
"- Oh cher Sébastien, je vous pensais plus ouvert que cela ! Les ancêtres ont tout de même le droit de participer au #ChallengeAZ ! D’ailleurs, vous m’aviez écrit un courrier l’année passée. Vous ne vous en souvenez pas ?
- Ah oui Hubert, vous avez bien raison."
Voici une drôle de situation qui me rappelle étrangement les rencontres de Marielle dans le cadre du #ChallengeAZ de l’année passée. Quelle est donc le motif de la venue d’Hubert aujourd’hui ? …
"-    ATCHOUM !
-    Eh bien Hubert, avez-vous attrapé froid ?
-    Ce sont les voyages temporels peut-être ! Plus sûrement, c’est mon séjour dans cet asile d'aliéné de Maréville qui me fatigue.
-    Maintenant que vous êtes là, j’ai une question délicate à vous poser... Les médecins vous disent aliénés…
-    Mais non ! c’est ABRACADABRANTESQUE ! Moi aliéné ? Mais non ! Vous savez, je ne dis que ce que j’ai vu ! J’ai dit avoir marché quelques lieues avec le Christ. On me demande de le prouver. Mais eux, ces médecins, comment peuvent-ils prouver que mes paroles sont fausses ? Et vous, me croyez-vous ?"

Je reste coi devant l’assurance des propos d’Hubert. Je me souviens de notre première rencontre où j’avais pris sa défense face à un médecin qui ne semblait guère se soucier de ses patients.
"-    Vous avez raison Hubert, nul ne peut vérifier la véracité de vos propos. Personnellement, la découverte de votre placement à l’asile de Maréville m’a très attristé. Comment ne pas être touché pas votre destin ?
-    Merci Sébastien. Vous l’imaginez, la séparation de ma femme et de mes enfants a été une déchirure. Peut-être que mes paroles ne sont pas vraies et peuvent faire peur. Mais vous savez, devoir quitter les personnes que vous aimez, c’est un peu comme se retirer du monde. J’ai vécu cela comme une ANACHORESE… ou plutôt comme un exile forcé."
La sincérité des propos d’Hubert me touche. Nous nous sommes rencontrés plusieurs fois mais cet échange est sans doute le plus touchant. Plusieurs secondes s’écoulent avant que mon aïeul ne reprenne la parole.
"-    Bon, je dois maintenant vous quitter Sébastien, car votre contrat est rempli pour ce premier jour du #ChallengeAZ !
-    Comment ?
-    ATCHOUM, ABRACADABRANTESQUE et ANACHORESE sont bien les mots proposés par Agnès, Renaud et Evelyne ?
-    Euh… oui !"
J'en avais oublié le challenge. Hubert m’a littéralement scotché. Voilà que mes ancêtres s’immiscent dans mes défis généalogiques ! Enfin bon, Hubert m’a été d’un très grand secours, et me voilà avec le script de mon premier article du #ChallengeAZ.
"-    Sébastien, je dois maintenant vous laisser. J’espère en tout cas que nous nous reverrons bientôt, quel que soit le challenge !
-    Je l’espère Hubert."
Le temps de saluer mon aïeul, je me retrouve à nouveau seul dans la pièce, et l’horloge égraine à nouveau les secondes dans le silence de la maison…